La crise énergétique actuelle, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, n’a rien d’une surprise pour les élus écologistes de Bourgogne-Franche-Comté. Dans un communiqué diffusé le 13 avril, leur groupe politique insiste : cette situation était « tout à fait prévisible » dans un monde encore largement dépendant du pétrole et du gaz.
Pour ces élus, la question n’est pas seulement internationale. Elle engage directement les responsabilités locales. « Prévoir, c’est aussi le rôle d’une collectivité », rappellent-ils, soulignant les compétences régionales en matière de transports et de transition énergétique.
Une stratégie de long terme revendiquée
À rebours des réponses d’urgence, le groupe met en avant une politique menée « sans effets d’annonce », inscrite dans le temps long. Leur objectif : réduire la dépendance aux énergies fossiles tout en protégeant les ménages les plus vulnérables.
Cette stratégie, qualifiée de « bouclier social », aurait été maintenue malgré des contraintes budgétaires et des critiques régulières de l’opposition. Les écologistes dénoncent des attaques « démagogiques » et affirment avoir tenu leur cap en matière de transition.
Des réalisations concrètes
Pour appuyer leur bilan, les élus avancent plusieurs mesures mises en œuvre ces dernières années. Parmi elles : l’isolation de plus de 2 500 logements sociaux, l’achat de 16 nouvelles rames de train, ou encore le développement de transports à bas coût, avec notamment des cars à 2 euros et la gratuité des transports scolaires.
La Région a également investi dans la rénovation du réseau ferroviaire, instauré des tarifs sociaux pour les jeunes et soutenu la production d’énergies renouvelables. À cela s’ajoute un effort sur la construction publique, avec un recours accru aux matériaux écologiques.
Autant d’initiatives que les écologistes présentent comme une réponse structurelle, par opposition aux « maigres pansements » qu’ils attribuent à leurs adversaires politiques.
Une dépendance jugée dangereuse
Au-delà du bilan régional, le communiqué porte une critique plus large des politiques nationales et européennes. Pour ses auteurs, croire à un retour à la normale via quelques ajustements fiscaux relève de « l’illusion ».
La dépendance aux énergies fossiles est décrite comme un facteur de fragilité multiple : économique, avec la pression sur le pouvoir d’achat ; stratégique, en lien avec les tensions internationales ; et environnementale, du fait de l’aggravation du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité.
Changer d’échelle
Les écologistes appellent ainsi à une réorientation massive des investissements. Les quelque 60 milliards d’euros annuels consacrés au pétrole et au gaz devraient, selon eux, être redirigés vers les transports collectifs, les énergies renouvelables et l’électrification des usages.
Ils insistent également sur la nécessité de maîtriser la consommation énergétique, « à niveau de confort constant », et de lever les freins politiques qui ont ralenti le développement des alternatives.
Agriculture et souveraineté
Le communiqué élargit enfin le débat à l’alimentation. Dans une région à forte vocation agricole, la dépendance aux engrais et aux hydrocarbures est pointée du doigt. Les élus estiment qu’une transformation du modèle agricole permettrait à la fois de préserver la santé, le pouvoir d’achat et l’autonomie du territoire.
En conclusion, la présidente du groupe, Claire Mallard, défend une vision globale : la sortie des énergies fossiles serait non seulement une nécessité écologique, mais aussi une condition de paix et de souveraineté. Une ligne politique qui, dans le contexte actuel, se veut à la fois anticipatrice et structurante.
Communiqué de presse du groupe Écologiste et solidaires du 13 avril 2026 :
Les conséquences d’un conflit militaire majeur au Moyen-Orient étaient, hélas, tout à fait prévisibles. Et prévoir, c’est aussi le rôle d’une collectivité comme le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté qui, rappelons-le, est en charge les transports et de la transition énergétique.
Avec l’appui des écologistes, depuis 50 ans, sur les dérives d’un système fondé sur le pétrole et le gaz, de nombreuses actions ont été entreprises.
À son échelle, la majorité régionale n’a eu de cesse, malgré les vents contraires, de tenir le cap de la transition énergétique. Malgré les contraintes budgétaires, prendre en considération les besoins vitaux des habitant·e·s reste la priorité de notre équipe. Sur ce point, nous n’avons pas cédé, malgré les attaques en règle, démagogiques et souvent sans fondement scientifique de nos détracteurs.
Ces actions s’inscrivent dans le temps long, sans effets d’annonces. C’est une évolution progressive et silencieuse mais vertueuse que le Conseil régional a entamé afin de créer un véritable bouclier social pour celles et ceux qui sont les plus dépendant·e·s du gaz et du pétrole.
La liste est longue : plus de 2500 logements sociaux isolés, achat de 16 rames de trains supplémentaires, verdissement de notre flotte de cars, cars à 2 euros, rénovation des infrastructures ferroviaires, tarification sociale des trains notamment pour les jeunes, gratuité des transports scolaires, aide à la production des énergies renouvelables, recours aux matériaux écologiques pour la construction de bâtiments publics…
L’heure n’est plus aux maigres pansements proposés par l’opposition. Croire qu’on sortira de cette crise en « revenant comme avant » par quelques mesures fiscales ou économiques est un leurre. L’ampleur de notre dépendance aux énergies fossiles menace notre pouvoir d’achat et coûte cher à toutes et tous : aux ménages, à l’État, aux entreprises. Pire, cela menace aussi notre sécurité nationale et accélère les menaces écologiques (climat et perte de biodiversité).
Demain face à ces enjeux, il y aura celles et ceux qui ont déjà commencé la transition énergétique, et il y aura les autres. Encore une fois, l’anticipation est la meilleure réponse. Les technologies alternatives au pétrole fonctionnent. Si l’électrification à grande échelle est une des solutions, la maitrise des consommations énergétiques à niveau de confort constant et le déploiement massif des énergies renouvelables sont des solutions prioritaires. Leur mise en place a trop souffert d’hésitations au niveau national et de l’hégémonie des lobbies profossiles.
Les Françaises et les Français n’ont pas à serrer les dents entre deux crises pétrolières et gazières dans un monde où la guerre est redevenue une manière de résoudre les conflits au mépris des conventions internationales.
Les prix à la pompe rappellent brutalement aux pouvoirs publics qu’ils doivent organiser cette sortie des énergies fossiles. Les 60 milliards investis chaque année dans le gaz et le pétrole, et la guerre doivent être réorientés en direction d’une économie verte pour des transports collectifs partout et pas chers, des trains plus nombreux, des voitures électriques accessibles.
Sans oublier l’impact sur notre alimentation, pour l’instant liée aux prix du pétrole et des engrais russes, et dont notre région, agricole, pourrait s’affranchir pour mieux préserver notre santé et notre pouvoir d’achat.
La fin des énergies fossiles vers une société fondée sur l’énergie renouvelable est le chemin vers la paix, la sécurité et la souveraineté de chaque citoyen·ne européen.ne !
Claire MALLARD
Présidente de groupe
