L’Union syndicale Solidaires 21 hausse le ton contre le projet de budget 2026 du gouvernement, qu’elle qualifie d’« ignominie » et appelle explicitement les député·es à censurer. Dans un communiqué offensif, l’organisation syndicale fustige des coupes massives dans les services publics, l’absence de justice fiscale et de nouvelles entraves à l’accès aux droits des salarié·es.
Des coupes budgétaires massives dans les services publics
Selon Solidaires 21, plus de 35 milliards d’euros de crédits seraient supprimés dans les services publics. Les secteurs de la jeunesse, de la culture, du sport et de la vie associative figurent parmi les plus touchés. Le syndicat alerte sur les conséquences directes de ces restrictions : suppressions d’emplois, disparition d’associations, dégradation de la cohésion sociale et éloignement des services publics des besoins de la population.
Les collectivités territoriales, également visées par la baisse des dotations, risquent de réduire leurs missions ou de recourir davantage à la privatisation. Une évolution que Solidaires 21 juge dangereuse, estimant qu’elle transfère des biens publics vers des intérêts privés, tout en rendant les services plus coûteux pour les usager·es.
4 000 postes d’enseignant·es supprimés
Parmi les mesures les plus symboliques, le syndicat pointe la suppression annoncée de 4 000 postes d’enseignant·es, perçue comme un nouveau coup porté à l’école publique. Solidaires 21 y voit une contradiction flagrante avec les discours officiels sur l’égalité des chances et la réussite éducative.
Une nouvelle taxe pour saisir les Prud’hommes
Autre point de crispation majeur : la création d’une taxe de 50 euros pour saisir le tribunal des Prud’hommes. Le syndicat dénonce une atteinte grave à l’accès à la justice, en particulier pour les salarié·es précaires.
Dans son communiqué, Solidaires 21 affirme avoir été sollicité par neuf salarié·es en une seule journée pour des situations de licenciement abusif ou de salaires impayés, certains depuis plusieurs mois. Imposer une contribution financière pour faire valoir ses droits revient, selon le syndicat, à faire payer les victimes de pratiques patronales abusives.
Aucune justice fiscale, selon le syndicat
Solidaires 21 critique également l’absence de mesures de redistribution et de fiscalité équitable. « Les riches se goinfrent toujours », écrit l’organisation, dénonçant un budget qui, selon elle, protège les plus favorisés tout en faisant peser l’effort sur les classes populaires et moyennes.
Des député·es de Côte-d’Or directement interpellé·es
Le syndicat indique avoir sollicité plusieurs député·es de Côte-d’Or, issus aussi bien du NFP que de la droite. Une seule élue aurait voté une première motion de censure, et un seul député aurait répondu par courriel, renvoyant vers un communiqué public. Pour Solidaires 21, ces silences traduisent un mépris à l’égard des syndicats et, plus largement, du monde du travail.
L’organisation critique également la position d’une partie du groupe socialiste, qui aurait refusé de voter la censure au nom de la « gouvernabilité de la France ». Une justification jugée inacceptable face à l’ampleur des conséquences sociales du budget.
« Un terreau pour l’extrême droite »
Solidaires 21 établit un lien direct entre politiques d’austérité et montée de l’extrême droite. En renforçant la précarité et le sentiment d’abandon, le budget contribuerait, selon le syndicat, à accentuer le rejet de la classe politique et à nourrir les votes protestataires.
Pour l’organisation, lutter contre l’extrême droite ne peut se limiter à des discours, mais passe par des politiques publiques garantissant la justice sociale, la solidarité et l’accès effectif aux droits.
Appel à la mobilisation dans les prochains jours
Refusant toute résignation, Solidaires 21 annonce vouloir organiser des actions de mobilisation dans les prochains jours pour s’opposer au budget. Les modalités précises doivent être communiquées ultérieurement, mais le syndicat appelle d’ores et déjà les citoyen·nes à interpeller massivement leurs député·es, à leur écrire et à se rendre dans leurs permanences.
Le message est clair : pour Solidaires 21, le combat contre le budget 2026 ne se jouera pas uniquement dans l’hémicycle, mais aussi dans la rue et par la mobilisation collective.
