Face à la flambée des prix du carburant depuis la fin février, dans un contexte marqué par les attaques israélo-américaines contre l’Iran, la pression monte dans plusieurs secteurs économiques. Vendredi 27 mars, le gouvernement a annoncé un plan d’aides « ciblées » d’un montant total de 70 millions d’euros pour le mois d’avril. Mais ces mesures sont loin de convaincre, notamment chez les transporteurs routiers, qui se disent aujourd’hui « dans l’impasse ».
Des transporteurs toujours sous tension
Principaux bénéficiaires du plan, les transporteurs routiers se voient attribuer une enveloppe de 50 millions d’euros. Cette aide, destinée aux TPE et PME en difficulté, prend la forme d’un soutien équivalent à 20 centimes par litre de carburant. Mais pour les professionnels, le compte n’y est pas. Cette compensation reste inférieure à la hausse enregistrée depuis le 28 février. Résultat : la colère persiste.
L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) appelle ainsi à la mobilisation dès ce samedi 28 mars 2026 dans plusieurs villes de France. « Nous arrivons à la quatrième semaine de crise, la situation est très compliquée pour les transporteurs routiers, car le gasoil livré en cuve est souvent plus cher pour eux que dans les stations-service », a alerté Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, auprès de l’AFP.
Des mobilisations organisées dans plusieurs régions
Un premier mouvement est lancé ce samedi à l’appel de l’OTRE en région Auvergne-Rhône-Alpes. Des opérations de barrages filtrants sont prévues :
- sur l’A7 au sud de Lyon, à hauteur de Chasse-sur-Rhône
- à la jonction A71/A89 près de Clermont-Ferrand
D’autres actions sont déjà annoncées :
- Lundi 30 mars : mobilisation en Île-de-France
- Mardi 31 mars : extension aux Pays-de-la-Loire et à la Nouvelle-Aquitaine
- Mercredi 1er avril : actions prévues à Toulouse et en région Provence-Alpes-Côte d’Azur
À ce stade, aucune manifestation n’est prévue en Côte-d’Or à notre connaissance, même si la situation pourrait évoluer rapidement en fonction de la mobilisation nationale.
Agriculteurs et pêcheurs : des aides jugées limitées
Les agriculteurs bénéficieront d’une exonération du droit d’accise sur le gazole non routier (GNR), représentant une aide de 14 millions d’euros, soit environ 4 centimes par litre. Une mesure jugée insuffisante face à la hausse globale des charges, notamment celles liées aux engrais.
Le gouvernement a également évoqué une possible suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais, ou à défaut une compensation.
Du côté des pêcheurs, une enveloppe de 5 millions d’euros est prévue, sous forme de remboursement partiel des factures de carburant, équivalent à environ 20 centimes par litre. Là encore, les professionnels restent prudents quant à l’efficacité réelle de cette aide.
Une réponse qui ne suffit pas à apaiser la crise
Si ces mesures visent à répondre à l’urgence, elles apparaissent pour beaucoup comme insuffisantes face à une crise profonde et durable. Les professionnels dénoncent des dispositifs temporaires, incapables de compenser pleinement l’explosion des coûts.
Entre tensions internationales, hausse des prix de l’énergie et fragilité économique de nombreux acteurs, la situation reste explosive. Et malgré l’absence actuelle de mobilisation en Côte-d’Or, la colère pourrait continuer à s’étendre dans les prochains jours.
Plus qu’un apaisement, ce plan pourrait n’être qu’un répit de courte durée.
