La tension monte dans l’Éducation nationale. Jeudi 19 mars, environ 500 personnels en grève se sont rassemblés devant le rectorat pour dénoncer une dégradation continue de leurs conditions de travail. À leurs côtés, des parents et des élèves ont également répondu présents, témoignant d’une mobilisation qui dépasse largement le seul cadre des enseignants.
Des établissements nombreux et variés étaient représentés lors de ce rassemblement : collèges d’Is-sur-Tille, des Lentillères, de Brochon, de Nuits-Saint-Georges, de Nolay ou encore de Sombernon ; lycées Le Castel, Eiffel, Montchapet ou Carnot ; sans oublier plusieurs écoles primaires de Dijon, Chenôve et des environs. Tous partagent un même constat : une situation devenue « intolérable ».
Les organisations syndicales FSU, FO, UNSA, CFDT, CGT et SUD, à l’origine de cet appel unitaire, dénoncent notamment les fermetures de classes, le manque criant de remplaçants, les suppressions de postes et la multiplication des postes partagés sur plusieurs établissements. À cela s’ajoute une hausse importante des effectifs, avec des classes atteignant jusqu’à 31 élèves en collège et 36 en lycée, y compris dans les filières technologiques.
« Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions », alertent les personnels mobilisés, qui regrettent également l’absence de dialogue avec l’administration. Malgré leur présence sous les fenêtres du rectorat, la rectrice n’a pas reçu de délégation, même restreinte à un représentant par établissement.
Au-delà des revendications locales, les syndicats pointent des choix budgétaires nationaux qu’ils jugent défavorables à l’éducation. Ils dénoncent notamment l’ampleur des aides publiques aux entreprises, estimées à 211 milliards d’euros par an, ainsi que l’augmentation des dépenses militaires, au détriment selon eux des moyens alloués à l’Éducation nationale.
Les manifestants réclament une augmentation globale des dotations, afin d’éviter que les moyens accordés à certains établissements ne se fassent au détriment d’autres. « Toutes nos revendications sont légitimes », affirment-ils, appelant le ministère à revoir sa politique et à annuler les suppressions de postes.
La mobilisation ne compte pas s’arrêter là. Plusieurs échéances sont déjà fixées :
- dès le 24 mars, des actions locales dans les écoles concernées par la carte scolaire,
- le 30 mars, une grève avec rassemblement devant le rectorat à l’occasion du CSA du premier degré,
- le 31 mars, une journée nationale de grève,
- et le 1er avril, une opération « collèges morts ».
« Une seule journée ne suffira pas », préviennent les syndicats, déterminés à inscrire leur action dans la durée. Face à une situation jugée critique, les personnels de l’Éducation nationale appellent à une mobilisation massive pour défendre un service public qu’ils estiment aujourd’hui en danger.
