Alors que la ville de Dijon communique régulièrement sur ses distinctions et ses politiques alimentaires, elle se retrouve aujourd’hui épinglée dans un tout autre registre. Dans le Palmarès des cantines bio 2026 publié par l’association Agir pour l’environnement, Dijon figure parmi les 14 villes-préfectures qui n’ont jamais répondu à l’enquête, malgré des relances répétées et même une injonction de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA).
Ces communes se voient attribuer un intitulé sans ambiguïté : « le prix du mépris à l’égard de la bio et de la loi ».
Un qualificatif lourd de sens, alors que la loi Égalim impose depuis le 1er janvier 2022 au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective, et l’obligation de publier ces données sur la plateforme officielle ma-cantine.
Pourquoi Dijon n’a-t-elle pas joué le jeu de la transparence ?
La question est d’autant plus légitime que l’enquête a duré plus de sept mois, avec courriers recommandés, relances téléphoniques, saisine de la CADA et délais légaux expirés. Au final, 83 villes sur 97 ont répondu, mais Dijon est restée muette.
Pourquoi ce refus de transmettre des données pourtant publiques ?
Pourquoi ne pas indiquer clairement la part de bio réellement servie aux enfants dijonnais ?
Pourquoi s’exposer à un classement infamant, alors que d’autres villes, grandes ou petites, ont accepté de jouer la carte de la transparence ?
Ailleurs, des villes prouvent que c’est possible
Pendant que certaines municipalités se taisent, d’autres montrent l’exemple.
Saint-Étienne atteint 74,5 % de produits bio, Périgueux 67,6 %, Bordeaux 66,2 % dans leurs cantines scolaires en 2024.
Et contrairement à un argument souvent avancé, le prix du repas n’est pas corrélé au taux de bio. Des villes très engagées maintiennent des coûts comparables, voire inférieurs à la moyenne nationale de 2,65 € par repas.
Autrement dit :
- le bio n’est pas un problème de budget, mais de volonté politique.
- Image verte, réalité opaque ?
Le contraste interroge. Comment une ville peut-elle être mise en avant pour sa politique alimentaire ou environnementale, tout en refusant de publier un indicateur pourtant légal et central : la qualité réelle des repas servis aux enfants ?
Peut-on se contenter d’une communication valorisante, sans accepter le contrôle citoyen ?
La transition écologique peut-elle se résumer à des labels et des trophées, sans obligation de résultats mesurables ?
Une responsabilité démocratique
Pour Agir pour l’environnement, la restauration scolaire est un levier majeur :
- pour la santé des enfants,
- pour le soutien aux agriculteurs bio,
- pour la protection de l’environnement.
Refuser de transmettre les données, ce n’est pas seulement ignorer une association : c’est refuser aux citoyens le droit de savoir ce que mangent leurs enfants et comment l’argent public est utilisé.
Et maintenant ?
L’association annonce se réserver le droit de saisir les tribunaux administratifs contre les communes n’ayant pas respecté l’injonction de la CADA, dont Dijon fait partie.
En pleine période de débats sur la transition écologique et la qualité de l’alimentation, une question demeure, simple et directe : Pourquoi la ville de Dijon n’a-t-elle pas joué le jeu de la transparence et du respect de la loi ? Tant que cette question restera sans réponse, le « prix du mépris » restera, lui, pleinement justifié.
