À la veille du vote d’une motion de censure déclenchée après l’utilisation de l’article 49-3 par le Premier ministre pour faire adopter le budget 2026, le député de la 3ᵉ circonscription de la Côte-d’Or, Pierre Pribetich, a annoncé qu’il ne voterait pas la censure, malgré de fortes critiques à l’encontre du projet budgétaire.
Communiqué de presse du 23 janvier 2026 :
“Je ne voterai pas les motions de censure”
Suite au déclenchement, par le Premier Ministre, de l’article 49-3 de la constitution pour faire passer le budget, une première motion de censure sera soumise au vote ce vendredi, je ne la voterai pas.
Ce budget 2026 n’est pas un budget de gauche. Il porte les stigmates de neuf années de politique libérale, d’austérité déguisée et de choix économiques qui ont creusé les inégalités. Pourtant, dans une assemblée divisée, sans majorité absolue, nous avons dû faire un choix : soit nous laissions le champ libre à un blocage institutionnel, ouvrant la porte à une instabilité dangereuse tout en déroulant un tapis rouge à l’extrême droite ; soit nous utilisions notre force parlementaire pour arracher des avancées concrètes pour les Françaises et les Français.
Après plus de 350 heures de débats en commission et en séance publique, le budget n’aura pas pu aller au bout de son examen, je le regrette d’autant plus que ce sont les socialistes qui avaient posé l’exigence de ce débat sur la table. A cette heure, deux éléments guident mon choix : ce que nous avons évité et ce que nous avons obtenu pour les Françaises et les Français en menant ces débats avec exigence, dans notre rôle d’opposition.
Sans notre intervention, ce budget aurait été une catastrophe sociale : gel des pensions de retraite, du RSA, des APL, des allocations familiales, des minimas sociaux et des bourses étudiantes. La suppression de la prime de Noël aurait privé des milliers de foyer déjà précaires d’un coup de pouce bienvenu. Nous avons aussi empêché que les collectivités locales ne soient étranglées financièrement, en réduisant leur contribution au redressement budgétaire de 4 à 2 milliards d’euros.
Malgré un contexte politique hostile, nous avons réussi à imposer des mesures essentielles :
- Une augmentation du pouvoir d’achat pour plus de 3 millions de ménages modestes, grâce à une hausse de 600 euros par an de la prime d’activité ;
- La généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants, une mesure que nous défendons depuis trois ans et qui devient enfin réalité, alors que les files d’attente devant les épiceries solidaires ne cessent de s’allonger ;
- Un renforcement de la transition écologique, avec le maintien de Ma Prime Rénov et une hausse des moyens du Fonds vert ;
- Un soutien accru au logement social, face à une crise qui touche des millions de Français ;
- 2 000 postes supplémentaires pour l’Éducation nationale et des moyens supplémentaires pour les universités, afin de sauver un service public en danger ;
- Un financement juste : ces mesures ne seront pas payées par les classes moyennes et populaires, mais par une surtaxe maintenue sur les 300 plus grandes entreprises françaises, dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 milliard d’euros.
Ce budget reste marqué par des choix libéraux : il ne remet pas en cause les cadeaux fiscaux aux plus riches, il ne répond pas suffisamment à l’urgence climatique, et il laisse des pans entiers de notre société à l’abandon. Nous ne pouvons pas nous en satisfaire. Mais dans une assemblée sans majorité, dans un contexte géopolitique de plus en plus fragile où les tensions internationales menacent notre souveraineté, nous avons fait le choix du réalisme : celui de ne pas ajouter de l’instabilité à l’instabilité.
Après 9 ans de présidence d’Emmanuel Macron, le pays est plongé dans une crise sociale, économique et démocratique sans précédent. Les fractures se multiplient, les services publics se délitent, et la colère gronde. Ce budget ne saurait seul répondre à cette crise mais là où il aurait pu la renforcer si nous avions laissé la droite et l’extrême-droite seules à la manœuvre, nous nous sommes battus pour préserver les classes moyennes et populaires, leurs droits, les services publics et la transition écologique.
Il est bientôt temps de tourner la page. La France a besoin d’un nouveau projet, d’une vision claire pour sortir de la crise, et d’une gauche déterminée à défendre les intérêts du peuple contre ceux d’une minorité qui s’enrichit toujours plus.
Après la clôture de cette séquence budgétaire, je resterai donc pleinement engagé pour les habitants de la 3 circonscription de la Côte-d’Or, notamment avec l’examen prochain de textes importants comme celui sur la fin de vie.
