À Chenôve, une publication sur les réseaux sociaux a pris une tournure judiciaire. Ludovic Raillard, 6ᵉ adjoint au maire, délégué à la Vie associative, à la Participation citoyenne, à la Lutte contre les discriminations, à la Propreté et au cadre de vie, fait l’objet d’une plainte avec constitution de partie civile.
Une publication Facebook en cause
Les faits remontent au 19 novembre 2025. Sur son compte Facebook personnel, l’élu a publié un message visant Mohamed Ahmed, dans lequel il revenait de manière détaillée sur son parcours professionnel et politique.
Dans cette publication, Ludovic Raillard évoquait notamment une mise en retraite d’office de l’Éducation nationale pour « insuffisance professionnelle » concernant Mohamed Ahmed. Il faisait également référence à sa situation de logement, affirmant qu’il aurait occupé un appartement de fonction d’instituteur pendant plusieurs années tout en étant parallèlement propriétaire.
Le message dressait par ailleurs un inventaire de ses engagements politiques successifs, mentionnant son passage par différentes formations ou soutiens à diverses personnalités locales, de gauche comme de droite. L’adjoint évoquait également des « amitiés coupables » avec certains membres du Rassemblement national. Le texte se concluait par des interrogations sur une supposée « versatilité », un « manque cruel de convictions » ou une « instabilité psychologique », avant de qualifier Mohamed Ahmed de « triste personnage ».

Une action en justice pour diffamation
Selon nos informations, Mohamed Ahmed considère que plusieurs de ces affirmations portent atteinte à son honneur et à sa considération. Estimant les propos diffamatoires, il a déposé une plainte avec constitution de partie civile.
Cette démarche entraîne l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction chargé d’examiner les faits et de déterminer s’ils constituent une infraction au regard du droit de la presse. Contacté par nos soins, Mohamed Ahmed n’a pas souhaité répondre à nos questions à ce stade de la procédure.
Liberté d’expression et limites du débat politique
Cette affaire relance le débat sur l’usage des réseaux sociaux par les élus locaux. Si la liberté d’expression protège le débat politique, elle connaît des limites, notamment en matière de diffamation publique.
Le juge devra apprécier si les propos relèvent de la critique politique, même vive, ou s’ils constituent l’imputation de faits précis susceptibles de porter atteinte à la réputation de la personne visée.
Dans un contexte politique local déjà marqué par de fortes tensions, cette procédure pourrait avoir des répercussions durables sur la vie publique chenevelière. L’issue judiciaire permettra de déterminer les responsabilités éventuelles et d’éclairer les contours du débat démocratique à l’ère des réseaux sociaux.
