Le 1er avril 2026, l’École de gendarmerie de Dijon a orchestré une vaste opération d’entraînement baptisée « ATHENA 21 », mobilisant près de 400 militaires dans un exercice grandeur nature inédit par son ampleur et sa dimension pédagogique. À mi-chemin entre formation et action opérationnelle réelle, cet exercice illustre la volonté de la gendarmerie nationale de confronter ses futurs cadres et exécutants aux réalités du terrain avant leur prise de fonction.
Une opération de terrain au service de la formation… et de la sécurité
Déployée sur un périmètre de 25 kilomètres autour de Dijon, incluant les secteurs d’Is-sur-Tille, Dijon et Beaune, l’opération ATHENA 21 s’est matérialisée par la mise en place de 18 zones d’action. Sur chacune d’elles, des dispositifs de contrôle routier coordonnés ont été installés, reproduisant fidèlement les conditions d’une opération réelle de lutte contre la délinquance.
Encadrés par leurs formateurs, les élèves et stagiaires ont été engagés directement sur le terrain après une phase de préparation stratégique. Leur mission : contrôler les flux routiers, prévenir les infractions et détecter les comportements délictueux. L’ensemble du dispositif a été mené sous réquisition du procureur de la République, conférant à l’opération une portée juridique réelle.
Les unités du Groupement de gendarmerie départementale de la Côte-d’Or ont apporté leur appui, notamment pour le traitement judiciaire des infractions constatées. Ainsi, l’exercice ne s’est pas limité à une simulation : il a contribué concrètement à la sécurité publique du territoire.
Un dispositif pédagogique innovant et immersif
ATHENA 21 repose sur un concept pédagogique ambitieux : faire collaborer simultanément des personnels en formation issus de trois niveaux hiérarchiques différents. Cette approche vise à reproduire fidèlement les interactions et responsabilités propres à une unité opérationnelle.
Ainsi, 56 officiers-élèves de l’Académie militaire de la gendarmerie nationale ont été placés en situation de commandement. Leur rôle consistait à analyser le terrain, concevoir une manœuvre opérationnelle, formuler des ordres et piloter les opérations sur le terrain.
À leurs côtés, 57 sous-officiers gradés en stage de préparation à l’encadrement supérieur ont assuré le commandement intermédiaire. Chargés de relayer les ordres et de superviser les équipes, ils ont dû garantir la sécurité, la légalité et l’efficacité des actions menées.
Enfin, 170 élèves-gendarmes en formation initiale ont mis en pratique les compétences acquises durant leur cursus, dans le respect des règles juridiques et déontologiques.
Ce travail inter-niveaux constitue un levier pédagogique majeur : il permet à chaque participant de comprendre son rôle dans la chaîne de commandement et d’expérimenter la réalité des interactions professionnelles.
Des acteurs institutionnels au cœur du dispositif
L’exercice a été conçu et coordonné par le Centre national de formation à la sécurité publique (CNFSP), véritable pôle d’expertise en matière de formation au commandement et à l’encadrement au sein de la gendarmerie nationale. Implanté à Dijon depuis 2017, ce centre forme chaque année près de 3000 stagiaires et développe des enseignements innovants autour de la gestion des territoires et des événements.
L’École de gendarmerie de Dijon, quant à elle, joue un rôle central dans la formation initiale des sous-officiers. Installée sur l’ancienne base aérienne 102, elle a déjà formé plus de 13 000 recrues depuis sa création en 2016 et poursuit un ambitieux projet de développement à l’horizon 2030.
L’opération a également bénéficié du concours de moyens spécialisés, notamment trois équipes cynophiles du groupe d’investigation de Dijon, mobilisées pour la détection d’armes, de stupéfiants et de numéraire dans les véhicules contrôlés. Un centre opérationnel, installé au sein du groupement départemental et appuyé par le centre zonal des opérations de Metz, a assuré la coordination globale.
Un bilan opérationnel significatif
Au-delà de sa dimension pédagogique, ATHENA 21 a produit des résultats concrets en matière de sécurité. En trois heures d’intervention, entre 15h30 et 18h30, les forces engagées ont contrôlé 1 011 personnes et 1 050 véhicules. Ces contrôles ont permis de relever 47 infractions, majoritairement des contraventions traitées par procès-verbal électronique. Parmi les faits les plus marquants figurent :
- deux conduites sous l’emprise de stupéfiants,
- quatre conduites liées à l’alcool, dont deux délits,
- treize immobilisations de véhicules,
- cinq individus remis aux officiers de police judiciaire,
- ainsi que l’interpellation d’un ressortissant russe en situation irrégulière, faisant l’objet d’une mesure d’éloignement.
Aucun incident n’a été signalé, témoignant du professionnalisme des participants et de la qualité de l’encadrement.
Une préparation essentielle aux réalités du terrain
L’opération ATHENA 21 illustre parfaitement la philosophie de formation de la gendarmerie nationale : préparer ses personnels non seulement par la théorie, mais surtout par l’expérience concrète. En confrontant les élèves et stagiaires à des situations réelles, elle leur permet d’acquérir des réflexes professionnels, de mesurer les enjeux du commandement et de s’approprier les exigences du service public de sécurité.
À l’heure où les défis sécuritaires évoluent, ce type d’exercice constitue un outil indispensable pour garantir l’efficacité future des unités opérationnelles. Les participants d’ATHENA 21, demain sur le terrain, auront déjà vécu ce que signifie agir, décider et protéger en conditions réelles.
