À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, l’association La Cimade en Bourgogne-Franche-Comté interpelle les candidat·es et futur·es élu·es. Dans un communiqué publié le 6 mars, l’organisation demande aux responsables politiques locaux de s’engager en faveur du respect des droits fondamentaux des personnes migrantes et de mettre en œuvre des politiques publiques municipales « accueillantes et inclusives ».
Présente dans toute la région, La Cimade rappelle qu’elle agit quotidiennement pour défendre les droits et la dignité des personnes étrangères vivant en France. Si la politique migratoire relève de l’État, l’association souligne que les collectivités locales disposent de leviers importants pour favoriser l’intégration et lutter contre l’exclusion sociale.
« Les élu·es locaux ont un pouvoir d’agir », insiste l’organisation, qui appelle les municipalités et intercommunalités à utiliser leurs compétences pour soutenir des initiatives concrètes sur leur territoire.
Un appel à lutter contre les discours stigmatisants
Dans son communiqué, La Cimade encourage également les candidat·es à adopter une parole claire face aux discours racistes ou extrémistes. L’association dénonce les propos qui font des personnes étrangères des « boucs émissaires des maux de notre société ».
Selon elle, les personnes migrantes font déjà pleinement partie du tissu social et économique local. « Elles travaillent et participent à la vie locale », rappelle le texte, estimant qu’un accueil digne constitue une condition essentielle à leur intégration.
Des propositions concrètes pour les communes
L’association affirme que des politiques inclusives bénéficient à l’ensemble des habitants d’un territoire et cite l’exemple de communes qui ont déjà développé des initiatives « innovantes et ambitieuses ».
Parmi les mesures proposées, La Cimade recommande notamment de renforcer l’accueil dans les centres communaux ou intercommunaux d’action sociale (CCAS et CIAS), avec un accompagnement social adapté, la domiciliation des personnes sans adresse stable et un meilleur accès à l’aide alimentaire et matérielle.
L’organisation plaide aussi pour le développement de solutions d’hébergement d’urgence et d’insertion, notamment par l’identification de logements vacants ou la mise en place de prêts de biens immobiliers afin de garantir un accueil dans des logements décents.
Autre priorité : la mobilité. La Cimade propose la mise en place d’offres de transports gratuits, y compris dans les zones rurales et périurbaines, afin de faciliter l’accès à l’emploi, aux services et aux écoles.
Accès à la langue et aux services publics
Le communiqué insiste également sur l’importance de l’apprentissage du français, avec le développement d’offres municipales ou intercommunales et le soutien aux associations qui organisent des cours.
Enfin, l’association appelle les collectivités à garantir l’accès de toutes et tous aux services publics municipaux, en particulier aux équipements culturels et sportifs, afin de favoriser l’égalité d’accès aux droits.
« Se mobiliser » pour des politiques inclusives
À quelques jours du premier tour des municipales, La Cimade conclut en appelant les citoyens à se mobiliser. « Des actions concrètes en faveur de l’inclusion bénéficient à l’ensemble des habitant·es », affirme l’organisation, qui espère voir émerger, après les élections, des politiques locales davantage tournées vers l’accueil et l’intégration.
Communiqué de presse du 6 mars 2026 :
A l’occasion des élections municipales qui auront lieu les 15 et 22 mars 2026, nous, membres de La Cimade en Bourgogne Franche-Comté, demandons aux candidat.es et futur.es élu.es d’agir en faveur du respect des droits fondamentaux des personnes migrantes par la mise en œuvre de politique publiques municipales accueillantes et inclusives.
Au quotidien, à travers la région, La Cimade s’efforce de défendre les droits et la dignité des personnes étrangères en France.
Si l’Etat est responsable des politiques migratoires, les élu.es locaux ont un pouvoir d’agir en vertu des compétences des municipalités et des intercommunalités pour mettre en œuvre des politiques publiques d’intégration et de lutte contre l’exclusion sociale sur leur territoire.
La Cimade encourage les candidat.es et futur.es élu.es à porter une parole forte, en lien avec les forces démocratiques du territoire, pour dénoncer les discours racistes, extrémistes qui désignent les personnes étrangères en boucs émissaires des maux de notre société.
Les personnes étrangères font partie intégrante de notre société. Ils et elles travaillent et participent à la vie locale. Les accueillir dignement est un préalable à leur intégration sur le territoire.
Nous sommes convaincu.es que des actions concrètes en faveur de l’inclusion bénéficient à l’ensemble des habitant.es d’un territoire.
C’est possible ! De nombreuses communes et intercommunalités ont développé des actions innovantes et ambitieuses, conscientes de l’importance de l’intégration de toutes les personnes qui résident sur leur territoire.
1/ Renforcer l’accueil dans les centre communaux ou intercommunaux (CCAS, CIAS)
– Un accompagnement social et personnel adapté
– La domiciliation de toutes les personnes
– L’accès à une alimentaire et matérielle
2/ Créer des dispositifs d’hébergement d’urgence et d’insertion, de soutien à l’accès et au maintien dans le logement
– Identification des logements vacants
– Mise en place de commodats (prêts de biens immobiliers)
– Pour un accueil digne dans des logements décents
3/ Proposer une offre de transports gratuits, y compris en milieu rural et dans les communes périurbaines pour
– Favoriser le choix du lieu de vie
– Soutenir une vitalité de l’économie, des écoles et des services sur l’ensemble du territoire
4/ Favoriser l’accès à la langue française
– En développant une offre publique municipale ou intercommunale d’apprentissage de la langue
– En soutenant les actions d’apprentissage du français dans les associations
5/ Garantir l’accès de toutes et tous aux services publics municipaux
– Pour l’accès aux droits de toutes et tous
– Par un accès inconditionnel aux structures culturelles et sportives
POUR DES POLITIQUES MUNICIPALES INCLUSIVES
MOBILISONS-NOUS LES 15 ET 22 MARS
