Le collectif Dijon Populaire, affilié à La France insoumise en Côte-d’Or, a publié un communiqué dénonçant le soutien exprimé par Nathalie Koenders à un projet de loi actuellement débattu au Sénat visant à étendre les prérogatives de la police municipale. Pour ses auteurs, ce texte s’inscrit dans une « fuite en avant sécuritaire » qui ne répondrait pas aux causes profondes de l’insécurité.
Communiqué de presse du 11 février 2026 :
La fuite en avant sécuritaire de Nathalie Koenders : L’ombre de l’ICE plane sur Dijon.
Le 5 février 2026, Nathalie Koenders a publié une vidéo en soutien au projet de loi actuellement débattu au Sénat visant à étendre les prérogatives de la police municipale. Un texte qui, loin d’améliorer la sécurité, propose des mesures dangereuses et irresponsables.
Ce projet vise notamment à conférer aux policiers municipaux des compétences de police judiciaire – telles que la verbalisation pour usage de stupéfiants, conduite sans permis ou vente à la sauvette – ainsi qu’à généraliser l’usage de drones et de caméras piétons.
Nous dénonçons fermement ce texte :
- Sans dimension sociale, il n ’ apporte aucune réponse aux causes profondes de l’insécurité.
- Sans renforcement de la protection juridique et fonctionnelle des agents, il expose des agents non formés à des missions délicates et risquées.
- Sans vision claire de l’articulation entre police municipale et sécurité nationale, il brouille les responsabilités et fragmente le service public.
Ce projet impose davantage de tâches à la police municipale sans aucune contrepartie sociale, statutaire ou sécuritaire réelle. Étendre les compétences ne résout pas les problèmes de fond : c ’ est un danger pour la sûreté des citoyens comme des agents.
Renforcer encore la répression n ’ a jamais fait reculer les violences. À Dijon, malgré une police municipale plus importante que la moyenne nationale et déjà armée, les violences persistent. Et pourtant, la Métropole de Dijon – dont N. Koenders est membre – s ’ engage dans un contrat avec Capgemini, via le projet OnDijon, pour accroître la vidéosurveillance, un dispositif coûteux sans résultats probants.
Rappelons que Capgemini a été impliqué aux États-Unis dans un contrat avec l’ICE, une milice migratoire associée à des violations graves des droits humains, y compris des morts. La municipalité n ’ a pris aucune position claire pour se démarquer de ces pratiques : une complicité silencieuse des drames qui se jouent à Minneapolis.
Dans ce contexte, il est incohérent que Nathalie Koenders affirme que la police municipale ne peut endiguer le narcotrafic, tout en défendant l’élargissement de ses prérogatives après l’avoir dotée d’armes létales.
Nous appelons à une autre vision de la sûreté :
- Une police de proximité, qui crée une relation de confiance avec la population, favorise l’aide, la médiation et la prévention, plutôt que la répression.
- Un investissement réel dans les quartiers populaires, laissés à l’abandon, avec des politiques de prévention et de cohésion sociale.
La sûreté ne se construit pas en multipliant les sanctions et les gadgets technologiques : elle exige du sens, des moyens humains et une politique sociale ambitieuse.
