À Dijon, la campagne municipale s’intensifie à droite et au centre droit, dans un communiqué offensif, Thierry Coudert, tête de liste du Rassemblement dijonnais, réagit au refus d’Emmanuel Bichot de fusionner leurs listes au second tour et aux critiques personnelles formulées à son encontre.
Communiqué de presse de Thierry Coudert du 24 janvier 2026 :
Assez de chamailleries Vive l’alternance à Dijon
Nathalie Koenders est désormais tranquille. Depuis l’annonce, samedi dernier, par Emmanuel Bichot de son refus de fusionner au 2e tour avec le Rassemblement dijonnais, elle sait qu’elle sera réélue.
Cette annonce, accompagnée d’attaques personnelles, nécessite une mise au point qu’il m’est désagréable de formuler, car j’aurais préféré que nous restions, comme avec les autres têtes de listes, dans un débat programmatique digne et républicain.
La publication d’un récent sondage me mettant à égalité avec lui a visiblement fait perdre ses nerfs à Emmanuel Bichot, qui m’accuse à la fois d’être de gauche et de ne pas avoir de lien avec Dijon.
En ce qui concerne la gauche, je ne m’attarderai pas sur mon adhésion, adolescent, au PS en… 1975, ni sur les responsabilités que j’ai pu occuper auprès d’amis personnels parfois de gauche. Je n’ai jamais rien dissimulé de ma carrière et j’en assume toutes les étapes. C’est précisément ce qui m’a donné une légitimité pour, à travers la Diagonale entre 2005 et 2007, rallier à Nicolas Sarkozy des milieux de gauche alors que celui-ci prônait l’ouverture. J’ai été nommé préfet en mission de service public en 2008 par celui-ci. Il est difficile de considérer quelqu’un qui a été au cabinet d’Alain Madelin, directeur de cabinet de Brice Hortefeux sous Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy, vice-président de 2008 à 2014 du groupe UMP au Conseil de Paris, comme un homme de gauche. Ces dernières années, le naufrage macroniste m’a amené à suivre Éric Ciotti lorsqu’il a décidé de faire alliance avec Marine Le Pen puis de créer l’UDR, LR devenant toujours plus la bouée de sauvetage, encore ces jours-ci lors des votes de censure, du pouvoir en place. C’est précisément ce moment qu’Emmanuel Bichot a choisi pour rejoindre LR et s’allier avec tous les partis qui ont soutenu Emmanuel Macron depuis l’origine, comme Horizon ou l’UDI, même si le président Sauvadet lui a refusé par communiqué son appui. Il est vrai qu’il avait été nommé conseiller maître à la Cour des comptes en 2019 par… Emmanuel Macron. Comment, après le retrait de Fadila Khattabi, muni de tels soutiens, ne pas voir en lui le seul représentant légitime du macronisme à son crépuscule ? Ce qui compte en politique, c’est par qui on est soutenu et les engagements que l’on prend.
- Quant à mon lien avec Dijon, je n’ai jamais caché que j’avais été parachuté au moment de la dissolution, ce qui ne m’a pas empêché de réaliser un score appréciable dans la 3e circo au 1er tour (35 %), avant d’être battu par le socialiste Priebetich au 2e tour à cause du soi-disant Front républicain, LR refusant de me soutenir. Depuis, après une vie de nomade à travers le territoire du fait des responsabilités que j’ai occupées ici ou là, ayant pris ma retraite l’an dernier, j’ai décidé de m’installer définitivement à Dijon et de m’y investir. Je l’ai fait en toute clarté, sans m’inventer des ancêtres qui y auraient habité au Moyen Âge ou un quelconque autre lien, juste avec la volonté de servir ce territoire comme je l’ai fait dans d’autres villes en 40 ans au service de l’État. Je suis d’autant plus étonné de ces attaques qu’elles émanent de quelqu’un qui exerce à temps plein à la Cour des comptes, dont l’épouse travaille aussi à Paris, où leurs enfants sont scolarisés. Je ne suis, pour ma part, pas un intermittent du spectacle politique : je vis désormais à temps complet à Dijon, je me consacre exclusivement à ma campagne et, si demain je suis élu maire, je le serai, à l’exclusion de toute autre activité professionnelle. Il serait souhaitable que M. Bichot prenne le même engagement et précise d’ailleurs dans quelle position administrative il est par rapport à la Cour des comptes depuis le début de sa campagne.
