Une mobilisation nationale est annoncée dans le secteur social et médico-social. Les syndicats CFDT et CGT de l’Acodège appellent l’ensemble des salariés à se mobiliser le 10 mars 2026 à 14 heures devant la préfecture de Dijon, afin d’alerter sur ce qu’ils décrivent comme une situation sociale devenue critique. Cette mobilisation vise à dénoncer la stagnation des salaires, la dégradation des conditions de travail et le manque de reconnaissance des professionnels du secteur.
Selon les syndicats, l’absence de négociations salariales depuis près de deux ans alimente un profond malaise parmi les travailleurs sociaux et les personnels du médico-social. Ils estiment que cette situation ne reflète pas la réalité vécue par les salariés, confrontés à des fins de mois de plus en plus difficiles. « Pendant ce temps, les salariés s’appauvrissent », dénoncent-ils, évoquant un décalage grandissant entre les difficultés quotidiennes des professionnels et les décisions prises au niveau des employeurs de la branche.
Les organisations syndicales mettent également en avant l’impact de l’augmentation généralisée du coût de la vie. Les prix de l’alimentation, du logement, des transports ou encore de l’énergie ont fortement progressé ces dernières années, alors que les salaires dans le secteur social et médico-social sont restés largement stagnants. Selon les syndicats, certains salariés percevraient même aujourd’hui des rémunérations conventionnelles inférieures au SMIC, une situation jugée inacceptable pour des métiers essentiels au fonctionnement de la solidarité nationale.
Au-delà de la question salariale, les syndicats décrivent une dégradation plus globale des conditions de travail. Les professionnels du secteur évoquent un manque de moyens, des injonctions contradictoires dans les missions quotidiennes, ainsi qu’un déficit de reconnaissance de leurs compétences et de leur engagement. Ces difficultés, expliquent-ils, favorisent la démotivation des équipes, une hausse du turn-over et une augmentation des risques psychosociaux dans les établissements et services.
Les conséquences ne se limiteraient pas aux seuls salariés. Pour les syndicats, cette situation affecte également la qualité de l’accompagnement proposé aux publics les plus fragiles. Les travailleurs sociaux, les personnels administratifs, les agents d’entretien, les surveillants de nuit ou encore les professionnels en début de carrière sont directement concernés par ces difficultés, qui peuvent fragiliser l’organisation des structures et la continuité des accompagnements.
Les tensions actuelles sont également liées au projet de Convention Collective Unique Étendue (CCUE) actuellement discuté dans la branche sociale et médico-sociale. Les syndicats craignent que ce projet ne réponde pas aux attentes des salariés si la question des rémunérations n’est pas traitée de manière prioritaire. Ils dénoncent notamment la décision des employeurs de reporter toute négociation salariale jusqu’en 2028, une perspective qu’ils jugent incompatible avec l’urgence sociale actuelle.
Face à cette situation, les organisations syndicales formulent plusieurs revendications. Elles demandent notamment des augmentations significatives des salaires afin de compenser la perte de pouvoir d’achat accumulée depuis plusieurs décennies. Elles réclament également l’arrêt de la financiarisation et de la marchandisation du secteur social, ainsi que la mise en place d’une convention collective unique garantissant un haut niveau de protection et de reconnaissance pour les professionnels.
La journée du 10 mars 2026 doit ainsi permettre aux salariés du secteur social et médico-social de faire entendre leur voix. Les syndicats appellent les professionnels à se mettre en grève et à se rassembler devant les préfectures, munis d’affiches et de banderoles. Pour eux, cette mobilisation est devenue nécessaire afin d’obtenir une véritable reconnaissance des métiers du social et du médico-social et d’ouvrir des négociations sur les conditions de travail et les rémunérations.
D.B
