La rentrée scolaire 2026 s’annonce sous le signe de la contestation. Les organisations syndicales de l’Éducation nationale dénoncent un plan massif de suppressions de postes et appellent à une mobilisation générale dans les prochaines semaines. Selon les chiffres désormais confirmés par le ministère, 4 018 emplois d’enseignant·es seront supprimés dans le premier et le second degré, dont 3 256 dans le public, hors postes liés à la réforme des concours. Pour les syndicats, ces données illustrent une politique budgétaire jugée brutale et incohérente.
Dans l’académie de Dijon, la baisse des moyens se traduit concrètement par la suppression de 164 postes. Le premier degré est particulièrement touché avec 81 postes supprimés, dont 33 en Côte-d’Or, tandis que le second degré devra rendre 83 postes. Des chiffres qui inquiètent fortement les équipes éducatives, déjà confrontées à des tensions de remplacement et à des conditions d’enseignement dégradées.
Les organisations syndicales dénoncent des conséquences directes sur le terrain : fermetures de classes, voire d’écoles, multiplication des postes partagés entre plusieurs établissements et réduction de l’offre de formation. Pour les élèves, ces suppressions risquent d’entraîner une augmentation des effectifs par classe et un creusement des inégalités territoriales et sociales. « Supprimer des emplois, c’est diminuer l’offre de formation », alertent-elles, estimant que la qualité du service public d’éducation est menacée.
Le gouvernement justifie en partie ces choix par l’évolution démographique, marquée par une baisse du nombre d’élèves à la rentrée 2026. Mais pour les syndicats, cet argument ne tient pas. Ils rappellent que lorsque la démographie était en hausse, des postes avaient également été supprimés. À leurs yeux, la baisse actuelle des effectifs aurait pu constituer une opportunité pour réduire le nombre d’élèves par classe, renforcer les dispositifs d’accompagnement et améliorer le remplacement. Au lieu de cela, ils dénoncent une logique strictement budgétaire et « court-termiste ».
Au-delà des postes d’enseignants, les syndicats soulignent le manque criant de personnels dans de nombreux métiers de l’Éducation nationale : conseillers principaux d’éducation, psychologues de l’Éducation nationale, assistants d’éducation, accompagnants d’élèves en situation de handicap, infirmier·es et assistant·es de service social. Selon eux, les besoins sont avérés, notamment pour assurer une école réellement inclusive et garantir un suivi individualisé des élèves.
La question salariale alimente également la colère. Le projet de budget maintient le gel du point d’indice et ne prévoit aucune mesure de revalorisation catégorielle. Les organisations syndicales dénoncent un déclassement progressif des personnels et refusent que leurs rémunérations dépendent d’hypothétiques marges budgétaires. Elles revendiquent une augmentation générale des salaires via la revalorisation du point d’indice.
Dans ce contexte, la mobilisation s’organise en Côte-d’Or. Les syndicats appellent les personnels et les parents d’élèves à se réunir pour débattre des conditions de la rentrée 2026. Une assemblée générale intersyndicale est prévue le lundi 9 mars à 17 h 30 dans les locaux de la FSU à Dijon. Une journée de grève est d’ores et déjà annoncée pour le 19 mars, avec des rassemblements devant les établissements le matin et une manifestation devant le rectorat à 14 h 30. Certains établissements, notamment à Is-sur-Tille, sont déjà engagés dans la mobilisation.
Les organisations syndicales exigent l’annulation des suppressions de postes et la création des emplois nécessaires pour améliorer les conditions d’apprentissage et de travail. Elles appellent à une mobilisation massive pour défendre ce qu’elles considèrent comme un pilier du service public. À quelques mois de la rentrée 2026, le bras de fer entre le ministère et les personnels de l’Éducation nationale semble désormais engagé.
