Le tribunal judiciaire de Dijon a condamné, le 3 février 2026, trois ressortissants étrangers pour blanchiment douanier, à la suite d’un contrôle routier mené un an plus tôt par la brigade de surveillance intérieure des douanes de Dijon. L’affaire met en lumière le rôle clé des services douaniers dans la lutte contre les flux financiers liés aux trafics illicites.
Les faits remontent au 28 janvier 2025. Ce jour-là, des agents des douanes procèdent au contrôle d’un véhicule circulant sur l’autoroute A31. À son bord se trouvent trois individus affirmant effectuer un trajet entre l’Allemagne et l’Espagne. La fouille révèle la présence de sommes importantes en espèces : 4 095 euros sur le premier occupant, 6 050 euros sur le deuxième et 5 900 euros sur le troisième, sans qu’aucun justificatif ne puisse en établir l’origine.
Les douaniers découvrent également une petite quantité de produits stupéfiants, plusieurs téléphones portables ainsi qu’un document manuscrit laissant supposer un lien avec un trafic de drogues. Face à ces éléments et à l’absence d’explications crédibles sur la provenance des fonds, les agents déclenchent une procédure de retenue temporaire d’argent liquide (RTAL).
Des vérifications complémentaires menées auprès des autorités allemandes confirment que les trois hommes étaient déjà connus pour des infractions liées aux stupéfiants.
À l’issue de la procédure judiciaire, le tribunal judiciaire de Dijon a prononcé à l’encontre des trois prévenus une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une interdiction du territoire français pour une durée de trois ans. Chacun a également été condamné à une amende douanière correspondant aux sommes transportées. Les 16 045 euros saisis, ainsi que les produits stupéfiants retrouvés dans le véhicule, ont été intégralement confisqués.
Pour les autorités douanières, cette affaire illustre la mobilisation constante des services dans la lutte contre le blanchiment et les flux financiers illicites. À titre de comparaison, la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) avait privé les organisations criminelles de 71,2 millions d’euros en 2024, soulignant l’ampleur de cet enjeu.
