Le recours à l’article 49.3 par le Premier ministre pour faire adopter la partie recettes du Projet de loi de finances (PLF) 2026 continue de susciter des réactions politiques. Parmi elles, celle de la députée de la Côte-d’Or, Océane Godard, membre de la commission des affaires sociales, qui dénonce un climat d’« intransigeance » politique tout en mettant en avant les avancées obtenues par les socialistes à l’issue de plusieurs mois de négociations.
Selon la parlementaire, la situation politique issue de la dissolution de juillet 2024 — marquée par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale — impose un changement profond des pratiques parlementaires. « Négocier devient une nécessité démocratique », estime-t-elle, soulignant que les socialistes ont choisi la voie du compromis afin d’éviter des coupes budgétaires jugées injustes pour les ménages.
La députée affirme que les discussions ont permis d’épargner près de neuf milliards d’euros d’économies qui auraient touché à la fois le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale. Parmi les principales mesures obtenues figure la fin de “l’année blanche”, ce qui permettra la revalorisation en 2026 des pensions de retraite, du RSA, des bourses étudiantes, des APL, des allocations familiales, des minima sociaux, de la prime d’activité ainsi que du barème de l’impôt sur le revenu.
Autre mesure mise en avant : trois millions de travailleurs modestes, percevant entre 1 et 1,4 SMIC brut mensuel, devraient bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat estimé à 50 euros nets par mois, soit environ 600 euros par an. Des moyens supplémentaires sont également annoncés pour le logement social, la rénovation énergétique via MaPrimeRénov’, ainsi que le Fonds vert.
La situation étudiante a aussi été abordée lors des négociations budgétaires. Le retour du repas à 1 euro dans les restaurants universitaires est présenté comme une réponse à la précarité croissante d’une partie de la jeunesse, contrainte, selon la députée, de recourir aux banques alimentaires.
Sur le volet emploi et insertion, Océane Godard affirme avoir pesé pour éviter des coupes dans les budgets des missions locales, de France Travail, de l’insertion par l’activité économique et des entreprises adaptées. Elle se félicite également de la réintégration du bilan de compétences dans le Compte personnel de formation (CPF) et de la poursuite de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée, initiée dans sa circonscription par son prédécesseur Laurent Grandguillaume.
Si la députée reconnaît que ce budget « n’est pas celui des socialistes », elle insiste sur la nécessité pour la France de se doter d’un cadre budgétaire stable, tout en répondant aux enjeux de dette publique. Dans cette optique, les socialistes ont tenu à maintenir une surtaxe de huit milliards d’euros sur les 400 plus grandes entreprises françaises, afin de préserver les plus petites structures économiques.
En conclusion, Océane Godard défend une approche fondée sur la responsabilité politique dans un contexte qu’elle juge « inédit d’instabilité nationale et d’insécurité internationale ». Pour elle, la séquence budgétaire actuelle démontre que, malgré les tensions, la démocratie parlementaire reste un levier utile pour infléchir les choix gouvernementaux.
