La décision du gouvernement de supprimer 4 000 postes d’enseignants à la rentrée prochaine continue de susciter de vives réactions. Dans un communiqué commun, les députés de la Côte-d’Or Océane Godard et Pierre Pribetich qualifient cette mesure « d’insensée » et alertent sur ses conséquences pour l’école publique.
Les deux parlementaires ont d’abord tenu à saluer « l’engagement sans faille des enseignants », rappelant que leur dévouement quotidien constitue un pilier de la réussite éducative et de la cohésion sociale. Ils dénoncent ensuite une orientation gouvernementale qu’ils jugent purement comptable. Après avoir un temps envisagé la suppression de 8 000 postes, le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu a finalement arrêté le chiffre de 4 000, une décision que les élus estiment toujours « inacceptable ».
Dans l’Académie de Dijon, l’impact serait particulièrement lourd : 185 postes supprimés à la rentrée, dont 95 dans le premier degré et 90 dans les collèges et lycées. À ce stade, la répartition exacte entre les quatre départements de l’Académie n’est pas encore connue. Pour Océane Godard et Pierre Pribetich, ces suppressions « aggravent les inégalités territoriales » et ignorent les besoins réels des élèves.
Les députés contestent également l’argument de la baisse démographique avancé par l’exécutif. Selon eux, celle-ci devrait au contraire être mise à profit pour améliorer l’encadrement pédagogique, en particulier pour les élèves les plus fragiles. Ils rappellent que le dédoublement des classes de CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire a démontré l’impact positif d’une réduction du nombre d’élèves par classe sur les conditions d’apprentissage.
Dans leur communiqué, les deux élus mettent aussi en avant certaines avancées obtenues lors des négociations budgétaires : la création de 2 000 postes supplémentaires d’AESH et d’infirmiers en Ulis, le maintien des bourses étudiantes, la revalorisation des APL ou encore le rétablissement du Pass’Sport. Des mesures jugées « insuffisantes », mais qui prouvent, selon eux, qu’il est possible d’atténuer les effets des choix gouvernementaux.
Estimant que « l’école est un pilier du pacte républicain », Océane Godard et Pierre Pribetich refusent qu’elle soit traitée comme une simple variable d’ajustement budgétaire. Ils demandent ainsi l’ouverture, après les élections municipales, d’une séquence de travail associant enseignants, personnels de direction, élus locaux et nationaux, afin de limiter les conséquences concrètes de ces suppressions de postes.
Enfin, au-delà de la rentrée prochaine, les députés appellent à repenser plus largement la carte scolaire. Ils souhaitent que celle-ci ne soit plus abordée uniquement sous l’angle budgétaire, mais aussi à travers ses effets sur l’aménagement du territoire, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.
