À Dijon, la vente d’un espace public arboré situé au passage du Pont Arnaud, entre la rue Condorcet et la rue Monge, connaît un rebondissement inattendu. Après un vote massif du Conseil municipal en novembre 2025 en faveur de la cession à un particulier, l’association Dijon Avenir affirme que la maire Nathalie Koenders se serait engagée à renoncer à cette vente, sous la pression d’habitants mobilisés. À ce stade, la municipalité n’a pas confirmé cette information.
Une décision contestée dès son adoption
Le projet de cession avait été adopté à une large majorité lors du Conseil municipal, malgré une alerte formulée la veille par Dijon Avenir. L’association dénonçait alors une privatisation d’un espace public arboré présentant, selon elle, un intérêt patrimonial, environnemental et collectif. Quelques élus avaient voté contre ou s’étaient abstenus, mais la délibération avait été validée.
Le 21 janvier, Dijon Avenir a adressé un recours gracieux à la maire afin d’obtenir l’annulation de la décision. L’association avance plusieurs arguments : une information jugée incomplète des conseillers municipaux, la valeur patrimoniale du site — présenté comme un témoin du passé dijonnais — ainsi que des enjeux de biodiversité. Dijon Avenir estime également que la cession pourrait entrer en contradiction avec les engagements environnementaux pris par la Ville dans le cadre de la convention « Territoire engagé pour la Nature ».
Mobilisation des riverains et visite sur place
Selon l’association, des riverains du passage du Pont Arnaud ont sollicité une rencontre avec la maire afin d’exposer leurs préoccupations. Dijon Avenir affirme que Nathalie Koenders se serait rendue sur place mi-décembre et aurait reconnu le caractère inapproprié de la vente, demandant la suspension du processus et promettant de revenir sur la décision.
Nous avons sollicité la mairie de Dijon afin de confirmer ces éléments. À l’heure de publication de cet article, la municipalité n’a pas donné suite à nos demandes.
Questions autour du dossier
Dans son communiqué, Dijon Avenir évoque également une possible proximité entre l’acquéreur pressenti et une élue municipale, sans apporter de confirmation. L’association demande publiquement des clarifications sur l’existence éventuelle d’un lien familial ou d’intérêt, estimant que la transparence est nécessaire compte tenu de la nature du dossier.
Une annulation encore incertaine
Sur le plan juridique, l’abandon de la vente ne serait pas automatique. Si la maire peut refuser de signer l’acte de cession, seule une nouvelle délibération du Conseil municipal permettrait d’annuler formellement la décision initiale. Dijon Avenir appelle ainsi à la convocation exceptionnelle de l’assemblée avant les prochaines échéances électorales.
En attendant une prise de position officielle de la municipalité, ce dossier illustre les tensions récurrentes autour de la gestion du patrimoine urbain et des espaces verts en centre-ville, sur fond de mobilisation citoyenne et de débat politique.
Communiqué de presse 5 février 2026 :
Coup de théâtre au passage du Pont Arnaud : la Maire de Dijon va renoncer à la vente !
En novembre 2025, malgré l’alerte lancée par l’association Dijon Avenir auprès du Conseil municipal de Dijon, les élu·e·s ont massivement voté pour la vente à un particulier d’un espace public arboré en centre-ville. Retournement de situation 2 mois plus tard : suite à la mobilisation d’habitant·e·s du quartier, nous révélons que Nathalie Koenders s’est engagée à renoncer à cette vente ! Les promesses électorales n’engageant que ceux qui y croient, Dijon Avenir a adressé un recours gracieux à la Maire, et la liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” demande la convocation exceptionnelle du Conseil municipal pour entériner l’annulation promise par Mme Koenders, seule l’Assemblée pouvant défaire ce qu’elle a (mal) fait.
Recours de Dijon Avenir contre la privatisation de cet espace public arboré
Dans ce dossier de vente d’un espace public arboré à un particulier au passage du Pont Arnaud (entre la rue Condorcet et la rue Monge), Dijon Avenir a alerté les conseillers municipaux la veille du vote, en vain. Seuls 7 élu·e·s ont voté contre et 3 se sont abstenu·e·s, 49 ayant voté pour ! Voir le débat.
Le 21 janvier, notre association a adressé un recours gracieux à la Maire-candidate, lui demandant d’annuler cette vente pour 3 motifs :
- D’abord, les Conseillers municipaux n’ont pas été correctement et suffisamment informés pour exercer utilement leur mandat ; en effet, plusieurs informations communiquées étaient inexactes ou incomplètes. Notamment le fait que l’acquéreur n’occupe pas lui-même l’appartement contigu au terrain dont il a lui-même sollicité l’acquisition. Cette personne, qui n’est pas domiciliée à Dijon, propose cet appartement à la location.
