La venue de Marion Maréchal à Dijon, ce jeudi 19 mars, n’est pas passée inaperçue. Dès son arrivée en gare, peu après 16h30, un important dispositif de sécurité était déployé. Plusieurs dizaines de policiers, en tenue et en civil, étaient présents pour encadrer ce déplacement sensible en pleine campagne municipale. À peine descendue du train, l’eurodéputée a rapidement pris la direction du centre-ville. Escortée, elle a rejoint la place Grangier où elle a déposé ses affaires à l’hôtel Ibis, où elle devait passer la nuit.
Fait notable, Marion Maréchal a ensuite choisi de parcourir à pied les rues du centre de Dijon. Accompagnée de Thierry Coudert, tête de liste du Rassemblement dijonnais, d’Antoine Camus et de plusieurs colistiers, elle a emprunté la rue de la Liberté.
Le groupe s’est dirigé jusqu’à l’hôtel de ville, où une photo a été prise sur le parvis. Un geste qui peut apparaître comme un clin d’œil politique, alors que la maire sortante, Nathalie Koenders, menait au même moment une opération de tractage place Darcy, à quelques deux jours du second tour des élections municipales prévu le 22 mars.
Marion Maréchal était à Dijon pour dédicacer son livre, mais avant cela, elle s’est rendue à un point presse afin d’apporter son soutien à Thierry Coudert dans le cadre des élections municipales. Arrivé en troisième position au premier tour avec 12,70 % des voix, le candidat du Rassemblement dijonnais se situe derrière Emmanuel Bichot (LR) et Nathalie Koenders (PS).
Un soutien politique assumé et offensif
C’est au pied de l’église Notre-Dame, entourée notamment de René Lioret (RN), Mélanie Fortier (RN), Thierry Coudert et Antoine Camus, que Marion Maréchal a pris la parole. Elle a regretté le refus d’alliance de la droite traditionnelle avec la liste du Rassemblement dijonnais, visant directement Emmanuel Bichot : « Cette main tendue a été refusée, ce qui fait peser un risque de reconduction de la gauche. »
Dénonçant une « droite macronisée », elle a critiqué ce qu’elle considère comme un décalage entre les discours locaux et les alliances nationales des Républicains. Elle a appelé les électeurs de droite à se mobiliser pour le second tour, évoquant la possibilité de « créer la surprise » ou, à défaut, de constituer une opposition municipale forte.

Revenant sur son parcours politique, Marion Maréchal a présenté Identité-Libertés comme une composante d’une « coalition du camp national », visant à rassembler différentes sensibilités de droite. En Bourgogne-Franche-Comté, le mouvement revendique une implantation encore limitée mais en progression, avec une centaine d’adhérents en Côte-d’Or et plusieurs élus dès le premier tour sur des listes communes avec le RN.
L’eurodéputée a également développé une analyse critique de l’évolution électorale dans les grandes villes, évoquant une progression de la gauche radicale qu’elle attribue à des facteurs sociologiques, notamment liés au logement.
Une visite sous tension
La venue de Marion Maréchal a suscité des oppositions locales. Un collectif a appelé à un rassemblement antifasciste pour protester contre sa présence. Selon l’eurodéputée, ces mobilisations ont conduit à modifier le lieu initial de la séance de dédicaces. L’événement s’est finalement tenu dans un restaurant situé à proximité du parc des expositions, sous protection policière renforcée. Plusieurs dizaines de manifestants étaient présents et certaines rues ont été temporairement fermées à la circulation (voir notre article sur le sujet ici). Marion Maréchal a dénoncé une « entrave au débat démocratique », condamnant les actions des militants antifascistes.
Cap sur les échéances nationales
Au-delà du scrutin municipal, la responsable politique a inscrit son déplacement dans une perspective plus large, en évoquant les élections présidentielle et législatives de 2027. « L’alternance commence aujourd’hui, au niveau local », a-t-elle affirmé. De son côté, Thierry Coudert a laissé entendre que cette dynamique pourrait se prolonger au-delà des municipales. À Dijon, ce déplacement illustre les tentatives de recomposition à droite, dans un contexte électoral incertain à l’approche du second tour.











