À l’initiative du syndicat Alliance Police Nationale, une mobilisation citoyenne est prévue ce samedi 31 janvier 2026 à 11 heures devant l’Hôtel de Police de Dijon. Présentée comme une action de soutien aux forces de sécurité, cette initiative s’inscrit dans un mouvement national, mais suscite localement de nombreuses interrogations quant à son opportunité et à ses motivations.
Les organisateurs appellent à un rassemblement large, associant députés, élus locaux, maires, représentants associatifs, policiers municipaux, sapeurs-pompiers et citoyens sensibles aux enjeux de sécurité publique. Un appel qui, par la diversité des acteurs visés, donne d’emblée à l’événement une forte dimension institutionnelle et politique.
Dans son communiqué, Alliance Police Nationale affirme vouloir rappeler « l’importance d’une sécurité respectée, protégée et soutenue par les institutions », tout en affichant un soutien « clair et républicain » aux femmes et aux hommes chargés de la protection de la population. Le syndicat met également en avant la nécessité d’un engagement durable de l’État et des collectivités en faveur des forces de l’ordre.
Mais pour de nombreux observateurs et policiers, la date choisie pour cette mobilisation est loin d’être anodine. Elle intervient à quelques semaines seulement des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, dans un contexte où les thématiques de sécurité occupent une place centrale dans le débat public local et national. À cela s’ajoute la tenue des élections professionnelles au sein de la police en décembre 2026, renforçant l’idée d’un calendrier soigneusement calculé.
Ce contexte alimente un malaise au sein des effectifs. Plusieurs policiers confient en privé percevoir un « mouvement trop politisé », estimant que cette mobilisation dépasse le cadre du simple soutien aux forces de l’ordre pour s’inscrire dans une logique de communication et de pression politique et syndicale. À Dijon, cette perception devrait se traduire par une participation limitée des policiers nationaux. Selon nos informations, les effectifs présents samedi devraient être majoritairement composés de policiers extérieurs à Dijon, plus nombreux que les policiers dijonnais eux-mêmes.
Une source proche du dossier confirme que des policiers seront bien présents lors du rassemblement, tout en précisant qu’ils ne représenteront qu’une fraction des effectifs locaux. La mobilisation devrait ainsi reposer davantage sur la présence d’élus, de représentants institutionnels et de citoyens que sur une mobilisation massive des policiers dijonnais.
Dans ce contexte, le rassemblement prévu samedi apparaît moins comme un simple geste de solidarité que comme une opération hautement symbolique, inscrite dans un calendrier électoral et syndical particulièrement chargé, et dont la dimension politique semble laisser peu de place au hasard.
