L’UNSA Éducation Bourgogne–Franche-Comté dénonce une « cure d’austérité sans précédent » dans les académies de Dijon et de Besançon à la rentrée 2026. Selon les chiffres communiqués par le syndicat le 27 janvier, plusieurs centaines de postes vont être supprimés dans le premier et le second degré, ainsi que dans les services administratifs.
Dans le premier degré, 95 postes de professeurs des écoles seraient supprimés en Bourgogne et 62 en Franche-Comté. La situation est également jugée préoccupante dans les collèges et lycées, avec 90 suppressions de postes dans l’académie de Dijon et 70 dans celle de Besançon. À ces réductions s’ajoutent neuf postes administratifs ou techniques supprimés dans les établissements et services, ainsi que la suppression d’un poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dans l’académie de Besançon.
Pour le syndicat, ces décisions relèvent d’une logique strictement budgétaire. « Ces chiffres traduisent une politique éducative qui privilégie la logique comptable au détriment de la qualité de l’enseignement et des conditions de travail des personnels », dénonce l’UNSA, qui alerte sur les conséquences pour les élèves, en particulier les plus fragiles, et pour la stabilité des établissements.
Si la baisse démographique est régulièrement invoquée pour justifier ces suppressions de postes, le syndicat estime que cet argument est insuffisant. « Les besoins éducatifs ne se résument pas à des effectifs. Ils incluent aussi la prise en charge des difficultés sociales, des fragilités culturelles, de la ruralité et l’accompagnement des élèves en difficulté », rappelle l’organisation syndicale.
L’UNSA s’appuie également sur une étude de l’Institut des politiques publiques intitulée « Taille des classes et inégalités territoriales : quelle stratégie face à la baisse démographique ? », selon laquelle la réduction du nombre d’enseignants ne serait pas rentable à long terme : pour un euro économisé, neuf euros seraient perdus pour la société.
Le syndicat souligne que d’autres pays européens ont fait le choix inverse, profitant de la baisse démographique pour améliorer les conditions d’enseignement, notamment en réduisant les effectifs par classe. « Cette trajectoire n’est donc pas une fatalité », insiste l’UNSA, qui appelle à considérer le budget de l’Éducation nationale comme un investissement plutôt qu’une dépense.
Au-delà des suppressions de postes, l’organisation syndicale évoque une dégradation progressive des conditions de travail dans l’ensemble des métiers de l’éducation : multiplication des missions, injonctions contradictoires, manque de reconnaissance et réduction des marges de manœuvre. Malgré cela, « les personnels continuent d’assumer leurs missions avec un engagement exemplaire », souligne le communiqué, tout en alertant sur un découragement croissant lié au manque de moyens et à l’absence de politiques éducatives jugées durables.
L’UNSA Éducation Bourgogne–Franche-Comté appelle ainsi les pouvoirs publics à revoir leurs orientations et à engager une véritable réflexion sur les besoins éducatifs des territoires, afin d’éviter, selon elle, un affaiblissement durable de l’école publique et, plus largement, des services publics.
