Le syndicat Solidaires 21 a écrit, mardi 20 janvier au matin, aux trois députés du Nouveau Front Populaire de Côte-d’Or — Océane Godard, Pierre Pribetich et Catherine Hervieu — pour leur demander de s’opposer au budget de l’État 2026 et de voter la censure après le recours annoncé au 49-3.
À l’heure de la diffusion de ce courrier, Solidaires 21 indique n’avoir reçu « aucune réponse ». Le syndicat estime que « le budget n’est toujours pas connu dans ses plus fins détails. Là où réside le diable ».
Dans son courrier, Solidaires 21 affirme se trouver « à un tournant avec le budget le plus sévère depuis des décennies, le plus restrictif, avec évidemment aucune justice fiscale, ni la moindre avancée pour l’écologie ».
Le syndicat rappelle également n’avoir soutenu « aucun.e candidat.e aux législatives de 2024 », estimant être « libres de nos actions, contrairement à d’autres syndicats ».
« Le budget de l’État va continuer de détruire les services publics »
Dans la lettre adressée aux députés, Solidaires 21 écrit : « Dans la continuité du PLFSS, ce budget de l’Etat va continuer de détruire les services publics au service de toutes et de tous ; mais aussi va à l’encontre des précaires, des travailleuses et des travailleurs. »
Le syndicat alerte sur le niveau de pauvreté : « Le budget 2026 ne doit pas être un budget d’austérité car la France connaît un taux de pauvreté qui n’a jamais été aussi haut depuis 30 ans. Or, sans censure de votre part, c’est ce qui se passera, nous ne pouvons pas l’accepter. »
Selon Solidaires 21, les secteurs les plus touchés seront : « la jeunesse, la culture, le sport et plus globalement l’ensemble de la vie associative », ajoutant que « c’est bien la cohésion sociale qui est attaquée de manière flagrante par ce budget ».
« Refuser par les actes ce budget, c’est une première étape dans le combat contre l’extrême-droite »
Le syndicat établit un lien direct entre politiques budgétaires et montée de l’extrême droite : « Il ne convient pas de dénoncer l’extrême-droite pour lutter contre celle-ci, il convient d’agir de manière concrète. En l’occurrence, nous considérons que soutenir de fait ce budget en ne votant pas la censure, c’est renforcer la souffrance des précaires et des travailleuses.eurs, mais surtout renforcer la détestation de la classe politique et donc renforcer électoralement la crasse politique d’extrême-droite. »
Et d’ajouter : « Refuser par les actes ce budget c’est une première étape dans le combat contre l’extrême-droite, sans cela, la crédibilité politique sera bien entachée. »
Privatisations et « transfert de la propriété publique à des intérêts privés »
Solidaires 21 met également en garde contre un recul de l’action publique : « Une baisse des moyens alloués à l’action publique réduit le périmètre de celle-ci et fait le lit de privatisations. »
Le syndicat critique les arguments économiques avancés en faveur du privé : « Les oligopoles ne créent pas les conditions d’une concurrence qui n’a rien de libre et de non faussée. »
Et conclut sur l’enjeu politique : « Fondamentalement, la privatisation est un transfert de la propriété publique (le patrimoine de toutes et tous) à des intérêts privés. C’est donc un changement de philosophie dans lequel l’intérêt général s’efface au profit des intérêts particuliers. »
Après le communiqué d’Océane Godard, Solidaires 21 dénonce une « farce »
Après la diffusion d’un communiqué de presse de la députée Océane Godard justifiant son soutien au budget gouvernemental, Solidaires 21 a adressé une nouvelle réaction.
Le syndicat écrit : « Si nous affirmons que le budget émane du gouvernement c’est parce qu’au moment de l’annonce du Premier Ministre de faire recours au 49-3 après le conseil des ministres, aucun député n’était capable de savoir ce qu’il y avait exactement à l’intérieur du budget, ce qui est selon toute vraisemblance toujours le cas. Cela démontre bien toute la farce qui s’est déroulée ces derniers mois. »
Il souligne également : « Evidemment, nous n’avons toujours pas eu une réponse à notre courrier, ce qui compte-tenu de la teneur de son communiqué apparait peu étonnant. »
« Un renversement des valeurs pour des calculs politiciens »
Solidaires 21 se dit « stupéfait » par le contenu du communiqué de la députée : « Nous avouons une forme de stupeur en lisant la prose de Madame la députée qui préfère pointer “une absence de coopération” plutôt que de dénoncer le déni démocratique initial à nommer un premier ministre macroniste. »
Et appelle : « les forces politiques à se ressaisir et à cesser de participer à un renversement des valeurs pour des calculs politiciens. »
Le syndicat rappelle aussi son implication dans le débat public : « Notre Union Syndicale Solidaires a diffusé en octobre un très long document intitulé “Budget 2026 : analyse et revendications de Solidaires” et localement nous l’avons diffusé auprès de la population de la métropole dijonnaise en tenant notamment des stands en novembre. »
Vers des mobilisations locales
Enfin, Solidaires 21 annonce la poursuite de la mobilisation : « Notre organisation se réserve le droit de se mobiliser auprès des député-es ces prochains jours pour dénoncer ce budget de l’État 2026 car ce n’est pas dans celui-ci que les précaires, les travailleuses.eurs obtiendront des avancées sociales, c’est même tout le contraire. »
Et conclut : « Notre Union Syndicale Solidaires 21 s’oppose avec force à ce budget de l’Etat qui n’aura comme conséquence que de saper la cohésion sociale et l’action publique. Nous espérons un rejet par les faits de ce budget. Qu’importe si le gouvernement doit tomber. »
