Les urgences hospitalières de Côte-d’Or seraient aujourd’hui placées dans une situation critique que la CGT qualifie d’« urgence vitale ». Dans un communiqué publié le 10 février à Dijon, le syndicat dresse un constat alarmant sur l’état des hôpitaux publics du département, dénonçant une accumulation de tensions structurelles — manque chronique de moyens, désertification médicale et fermeture de services — qui mettrait en danger à la fois les patients et les professionnels de santé.
Au cœur de cette crise, le CHU de Dijon incarne, selon la CGT, les difficultés grandissantes du système hospitalier. Chaque jour, l’établissement devrait trouver entre 20 et 30 lits afin d’hospitaliser les patients admis aux urgences. Une équation devenue quasi quotidienne : dès le début de la matinée, plusieurs dizaines de personnes seraient déjà en attente d’un lit, parfois depuis la veille. À cette pression s’ajoute un flux constant de nouveaux patients nécessitant une évaluation médicale, souvent contraints d’attendre sur des brancards ou, faute de place, dans les couloirs.
Pour le syndicat, cette saturation chronique n’est pas un phénomène ponctuel mais le symptôme d’un déséquilibre profond de l’offre de soins. Le manque de lits dits « d’aval », indispensables pour orienter les patients après leur passage aux urgences, se conjuguerait à la fermeture de services dans les hôpitaux périphériques. Cette réduction des capacités hospitalières s’inscrirait dans un contexte plus large de désertification médicale, limitant l’accès aux soins de proximité et retardant la prise en charge de pathologies qui arrivent alors aux urgences dans un état aggravé.
La CGT relaie également les alertes de syndicats de médecins urgentistes au niveau national, évoquant entre 1 500 et 2 000 décès évitables par an en France liés aux difficultés matérielles et à la baisse des moyens hospitaliers. Sans établir de lien direct chiffré pour la Côte-d’Or, le syndicat estime que ces données traduisent un risque systémique pesant sur la qualité et la sécurité des soins.
Cette situation aurait aussi un impact humain majeur sur les équipes médicales et paramédicales. Travailler dans des conditions qualifiées de dégradées imposerait aux soignants un rythme incompatible avec leur conception du soin et de la relation aux patients. L’exposition répétée à des situations de tension, la surcharge de travail et le sentiment de ne pas pouvoir garantir une prise en charge optimale contribueraient à une forte charge mentale. Selon la CGT, cette pression favorise l’épuisement professionnel et le burn-out, avec le risque d’un absentéisme croissant qui pourrait fragiliser davantage des effectifs déjà sous tension.
Le syndicat reconnaît que certains efforts ont été réalisés pour renforcer les équipes, mais estime ces améliorations insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Il appelle à la mise en œuvre de solutions immédiates et durables afin de rétablir des conditions d’accueil conformes aux exigences éthiques et à la dignité des patients. Pour la CGT, ces réponses doivent être pensées à l’échelle territoriale, en mobilisant l’ensemble du réseau hospitalier départemental — de Beaune à Châtillon-sur-Seine, en passant par Montbard, Saulieu et Semur-en-Auxois — afin de mieux répartir les prises en charge et d’éviter l’engorgement des urgences dijonnaises.
Au-delà des aspects organisationnels, la CGT inscrit cette crise dans une réflexion plus large sur les choix politiques et budgétaires. Le syndicat regrette le manque d’implication visible des responsables politiques locaux, dont certains président les conseils de surveillance d’établissements hospitaliers. Il les appelle à défendre activement les moyens nécessaires pour répondre aux besoins de santé de la population.
Plus largement, la CGT dénonce une logique budgétaire nationale qu’elle juge défavorable aux services publics de santé. Selon elle, la contrainte financière pesant sur la Sécurité sociale serait régulièrement présentée comme un facteur de déficit public, au détriment d’investissements jugés indispensables. Le syndicat estime que d’autres priorités budgétaires pourraient être arbitrées afin de garantir un financement à la hauteur des enjeux sanitaires.
À travers ce communiqué, la CGT Côte-d’Or entend alerter sur une situation qu’elle considère comme critique, soulignant que la saturation des urgences n’est pas seulement un problème organisationnel mais un enjeu de santé publique. Pour le syndicat, la réponse à cette crise nécessite des décisions structurelles capables de restaurer la capacité du service hospitalier à assurer sa mission première : offrir à chaque patient une prise en charge rapide, digne et sécurisée.