- Ensuite, cette cession présente un défaut de motivation du fait que le passage du Pont Arnaud est un treige bourguignon, témoignant du passé historique de la ville et appartenant au patrimoine dijonnais. L’intérêt des habitant·e·s est de surcroît ignoré, car cet espace public arboré constitue un îlot de fraîcheur et de biodiversité ouvert à toutes et à tous,
- Enfin, la cession revêt une illégalité interne en ce qu’elle contrevient à la convention
« Territoire engagé pour la Nature » que la Ville de Dijon a signé avec l’État en décembre 2024. Ce lieu naturel, pourtant situé en centre-ville, est fréquenté par plusieurs espèces d’oiseaux (mésanges, rouge-gorge, etc.) et constitue le refuge d’une famille de lérots, espèce en déclin.
La Maire sort de son bureau
Après cette décision du Conseil municipal, des riverain·e·s du passage du Pont Arnaud ont demandé à être reçus par Nathalie Koenders pour faire valoir leurs arguments quant à la riche biodiversité et aux bienfaits collectifs procurés par cet espace arboré.
La Maire-candidate s’est rendue sur place mi décembre pour rencontrer les riverains mécontents. En découvrant ce petit havre de verdure, décrit dans le rapport présenté au Conseil municipal comme ne présentant « pas d’intérêt particulier pour la Ville« , Mme Koenders a affirmé que ça n’avait aucun sens d’en céder une partie à un particulier pour un usage privatif !
La Maire a immédiatement téléphoné à ses services en donnant la consigne de suspendre le processus de vente. Puis elle s’est engagée auprès des riverain·e·s à annuler la décision du Conseil municipal.
Analyse d’un fiasco
En suggérant qu’elle aurait été mal informée par ses services sur la nature de ce dossier, Mme Koenders chercherait-elle à se défausser sur d’autres, d’une responsabilité qui en réalité lui incombe entièrement ?
Bien sûr, plusieurs dizaines de délibérations sont adoptées à chaque séance du Conseil municipal et la Maire ne connaît sans doute pas dans les moindres détails tous les dossiers dont elle délègue le suivi précis à ses adjoint·e·s. Mais parce qu’il est rare que le Conseil Municipal cède ainsi un morceau de la ville à un particulier, il nous paraît peu crédible que la Maire n’ait pas été informée précisément de la chose vendue. D’autant plus qu’elle avait reçu l’alerte lancée par Dijon Avenir avant le Conseil Municipal !
Il semble donc plus probable qu’elle ait bien eu conscience de vendre un bien commun propriété de tous les Dijonnais à un particulier qui allait pouvoir en jouir exclusivement, mais sans voir là de problème particulier… jusqu’à cette fronde des riverains, qui à quelques mois des élections pourrait devenir gênante pour la candidate…
Question sur un éventuel lien familial entre l’acquéreur et un·e élu·e
L’homonymie entre une élue de la Ville de Dijon et la bénéficiaire de la cession décidée par le Conseil Municipal, associée à des informations reçues, nous amène à poser simplement la question d’une possible existence d’un lien familial entre ces deux personnes. Si un tel lien existe effectivement, il serait susceptible d’éclairer d’un jour nouveau la décision de proposer au Conseil Municipal cette vente dont Mme Koenders a reconnu auprès des riverains qu’elle n’avait pas de sens.
Madame la Maire, nous vous posons ces deux questions simples :
1. Existe-t-il un lien familial et/ou d’intérêt entre la personne bénéficiaire de cette cession et une élue de la ville de Dijon ?
2. Si un tel lien existe, en étiez-vous informée avant d’inscrire cette délibération à l’ordre du jour du Conseil Municipal ?
Une réponse claire à ces deux questions nous semble importante pour permettre aux Dijonnais.es de bien comprendre dans quel contexte vous avez décidé de privatiser un espace de verdure municipal.
Il est encore temps de tout arrêter !
Si la vente n’a pas encore été signée avec l’acquéreur, Nathalie Koenders peut effectivement faire marche arrière. Nous l’invitons à prendre la parole publiquement pour officialiser l’abandon de cette vente et, au passage, remercier l’association Dijon Avenir qui a révélé ce dossier et les riverain·e·s qui se sont mobilisé·e·s pour empêcher cette vente.
La délibération de cession du terrain ayant été adoptée par le Conseil municipal, juridiquement la Maire-candidate peut seulement refuser de signer l’acte de vente, mais n’a pas le pouvoir d’annuler la décision de vendre. En répondant positivement au recours gracieux de Dijon Avenir, elle montrera qu’elle est effectivement prête à initier le processus d’annulation.
Mais comme seule véritable garantie pour les Dijonnais·es, nous appelons Nathalie Koenders à convoquer exceptionnellement et avant l’élection du 15 mars, le Conseil municipal qui seul peut légalement revenir sur la décision de cession.
Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger est la liste citoyenne et participative présentée par le mouvement Dijon Avenir à l’élection municipale des 15 et 22 mars.
