La liste citoyenne Dijon Avenir accuse nos confrères de France 3 Bourgogne d’avoir favorisé la maire sortante lors du débat télévisé des municipales organisé le 4 mars. Dans un communiqué, ses représentants dénoncent un dispositif qui aurait accordé un temps de parole largement supérieur à Nathalie Koenders, au détriment de leur candidat, Rémi Goguel.
Communiqué de presse du 10 mars 2026 :
Débat télévisé des municipales à Dijon : France 3 favorise largement Mme Koenders, au mépris de la pluralité du débat démocratique !
Nous revenons sur le cadre et le déroulement du débat des municipales organisé par France 3 le 4 mars 2026, pour éclairer les électeur·ice·s sur ce moment médiatique déséquilibré. Nous dénonçons le choix fait par la rédaction avant le débat, d’accorder un temps de parole très supérieur à Mme Koenders, et très inférieur au candidat de notre liste Dijon Avenir. A l’inverse de l’ensemble des autres médias locaux couvrant la campagne, qui ont tous choisi de respecter l’égalité des temps de parole et d’exposition.
Dijon Avenir invité… sur un strapontin
Le 24 février, notre tête de liste Rémi Goguel a reçu une invitation à participer au débat télévisé du 4 mars, traditionnel temps fort médiatique d’une campagne. Signée du rédacteur en chef de France 3 Bourgogne, cette invitation ne disait rien du cadre et de l’animation du débat.
Quelques jours plus tard, l’animateur du débat a contacté notre tête de liste par téléphone pour lui en présenter le déroulement. Il lui a notamment expliqué que l’invitation du candidat de Dijon Avenir n’avait pas été envisagée initialement, mais que la rédaction avait finalement décidé de nous inviter, au regard de notre spécificité de liste citoyenne, de notre présence forte dans la campagne et de l’écho que commençait à avoir Dijon Avenir en ville.
Enfin, il lui a annoncé que la recommandation de l’Arcom n’imposant pas d’égalité des temps de parole mais un simple principe d’équité, la rédaction avait fait le choix d’accorder à Mme Koenders un temps de parole supérieur à tous les autres candidats, et au candidat de Dijon Avenir un temps bien inférieur aux autres. Il a demandé à notre candidat s’il acceptait bien cette règle, en sous-entendant que c’était à prendre ou à laisser pour participer au débat.
Tout en s’étonnant ouvertement de ce traitement différencié, notre candidat en a accepté le principe… du bout des lèvres 😉
Recommandation Arcom
Dans les jours suivants, la réflexion collective nous a amené à considérer que cet avantage donné à Mme Koenders, qui bénéficie déjà à la fois d’une forte notoriété du fait de sa fonction, et d’une large exposition médiatique, n’était pas acceptable, encore plus sur une chaîne du service public censée contribuer à la pluralité et à l’équilibre du débat démocratique. D’autant que l’Arcom recommande aux médias de “tenir compte de la contribution de chacune des listes de candidats et des partis ou groupements qui les soutiennent à l’animation du débat électoral.” De ce point de vue, après deux années de rencontre avec les habitant·e·s, notre liste Dijon Avenir s’est engagée pleinement et de manière très active dans les débats de cette campagne.
Aussi notre candidat a été mandaté pour ne pas se contenter du strapontin proposé par la rédaction de France 3, et pour participer au mieux au débat plutôt que de simplement compter les points entre les politicien·ne·s.
Comment s’est passé ce débat ?
Comme des téléspectateur·ice·s ont pu le percevoir, cela n’a pas été simple pour notre candidat Rémi Goguel, l’animateur l’interrompant souvent et rapidement lors de ses prises de parole, tandis qu’il laissait Mme Koenders dérouler tranquillement ses propositions et répondre à ses adversaires, sans jamais l’interrompre. Au moins le représentant de Dijon Avenir a-t-il pu mettre Mme Koenders en difficulté en révélant la contradiction flagrante entre sa promesse de ne plus artificialiser la pleine terre, et le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) qu’elle a adopté le 11 février et qui programme l’artificialisation de 25 hectares de pleine terre dans les 20 ans qui viennent à Dijon, et 190 ha sur la Métropole.
A l’issue du débat, notre candidat a pu échanger avec le rédacteur en chef de France 3. Celui-ci lui a reproché de ne pas avoir respecté la “règle du jeu” fixée, en ayant cherché à dépasser son temps de parole prévisionnel, qui d’ailleurs à aucun moment ne lui avait été annoncé au-delà de cette formulation floue “Koenders parlera plus que les autres et vous moins” !
France 3 accorde une prime au sortant
Il a rappelé à notre candidat que la recommandation d’équité de l’Arcom invite les médias à tenir compte du poids politique des différentes formations en lice et de leurs résultats aux précédentes élections. S’appuyer sur les élections passées pour déterminer les temps de paroles en vue d’une élection à venir, nous semble relever d’une étrange conception de la pluralité du débat démocratique. Cette “prime au sortant” est assurément la meilleure façon de s’assurer que les choses ne changent pas, en limitant fortement l’exposition et la parole des nouveaux entrants dans les élections locales, alors même que leurs propositions sont les moins connues des électeurs et auraient donc besoin d’être rendues plus visibles par les médias.
De ce point de vue, nous trouvons par ailleurs parfaitement anormal que deux listes candidates à l’élection municipale n’aient pas été invitées à ce débat télévisé : Lutte Ouvrière représentée par Claire Rocher et le Parti des Travailleurs représenté par Camille Joyeux.
Le rédacteur en chef a également indiqué que c’est lui qui donnait les consignes dans l’oreillette à l’animateur, lui demandant à plusieurs reprises d’interrompre rapidement notre candidat pour l’empêcher de sortir du petit espace qui lui avait été réservé.
Rémi Goguel lui a répondu qu’à partir du moment où la chaîne avait choisi de l’inviter, elle se devait de lui accorder, comme aux autres candidats, un temps de parole équivalent à celui de Mme Koenders.
Le rédacteur en chef lui a signalé qu’il avait finalement bénéficié d’un temps de parole nettement supérieur à celui qui était prévu… ainsi si notre candidat avait cédé aux interruptions permanentes de l’animateur, il aurait passé l’essentiel du débat en position de spectateur !
Au final, le décompte effectué par notre équipe montre que Rémi Goguel a eu 2 à 3 fois moins de temps de parole que Mme Koenders, selon que l’on comptabilise (ou non) certaines de ses interventions rendues peu audibles parce que couvertes par les interruptions fréquentes de l’animateur. Finalement, la ficelle assez grossière n’a pas dû tromper beaucoup de téléspectateur·ice·s.
Enfin, il faut souligner que les autres médias locaux se sont globalement tenus au respect du principe d’égalité des temps de parole et d’exposition, manifestement plus soucieux que France 3 de respecter la pluralité du débat démocratique.
Dijon Avenir
Rémi Goguel, tête de liste, candidat à la fonction de Maire de Dijon
Mathilde Mouchet, n° 2, candidate à la fonction de Présidente de la Métropole
