La carte scolaire 2026, présentée lors du Comité Social d’Administration Départemental (CSA-D) du 30 mars, dessine une nouvelle fois un paysage éducatif en pleine recomposition en Côte-d’Or. Entre fermetures de classes, fusions d’établissements et ajustements à la marge, les décisions prises traduisent une volonté d’adapter les moyens à l’évolution démographique, mais suscitent de vives préoccupations chez les acteurs de l’éducation.
Une vague de fermetures qui touche tout le territoire
Le constat est sans appel : les fermetures de classes dominent largement cette nouvelle carte scolaire. Elles concernent aussi bien les zones rurales que les secteurs urbains, signe d’un phénomène généralisé de baisse des effectifs.
Dans la circonscription d’Auxonne-Val-de-Saône, plusieurs écoles sont impactées, notamment à Auxonne, Binges ou Pontailler-sur-Saône. À Beaune, des restructurations importantes s’opèrent avec des fermetures accompagnées de fusions, comme aux Remparts ou à Nolay.
La situation n’est guère différente dans les autres secteurs du département. Les circonscriptions de Chenôve, Dijon Centre, Dijon Est, Dijon Nord, Dijon Ouest et Dijon Sud enregistrent elles aussi de nombreuses suppressions de classes, en maternelle comme en élémentaire. Cette répartition montre que l’ensemble du territoire est concerné, sans exception notable.
Dijon particulièrement touchée par les ajustements
La ville de Dijon concentre une part importante des mesures. Plusieurs écoles voient leurs structures modifiées, avec des fermetures de classes dans des établissements bien identifiés comme Mansart, Montmuzard, Voltaire ou encore les Côteaux du Suzon.
Ces décisions interviennent dans un contexte urbain pourtant marqué par des disparités sociales fortes. Certaines écoles relevant de l’éducation prioritaire connaissent également des ajustements spécifiques, avec des modifications touchant notamment les classes de grande section ou des dispositifs dédiés. Cette situation interroge sur la capacité du système éducatif à répondre aux besoins différenciés des élèves dans les zones urbaines sensibles.
Fusions et regroupements : une réorganisation structurelle
Au-delà des fermetures, la carte scolaire 2026 met en lumière une transformation plus profonde du maillage scolaire. De nombreuses écoles sont concernées par des fusions entre maternelles et élémentaires ou intégrées dans des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI).
C’est le cas notamment à Esbarres ou Nolay, où des fusions sont actées, mais aussi dans plusieurs communes rurales où les RPI deviennent la norme.
Ces dispositifs permettent de maintenir une offre éducative dans des territoires à faible densité, mais impliquent souvent des déplacements plus importants pour les élèves et une réorganisation du quotidien des familles.
Des ouvertures marginales face aux suppressions
Quelques ouvertures de classes sont toutefois annoncées, notamment dans certaines communes comme Brazey-en-Plaine ou Tart. Cependant, elles restent très limitées en comparaison du nombre de fermetures.
Par ailleurs, plusieurs situations sont maintenues en statu quo, ce qui laisse entrevoir des ajustements possibles dans les mois à venir, en fonction de l’évolution des effectifs.
Des inquiétudes exprimées par les acteurs de l’éducation
Face à ces annonces, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le syndicat FSU-SNUipp21 a notamment alerté sur la situation de plusieurs écoles non prises en compte dans les mesures présentées. Il demande une attention particulière sur ces établissements, pointant des risques de dégradation des conditions d’enseignement.
Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) a indiqué que ces situations seraient réexaminées lors des ajustements prévus en juin, laissant une porte ouverte à d’éventuelles corrections.
Quelques mesures positives dans un contexte contraint
Malgré un tableau globalement marqué par les suppressions, certaines décisions viennent atténuer le constat. Trois créations de postes sont ainsi annoncées, notamment pour renforcer les dispositifs d’inclusion scolaire (ULIS) à Recey-sur-Ource et Arc-sur-Tille, ainsi qu’un moyen supplémentaire en maternelle à Chenôve.
Ces mesures témoignent d’une volonté de répondre à des besoins spécifiques, en particulier pour les élèves en situation de handicap.
Un équilibre fragile entre contraintes et besoins éducatifs
Au final, la carte scolaire 2026 illustre une nouvelle étape dans l’adaptation du système éducatif aux réalités démographiques. Si la baisse des effectifs justifie en partie les décisions prises, leurs conséquences sur le terrain suscitent de nombreuses interrogations.
Entre éloignement des écoles, augmentation des effectifs par classe et inquiétudes des équipes pédagogiques, la question du maintien d’un service public de proximité reste plus que jamais au cœur des débats. Les ajustements de juin seront donc particulièrement scrutés, dans l’espoir d’atténuer les effets les plus contestés de cette nouvelle carte scolaire.
Pour consulter le détail complet des fermetures et ouvertures de classes, les lecteurs sont invités à se référer au tableau récapitulatif disponible dans le document du syndicat FSU-SNUipp21, téléchargeable en version PDF.
