La journée de grève dans l’Éducation nationale, organisée jeudi 19 mars, a trouvé un écho en Côte-d’Or. À Dijon, 330 personnes ont manifesté selon les services de police (400 selon la CGT) pour dénoncer les suppressions de postes et les conditions de travail dans les établissements scolaires. Dès le début d’après-midi, les manifestants se sont rassemblés place de la Libération avant de s’élancer en cortège. Ils ont battu le pavé depuis la place de la Libération jusqu’au rectorat, affichant leur détermination à faire entendre leurs revendications dans un contexte de forte tension avec le ministère de l’Éducation nationale.
Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement national d’ampleur, à l’appel de plusieurs organisations syndicales. Dans toute la Côte-d’Or, écoles, collèges et lycées ont été fortement perturbés. Dans l’académie de Dijon, la participation s’annonçait particulièrement suivie, signe d’un malaise profond au sein de la communauté éducative.
À l’origine de la colère, les annonces budgétaires pour la rentrée 2026. Le ministère prévoit la suppression de 4 018 postes d’enseignants, dont 3 256 dans l’enseignement public. Pour les syndicats, ces chiffres confirment une réduction continue des moyens humains et traduisent une politique éducative qu’ils jugent déconnectée des besoins du terrain.
Les critiques sont d’autant plus vives localement que l’académie de Dijon est directement touchée. Elle devra rendre 164 postes, dont 81 dans le premier degré (33 en Côte-d’Or) et 83 dans le second degré. Des suppressions qui pourraient se traduire par des fermetures de classes, une hausse des effectifs et des conditions d’enseignement dégradées.
Au-delà des chiffres, les organisations syndicales dénoncent une logique budgétaire qu’elles jugent incohérente. Elles contestent notamment l’argument de la baisse démographique, estimant qu’elle devrait être l’occasion d’améliorer l’encadrement des élèves plutôt que de réduire les moyens. Selon elles, ces décisions risquent d’aggraver les difficultés déjà existantes dans le système éducatif.

Les conséquences pour les élèves sont également au cœur des préoccupations. Des classes plus chargées et un suivi moins individualisé pourraient accentuer les inégalités scolaires, notamment dans les territoires les plus fragiles. Les syndicats alertent sur un risque de dégradation durable du service public d’éducation. À ces inquiétudes s’ajoute la question des salaires. Le budget 2026 ne prévoit pas de revalorisation significative et maintient le gel du point d’indice. Une situation que les personnels jugent de plus en plus difficile à accepter, évoquant un déclassement progressif de leur profession.
Face à cette accumulation de tensions, la mobilisation pourrait se poursuivre dans les semaines à venir. Les syndicats réclament l’annulation des suppressions de postes, des créations d’emplois et des moyens supplémentaires pour garantir une école publique de qualité. Pour les manifestants présents jeudi à Dijon, l’enjeu dépasse la seule rentrée 2026 : il s’agit de défendre l’avenir du service public d’éducation et l’égalité des chances.
















