La présentation du plan Grand Âge du Gouvernement, initialement prévue aujourd’hui, a été repoussée sine die à la suite de l’annonce de la démission de la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées Charlotte Parmentier-Lecoq. Pour l’Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles (UNA), ce report s’apparente à un abandon, tant il paraît désormais illusoire d’espérer, avant les élections présidentielles de 2027, un plan à la hauteur des enjeux démographiques.
Ce nouveau recul constitue un camouflet pour l’ensemble des personnes ayant besoin d’un soutien à l’autonomie du fait du handicap, de la maladie ou du grand âge. Il en est de même pour les professionnels des services et établissements qui les accompagnent au quotidien. Pour UNA, il s’agit d’un épisode supplémentaire de l’aveuglement des forces politiques face à un sujet pourtant annoncé de longue date par de nombreux rapports, études et missions parlementaires.
Les données publiques confirment pourtant l’urgence. Une étude récente de la DREES met en lumière la nécessité de recruter massivement pour maintenir la capacité d’accompagnement de la population en situation de fragilité. Le service statistique du ministère de la Santé estime qu’il faudra créer 365 000 places supplémentaires en Ehpad et embaucher entre 150 000 et 200 000 professionnels dans les établissements et l’aide à domicile pour répondre au vieillissement de la population. La Cour des comptes souligne également de fortes inégalités territoriales dans l’accès aux droits des personnes âgées ou en situation de handicap.
Face à ces constats, la seule réponse semble aujourd’hui être le recul, voire le renoncement. Le secteur de l’autonomie traverse pourtant une crise profonde : établissements et services en difficulté financière, professionnels insuffisamment rémunérés et confrontés à des conditions de travail dégradées, accès inégal aux services pour les personnes concernées, virage domiciliaire à l’arrêt.
UNA rappelle que la création de la branche Autonomie de la Sécurité sociale, il y a cinq ans, portait la promesse de garantir les droits des citoyens les plus fragiles. Cette promesse reste, à ce jour, inachevée. La perspective d’une décentralisation accrue des politiques de l’autonomie fait craindre un affaiblissement de cette cinquième branche au profit des départements, avec le risque d’accentuer les disparités territoriales.
Parce que sa priorité demeure le mieux-être des personnes accompagnées et la garantie d’une véritable universalité des droits, UNA refuse de se résigner. La fédération appelle le Gouvernement à aller au-delà d’un simple plan Grand Âge et demande la présentation rapide, par le Premier ministre, d’un véritable plan Autonomie, construit avec l’ensemble des acteurs du secteur.
À propos de l’UNA
Créée en 1970, l’Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles (UNA) est une fédération à but non lucratif. Mouvement associatif militant, syndicat d’employeurs et réseau d’associations, mutuelles, fondations, services publics territoriaux (CCAS/CIAS) et hospitaliers, UNA représente 559 structures adhérentes employant plus de 62 670 salariés. Ces structures gèrent des services d’aide et d’accompagnement à domicile auprès des personnes vulnérables, des services de soins à domicile (CSI, SSIAD), des services polyvalents d’aide et de soins à domicile (SPASAD), des services d’accompagnement des familles, des dispositifs d’accueil et de garde d’enfants à domicile ainsi que des services à la personne.
