À l’approche des élections municipales, le climat politique évolue à Dijon. Le Rassemblement Dijonnais, conduit par Thierry Coudert, semble bénéficier d’un contexte national marqué par une transformation progressive de l’image du Rassemblement National.
Depuis plusieurs mois, les enquêtes d’opinion soulignent une tendance : Marine Le Pen et son parti apparaissent moins stigmatisés qu’auparavant dans une partie de l’opinion publique. Ce phénomène, souvent qualifié de « dédiabolisation », se traduit par un recul des perceptions les plus négatives associées au RN. La proportion de Français considérant le parti comme intrinsèquement dangereux pour la démocratie ou systématiquement assimilé à l’extrême droite tend à diminuer, même si le débat reste vif.
Un changement visible sur le terrain
Cette évolution se constate également dans la pratique militante. Il y a encore quelques années, les déplacements de candidats du Rassemblement National donnaient fréquemment lieu à des contre-manifestations. Les réunions publiques pouvaient être perturbées et la tension était parfois palpable, notamment dans certains quartiers populaires où la présence du parti suscitait de vives oppositions.
Aujourd’hui, le climat semble sensiblement différent. Le 19 février 2026, Thierry Coudert organisait un café-débat au cœur du quartier de Fontaine d’Ouche, à Dijon. Une initiative symbolique dans ce secteur emblématique de la ville.
« Premier café de quartier avec les habitants de la Fontaine d’Ouche. Un plaisir d’échanger sur leurs difficultés, mais surtout de coconstruire l’avenir de ce quartier, qui mérite de trouver un nouveau souffle », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux du mouvement.

Pour les soutiens du Rassemblement Dijonnais, cette séquence marque un véritable tournant. Là où, autrefois, la venue d’un candidat du Rassemblement National dans certains quartiers pouvait susciter des tensions ou des oppositions organisées, la rencontre organisée à Fontaine d’Ouche s’est déroulée dans un climat apaisé.
Selon eux, cet accueil traduit une évolution des mentalités. Le mouvement ne serait plus perçu comme un acteur extérieur ou indésirable, mais comme une formation politique légitime, venue débattre et écouter les habitants. Cette normalisation de sa présence ne concernerait pas uniquement Fontaine d’Ouche, mais également d’autres quartiers de Dijon, où les échanges se tiennent désormais sans heurts majeurs.
Les soutiens locaux y voient le signe d’une implantation progressive et d’un changement d’image. À leurs yeux, le Rassemblement national est aujourd’hui accueilli comme n’importe quelle autre formation politique, pouvant organiser des réunions publiques, rencontrer les habitants et présenter ses propositions sans susciter de rejet systématique.
Une stratégie centrée sur la sécurité
Dans cette campagne municipale, Thierry Coudert met l’accent sur la sécurité, thématique qu’il considère prioritaire pour les Dijonnais. Renforcement de la police municipale, déploiement accru de la vidéoprotection, coopération renforcée avec les services de l’État : son programme entend répondre aux préoccupations liées aux incivilités et à la délinquance.
Ce positionnement le place en concurrence directe avec Emmanuel Bichot, qui développe également un discours axé sur l’ordre public. Cette convergence thématique pourrait redistribuer les cartes au sein de l’électorat de droite et du centre droit.
Beaucoup, aujourd’hui, estiment que le Rassemblement Dijonnais pourrait jouer un rôle déterminant, voire créer la surprise, dans un scrutin où les équilibres restent ouverts.
Un parcours institutionnel solide
Thierry Coudert met en avant un parcours de plus de quarante ans au service de l’État. Ancien préfet de l’Eure et de Seine-et-Marne, il a occupé de nombreuses fonctions à responsabilité :
- Directeur de cabinet de Brice Hortefeux, ministre des Collectivités territoriales puis de l’Immigration ;
- Directeur général d’une administration sanitaire ;
- Délégué aux coopérations de sécurité auprès du ministre de l’Intérieur ;
- Inspecteur général de l’administration.
Passionné de culture, il a présidé le musée national Jean-Jacques Henner de 2007 à 2016 et siégé dans plusieurs conseils d’administration d’institutions culturelles parisiennes. Auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux collectivités locales et à la politique culturelle, publiés notamment chez Flammarion et Tallandier, il revendique une double expertise administrative et intellectuelle.
Son engagement politique n’est pas récent. Conseiller de Paris de 2008 à 2014, vice-président du groupe UMP à l’époque, membre du conseil national de cette formation, il siège aujourd’hui au bureau politique de l’UDR en qualité de délégué national. En 2024, il était candidat aux élections législatives dans la 3e circonscription de la Côte-d’Or, scrutin qu’il a perdu face à un front républicain rassemblant plusieurs forces politiques.
Officier de la Légion d’honneur et commandeur des Arts et des Lettres, officier de réserve et ancien auditeur de l’IHEDN, Thierry Coudert met en avant une expérience qu’il juge précieuse pour gérer une grande ville comme Dijon. Père de deux enfants et plusieurs fois grand-père, il insiste également sur son attachement aux valeurs familiales et à la transmission.
Une campagne à suivre
La campagne municipale dijonnaise s’annonce disputée. Si la dynamique nationale du Rassemblement national constitue un atout potentiel, les élections locales obéissent à des logiques propres : bilan de la majorité sortante, personnalités en présence, alliances de second tour.
Quoi qu’il advienne, un constat s’impose : le paysage politique a évolué. La « dédiabolisation » du Rassemblement national, perceptible dans les enquêtes comme sur le terrain, modifie les rapports de force et les stratégies. À Dijon, Thierry Coudert entend transformer cette évolution en dynamique électorale. Reste à savoir si les urnes confirmeront cette progression.
