Le 13 février 2026, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a reçu l’ensemble des organisations syndicales de Divia Mobilité pour une réunion consacrée à la sécurité dans les transports en commun. Autour de la table figuraient également le directeur de la police municipale, le responsable de la GSI (Groupe de Surveillance et d’Intervention), des membres du cabinet du maire, ainsi que les représentants syndicaux de l’UNSA, de la CFDT, de la CGT et de FO.
Un constat partagé : incivilités en hausse et climat d’insécurité
Premier point d’accord entre les participants : l’augmentation des incivilités et le sentiment d’insécurité dans les bus et tramways dijonnais sont bien réels.
Selon plusieurs organisations syndicales, cette situation est exacerbée par un manque d’effectifs de la police municipale et une présence jugée insuffisante de la Police nationale, notamment aux horaires et dans les secteurs sensibles : tôt le matin, le dimanche, au terminus de Fontaine d’Ouche ou encore dans le quartier des Tanneries.
Les syndicats estiment que ces créneaux sont particulièrement exposés et nécessitent une vigilance accrue pour protéger à la fois les salariés de Keolis Dijon Mobilités (KDM) et les usagers.
Coordination et moyens : des axes d’amélioration identifiés
Parmi les pistes évoquées, la relance d’un GPO (Groupement Partenarial Opérationnel) fait figure de priorité. Ce dispositif, proposé par la maire, viserait à améliorer la coordination interservices et la fluidité des échanges d’informations entre le PC Divia et les forces de l’ordre.
La question du suivi des sanctions a également été soulevée, tout comme celle des pénalités imposées dans le cadre de la délégation de service public (DSP) en cas de déviation pour raisons de sécurité. Les syndicats demandent davantage de compréhension de la part de la métropole afin que les conducteurs ne soient pas indirectement pénalisés lorsqu’ils privilégient la sécurité.
De son côté, la maire a rappelé qu’une convention avait été signée en 2021, alors qu’aucune présence ponctuelle de policiers municipaux dans les transports n’existait auparavant. La police municipale affirme, pour sa part, assurer déjà des passages, notamment au terminus de Fontaine d’Ouche.
Une brigade dédiée et des patrouilles renforcées ?
Les revendications portées notamment par l’UNSA sont nombreuses :
- Mise en place effective du GPO.
- Création d’une brigade de sécurité dédiée aux transports dijonnais, soutenue par la maire.
- Patrouilles plus fréquentes aux arrêts et stations sensibles.
- Présence renforcée aux horaires à risque (tôt le matin, tard le soir, et surtout le dimanche matin).
- Coordination accrue entre police municipale et police nationale.
- Déploiement ponctuel de la police municipale dans les secteurs identifiés.
- Amélioration de l’éclairage aux arrêts.
- Extension ou modernisation de la vidéosurveillance.
- Aménagements urbains pour limiter les zones isolées, avec une priorité donnée à Fontaine d’Ouche.
Prévention et dissuasion : un volet complémentaire
Au-delà de la répression, les syndicats insistent sur la nécessité d’un travail de prévention :
- Campagnes de sensibilisation contre les violences envers les agents.
- Collaboration avec les établissements scolaires situés à proximité des lignes sensibles.
- Sanctions plus systématiques, facilitation des dépôts de plainte et interdictions de réseau pour les auteurs d’agressions.
- Création d’un comité de suivi sécurité associant les représentants des salariés.
- Mise en place d’une cartographie partagée des incidents afin de cibler plus efficacement les interventions.
Selon l’UNSA, à l’issue de la réunion, la maire a assuré « travailler sur le sujet avec détermination » pour garantir un maximum de sécurité aux salariés de KDM et aux usagers.
Une promesse ministérielle toujours attendue
La maire de Dijon a également rappelé qu’un courrier avait été adressé au ministre de l’Intérieur afin de réclamer la police des transports promise à Dijon par Gérald Darmanin fin 2022. Une annonce qui, à ce jour, n’a pas encore trouvé de traduction concrète sur le terrain.
Une nouvelle réunion est d’ores et déjà prévue en juin 2026 pour faire un point d’étape sur les avancées. Reste une inconnue : se tiendra-t-elle toujours sous l’autorité de Nathalie Koenders ? Les urnes en décideront les 15 et 22 mars prochains, à l’issue des élections municipales. En attendant, les organisations syndicales disent espérer que les engagements pris se traduiront rapidement en actions concrètes. Pour les agents comme pour les usagers, la sécurité ne peut plus attendre.
