À l’approche de la mobilisation intersyndicale prévue le 19 mars pour la défense du service public d’éducation, la CGT des territoriaux de la Ville de Dijon annonce se joindre au mouvement. Le syndicat souhaite toutefois que les revendications portées lors de cette journée de mobilisation prennent pleinement en compte la situation des personnels territoriaux intervenant dans les écoles et sur les temps périscolaires.
Sont notamment concernés les ATSEM, les agents de restauration scolaire, les agents techniques ainsi que les personnels de l’enfance et de l’éducation. Selon la CGT, les remontées de terrain mettent en évidence une dégradation préoccupante des conditions de travail dans plusieurs secteurs.
Des missions en constante évolution pour les ATSEM
Concernant les ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles), les échanges récents entre le syndicat et les agentes ont permis de dresser un constat partagé : le métier évolue fortement tandis que la reconnaissance peine à suivre.
Aujourd’hui, expliquent-elles, les ATSEM assurent bien davantage que les missions initialement prévues. Elles doivent s’adapter en permanence entre les temps scolaires et périscolaires, tout en répondant à des exigences croissantes dans l’accompagnement des enfants.
Les agentes évoquent également une pénibilité importante. Celle-ci se traduit notamment par une exposition quotidienne à des niveaux sonores élevés, que ce soit en classe, lors des temps de restauration ou des activités périscolaires. À cela s’ajoute une usure physique liée aux postures à hauteur d’enfant, aux manutentions répétées et au manque de matériel ergonomique adapté.
La charge mentale est également pointée : la vigilance permanente et les responsabilités liées à la sécurité des enfants entraînent une fatigue psychologique durable.
Le phénomène du présentéisme
Autre sujet d’inquiétude soulevé par les ATSEM : l’apparition d’un présentéisme pathologique, c’est-à-dire le fait de venir travailler malgré la maladie. Selon les agentes, ce phénomène s’explique par un sentiment de culpabilité lié à la difficulté d’être remplacé, mais aussi par la perte de salaire importante en cas d’absence.
La multiplication des missions — entre activités périscolaires, projets pédagogiques et accompagnement d’enfants à besoins spécifiques — contribuerait par ailleurs à une perte de sens du métier.
Fatigue généralisée dans la restauration et les services techniques
Du côté de la restauration scolaire et des services techniques, la CGT évoque également un état de fatigue généralisé parmi les agents. Le syndicat souligne qu’il ne s’agit pas de situations isolées mais d’un climat plus global de souffrance au travail.
Les agents concernés décrivent une intensification du travail et des contraintes physiques importantes, dans un contexte où les moyens humains restent jugés insuffisants.
Des difficultés persistantes dans le périscolaire
Les personnels intervenant dans le périscolaire et l’extrascolaire rencontrent eux aussi plusieurs difficultés. Certaines équipes doivent gérer des groupes d’enfants nécessitant un encadrement renforcé, sans disposer toujours des moyens adaptés.
Les animateurs pointent également des perspectives d’évolution professionnelle limitées, ce qui alimente un sentiment de démotivation. Le métier, en pleine évolution avec la multiplication des projets éducatifs, souffrirait selon eux d’un manque de reconnaissance et de moyens.
Les revendications de la CGT
Face à ces constats, la CGT des territoriaux de Dijon formule plusieurs revendications. Le syndicat demande notamment :
- davantage de moyens humains dans les écoles, les accueils périscolaires et les restaurants scolaires ;
- une reconnaissance réelle du travail réalisé auprès des enfants, notamment ceux en situation de handicap ;
- l’ouverture d’une réflexion sur la réduction du temps de travail pour ces métiers considérés comme particulièrement pénibles.
Dans ce contexte, la CGT estime que la mobilisation du 19 mars doit également permettre de rendre visibles les réalités vécues par les personnels territoriaux, qui participent quotidiennement au fonctionnement du service public d’éducation.

