L’association CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie) de Côte-d’Or réagit à l’ouverture, ce mercredi, d’un espace de vente de la plateforme d’ultra-fast fashion Shein au sein du BHV Dijon. Cette implantation s’inscrit dans un déploiement national touchant plusieurs villes françaises, après une première installation à Paris.
Si cette ouverture illustre l’évolution rapide des modes de consommation et la montée en puissance du commerce en ligne, elle suscite également de nombreuses interrogations pour les consommateurs, l’environnement et l’économie locale.
Un modèle économique fondé sur l’ultra-fast fashion
Contrairement aux enseignes traditionnelles, Shein repose sur un modèle industriel entièrement piloté par les données numériques. La marque propose en permanence des milliers de nouveaux articles, produits en très petites séries puis réassortis en fonction des ventes observées en ligne.
Ce fonctionnement permet d’afficher des prix extrêmement bas et d’accélérer la rotation des collections, encourageant des achats fréquents et souvent impulsifs.
Pour la CLCV, ce modèle d’« ultra-fast fashion » participe à une logique de mode jetable et de surproduction textile, déjà dénoncée par de nombreux acteurs économiques et associatifs.
Des impacts environnementaux majeurs
L’industrie textile représente entre 4 % et 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’accélération des cycles de production, caractéristique de l’ultra-fast fashion, accentue la pression sur les ressources naturelles et contribue à la multiplication des déchets.
Plusieurs analyses pointent que le modèle de Shein, fondé sur des volumes très élevés et des prix très faibles, participe à l’augmentation des émissions carbone et à l’accumulation de déchets textiles, dont une part importante finit rapidement jetée ou inutilisée.
Pour la CLCV de Côte-d’Or, l’implantation physique de telles enseignes pose la question de la cohérence entre les engagements climatiques affichés à l’échelle nationale et la promotion de modèles de consommation fortement émetteurs.
Des interrogations sur les conditions de fabrication
L’association rappelle également que de nombreux rapports d’ONG et enquêtes journalistiques ont soulevé des préoccupations concernant certaines chaînes d’approvisionnement liées à l’ultra-fast fashion : horaires de travail excessifs, faibles rémunérations ou manque de transparence sur les sites de production.
Par ailleurs, Shein fait actuellement l’objet d’une attention accrue des autorités européennes concernant la conformité de certains produits ainsi que le respect des règles applicables aux plateformes numériques et à la protection des consommateurs.
Un impact économique local à questionner
L’arrivée d’acteurs internationaux capables de proposer des prix très bas grâce à une production mondialisée interroge également l’équilibre commercial local. Les professionnels du textile dénoncent depuis plusieurs années une concurrence reposant sur des standards sociaux et environnementaux différents de ceux imposés aux entreprises européennes.
La CLCV rappelle que le prix affiché d’un produit ne reflète pas toujours son coût réel pour la société : impact écologique, conditions de travail, durabilité ou gestion des déchets restent largement invisibles pour le consommateur, qui peut au final dépenser autant, voire davantage, en croyant gagner en pouvoir d’achat.
Informer pour permettre un choix éclairé
L’association ne remet pas en cause la liberté de consommer. Elle estime toutefois indispensable que les consommateurs disposent d’une information complète et transparente sur :
- l’origine des produits,
- leur composition,
- leur durabilité réelle,
- leurs impacts environnementaux et sociaux.
Face à l’essor de l’ultra-fast fashion, la CLCV appelle les pouvoirs publics et les distributeurs à renforcer l’information des consommateurs et à encourager des pratiques commerciales plus responsables.
