À l’occasion de l’inauguration de la salle Arsenal, Christelle Girard, athlète locale de tir sportif, a partagé avec émotion son parcours et son récent exploit aux Championnats de France de tir sportif, disputés à Besançon. Une compétition qui a mis en lumière non seulement sa précision et sa maîtrise, mais aussi une force intérieure et une résilience exemplaires.
Arrivée sur place le lundi 26 janvier, Christelle était accompagnée de son fidèle assistant, Maurice, pour la phase incontournable de contrôle du matériel. « Lors des championnats, qu’ils soient nationaux ou internationaux, les arbitres vérifient tout : la table de tir, le tabouret, la veste, le pantalon et la carabine », explique-t-elle. Ce moment de préparation a aussi été l’occasion de soutenir un collègue de para-tir, Laurent Boudriot (catégorie SH-1, handicap des membres inférieurs), présent lui aussi sur la compétition.
Le mardi matin, à 6 h 45, le duo se met en place pour le premier match en tir debout VIS (tir pour déficients visuels). Après un échauffement rigoureux et la mise en place du matériel, Christelle enfile sa tenue complète — veste, pantalon et chaussures spécifiques — identique à celle des tireurs valides. Maurice installe ensuite la diode du système de visée sonore VIASS sur la cible électronique. « C’est l’élément clé de notre discipline », précise Christelle. « Une caméra fixée sur l’arme capte la cible et transforme la position de visée en signal sonore. Le son devient plus aigu à mesure que l’on s’approche du centre, puis grave quand on est parfaitement aligné. » À dix mètres, la zone du 10 ne mesure que 0,5 millimètre : une précision extrême.

Le match débute à 7 h 45. Quinze minutes d’installation, quinze minutes d’essais, puis 60 tirs à réaliser en 1 h 15 maximum. Christelle reste concentrée, guidée par le codage tactile de Maurice, qui lui indique silencieusement le placement de ses tirs. « Nous devons respecter un silence absolu sur le pas de tir, c’est une communication de gestes et de confiance », confie-t-elle. Après 58 minutes, les 60 plombs sont tirés. Le verdict tombe plus tard : depuis les gradins, Laurent lui annonce la nouvelle — Christelle Girard est championne de France. La médaille d’or lui sera remise à 14 heures, sous les applaudissements.
Le lendemain, mercredi matin, place au tir couché VIP. Même rigueur, même concentration, mais un temps plus court : 60 tirs en 50 minutes. Christelle réalise son match en 32 minutes seulement. « Je me sentais bien, dans ma bulle, tout était fluide », raconte-t-elle. Quelques instants plus tard, la coach nationale, Élodie, lui confirme la nouvelle : deuxième médaille d’or, doublé historique pour la tireuse Dijonnaise.
Cette double victoire a une résonance particulière pour Christelle. Après une blessure en début de saison 2025 et plusieurs épreuves personnelles, elle a dû réapprendre à écouter son corps et à adapter son entraînement. « Ces moments difficiles m’ont rendue plus forte. J’ai appris à respecter mon rythme, à transformer la douleur en énergie positive. Aujourd’hui, je tire différemment, avec plus de sérénité et de confiance. »
Reconnaissante, elle insiste sur le rôle essentiel de son assistant : « Je tire, mais sans Maurice, rien ne serait possible. Son accompagnement, ses entraînements, ses indications précises… c’est un travail d’équipe. »
Prochaine étape pour Christelle Girard : le Grand Prix WSPS à La Chapelle-Saint-Luc, prévu en fin de mois. Une nouvelle occasion pour la championne de France de porter haut les couleurs du tir sportif pour déficients visuels, discipline où la précision se conjugue avec courage, écoute et dépassement de soi.





