Présenté mardi, le bilan 2025 de la sécurité publique et routière en Côte-d’Or dresse un constat contrasté. Si la plupart des indicateurs de la délinquance se stabilisent, voire reculent, certains points noirs demeurent préoccupants : les violences intrafamiliales restent à un niveau très élevé, les cambriolages repartent à la hausse (+14,9%) et le narcotrafic continue d’exercer une pression constante sur le territoire.
Le préfet Paul Mourier, qui présentait ces chiffres aux côtés du procureur de la République Olivier Caracotch, a salué une « délinquance contenue et contrôlée », tout en annonçant que la lutte contre le narcotrafic restera la priorité numéro un en 2026.
Narcotrafic : des résultats spectaculaires, mais une menace persistante
« Il n’y a plus de point de deal fixe en Côte-d’Or à l’heure qu’il est », s’est félicité le préfet. Tous les points identifiés ont été démantelés en 2025, dont cinq dans le quartier sensible des Grésilles, à Dijon. Une action qui aurait permis de « rendre aux habitants leur tranquillité ».
Mais cette offensive n’a pas été sans représailles. Le procureur Olivier Caracotch a évoqué plusieurs attaques contre des bâtiments publics, notamment l’incendie volontaire de la médiathèque au printemps et celui du collège Champollion en décembre. « On a tenté de nous le faire payer », a-t-il souligné.
Les chiffres des saisies témoignent de l’intensité de la lutte menée :
- Près de 2 millions d’euros d’avoirs criminels saisis (+136%)
- Près de 2 tonnes de drogues interceptées (+18%)
Pour les autorités, ces résultats traduisent de « vrais coups portés aux narcotrafiquants ».
Des réseaux qui s’adaptent
Toutefois, les trafiquants modifient sans cesse leurs méthodes. Les échanges se déplacent désormais vers des lieux plus discrets : voitures, appartements ou livraisons à domicile, « comme une pizza quatre fromages », illustre un responsable.
Le général de gendarmerie Christophe Husson pointe également l’émergence de nouvelles routes de la drogue :
- transport ferroviaire
- voies fluviales
- système postal via le commerce en ligne
Face à ces évolutions, l’État entend intensifier les contrôles, notamment via l’escadron départemental de contrôle des flux et les services des douanes. L’objectif est clair : frapper toujours plus fort sur les avoirs criminels, drogue et argent, en coordination étroite avec le parquet pour des réponses judiciaires rapides.
Violences intrafamiliales : un point noir persistant
Si les atteintes aux biens restent globalement stables (+0,6%), la hausse des cambriolages de logements (+14,9%) et des vols sans violences (+10,4%) inquiète.
Les chiffres concernant les atteintes aux personnes sont encore plus sensibles. En 2024, 5 500 atteintes volontaires ont été recensées, soit une augmentation de 4%. Parmi elles :
- près de 1 500 faits de violences intrafamiliales
- une hausse de près de 8% des violences sexuelles
Un « point noir », reconnaît Paul Mourier, qui annonce un renforcement des actions de prévention. L’État entend travailler davantage avec les forces de l’ordre, le monde associatif et le secteur médico-social, jugé « majeur » dans la prise en charge des victimes.
Sécurité routière : des morts en légère hausse
Sur les routes, le bilan est contrasté. Le nombre de tués (23) augmente légèrement en 2025, tout en restant parmi les plus bas jamais enregistrés dans le département.
En revanche, le nombre d’accidents (265) et de blessés (359) connaît une forte hausse. Pour le préfet, ces chiffres traduisent un relâchement des comportements au volant. Il rappelle que la délinquance routière est « une délinquance parmi les autres », tout aussi dangereuse et répréhensible.
À l’aube de 2026, la feuille de route est donc tracée : consolider les résultats obtenus, intensifier la lutte contre le narcotrafic et renforcer la prévention des violences intrafamiliales. Si la délinquance est jugée maîtrisée, les autorités restent en alerte face à des phénomènes qui, eux, ne cessent d’évoluer.
