Les élections municipales des 15 et 22 mars ont confirmé l’ancrage à gauche de la ville de Dijon. La liste conduite par Nathalie Koenders s’est imposée au terme d’un scrutin marqué par une campagne brève mais intense. Dans un communiqué publié à l’issue du second tour, Henri-Bénigne de Vregille, conseiller municipal et représentant du mouvement Horizons à Dijon, a salué cette victoire en adressant « des félicitations républicaines » à la majorité élue.
Au-delà du résultat, l’élu de droite a tenu à souligner la tenue de la campagne menée par Emmanuel Bichot, candidat de la droite et du centre. Il met en avant « un esprit de responsabilité » et une ligne politique claire, centrée sur le rassemblement, maintenue « sans dévier jusqu’au terme du second tour ». Dans un contexte national qualifié de « turbulences politiques », cette constance est, selon lui, un élément notable.
Une base électorale solide mais insuffisante
Si la défaite est actée, Henri-Bénigne de Vregille insiste sur un enseignement majeur du scrutin : la persistance d’un socle électoral significatif pour la droite et le centre à Dijon. Après « 25 ans de gestion socialiste », il estime que le fait que « plus d’un électeur sur quatre » ait soutenu la liste dès le premier tour témoigne d’une base « vivace et résiliente ».
Un constat qui nuance l’idée d’un effacement total de l’opposition dans la capitale bourguignonne. Pour autant, cette assise n’a pas suffi à inverser la dynamique au second tour. L’élu pointe explicitement une difficulté à élargir le rassemblement, notamment en direction des électeurs centristes.
Les limites du rassemblement dans les grandes villes
Henri-Bénigne de Vregille inscrit cette difficulté dans une analyse plus large des évolutions politiques urbaines. Il évoque « la sociologie des grandes villes françaises », suggérant que les équilibres électoraux y sont de plus en plus spécifiques et parfois déconnectés des logiques nationales. « Les débats nationaux ne sont pas toujours réplicables », souligne-t-il, appelant implicitement à repenser les stratégies locales.
Cette réflexion met en lumière un défi récurrent pour les formations de droite dans les grandes métropoles : adapter leur discours et leurs alliances à un électorat urbain plus fragmenté et souvent moins réceptif aux lignes traditionnelles.
Une défaite dans la continuité, mais une volonté de rebond
Le communiqué ne masque pas la déception, d’autant plus que ce revers s’inscrit dans une série d’échecs électoraux pour la droite dijonnaise depuis 2001. Henri-Bénigne de Vregille parle d’« une trop longue série », tout en refusant toute forme de résignation.
« Ce qui a été construit demeure », affirme-t-il, appelant à « multiplier les efforts » et à éviter que les convictions ne « se diluent ». L’objectif est clair : élargir les soutiens, corriger les faiblesses identifiées et, à terme, convaincre les Dijonnais de « faire le pari du changement ».
Dans cette perspective, il rend hommage aux militants et aux colistiers de la liste « Agir pour Dijon », saluant « une énergie à déplacer les montagnes » durant la campagne. Il remercie également les électeurs pour leur confiance, qu’il considère comme un socle à consolider.
Une opposition qui se veut constructive
Désormais installé dans l’opposition municipale, Henri-Bénigne de Vregille entend jouer un rôle actif au conseil municipal. Aux côtés de ses collègues élus, il promet une posture « vigilante et constructive », visant à défendre « résolument les intérêts des Dijonnais ».
L’élu insiste également sur une ambition plus large : continuer à « construire et rassembler sans relâche ». Une ligne qui laisse entrevoir la volonté de structurer une alternative politique crédible en vue des prochaines échéances.
Dans une ville solidement ancrée à gauche depuis plus de deux décennies, la droite dijonnaise semble ainsi engagée dans un travail de fond, entre analyse de ses limites et tentative de reconstruction, avec en ligne de mire un objectif inchangé : reconquérir un électorat encore jugé accessible.