Il m’est très désagréable de faire ces mises au point et d’entendre M. Bichot considérer que je suis un sombre personnage avec lequel il serait impossible de s’allier le moment venu pour battre Mme Koenders. Il n’en a pas toujours été ainsi et je souhaite lever toute ambiguïté.
- Lorsque j’ai été investi dans la 3e circo de Côte-d’Or, M. Bichot m’avait proposé son aide pour me présenter du monde et me donner des idées. À l’époque, il pensait que mon éventuelle élection l’aiderait à gagner Dijon et il a été loyal, y compris pour lutter contre les attaques du candidat LR, Charle Bourgadel. Il ne semblait alors pas choqué par ma carrière, qu’il connaissait, ni par mon investiture RN.
Nous avons, lorsque j’ai confirmé souhaiter m’ancrer à Dijon, eu des discussions sur l’éventualité d’une liste commune, notamment lors d’un café au Cercle interallié le 19 novembre 2024, dans un climat cordial, comme en attestent des échanges de SMS que j’ai conservés, puis nous avons, le 22 janvier 2025, déjeuné chez Françoise à Paris avec le député René Lioret. À l’issue, M. Bichot, souhaitant à l’époque faire une liste sans soutien politique affiché mais avec des membres du RN ou de l’UDR à titre personnel, nous sommes convenus de faire des listes séparées et, le cas échéant, de les fusionner avant le 1er tour et, en tout état de cause, au second. Alors, un accord paraissait d’autant plus aisé que, pour ma part, ayant passé l’âge des vanités, un partage des responsabilités de maire et de président de la métropole eût été facile à opérer.
Ensuite, visiblement sentant que sa liste non partisane était en perte de vitesse, qu’une dynamique se créait autour du RN et de l’UDR, que certains membres de LR nous rejoignaient, il est rentré dans une posture plus agressive, est allé quémander le soutien des formations qui accompagnent la fin du macronisme et a soudain découvert que je serais de gauche et parachuté, peut-être même pour sauver le système Rebsamen/Koenders, alors que je ne connais ni François Rebsamen ni Nathalie Koenders. J’en arrive en revanche à me demander si vraiment la liste Agir pour Dijon veut le succès. En 2020, peu après l’élection, la liste conduite par Emmanuel Bichot avait explosé en vol : deux conseillers (Caroline Jacquemard et Stéphane Chevalier), dont le directeur de campagne, avaient rallié François Rebsamen ; les autres conseillers avaient créé plusieurs groupes, laissant Emmanuel Bichot seul avec Laurence Gerbet. La liste présentée aujourd’hui reprend une partie des mêmes protagonistes. Comment imaginer qu’ils resteront unis cette fois ? M. Bichot, qui a mené pendant 12 ans une guérilla juridique qu’il a presque toujours perdue contre la mairie actuelle sans développer une offre politique alternative, veut-il exercer le pouvoir ou rester un opposant confortable à un exécutif qu’il ne dérange pas vraiment ? N’ayant jamais significativement exercé de responsabilités en termes de gestion de politiques publiques sur le plan administratif ou politique, sauf comme maire de Saint-Romain, le souhaite-t-il ?
Je regrette sincèrement cette situation dont la seule conséquence est d’empêcher une alternance à Dijon. Quelles que soient les attaques portées publiquement, les rumeurs distillées par quelques corbeaux et, quel que soit l’ordre d’arrivée le soir du 1er tour, je reste partisan d’une paix des braves et d’une fusion de listes si l’on veut éviter la prolongation du système Rebsamen/Koenders encore 7 ans. C’est aujourd’hui mon combat. Ces attaques auxquelles je suis bien obligé de répondre ne font que le jeu de la municipalité sortante. Les querelles d’ambitions ou les susceptibilités froissées doivent s’effacer devant l’intérêt des Dijonnaises et des Dijonnais. Si tel n’est pas le cas, il n’y aura plus qu’un seul vote utile au 1er tour : le Rassemblement dijonnais !
