Au Jardin Darcy, ce samedi après-midi, certains pensaient simplement profiter du soleil, manger une glace ou traverser tranquillement le parc. Mais surprise : entre deux pigeons et trois poussettes, un message pour le moins… apocalyptique attendait les passants.
« Jésus est la solution au monde d’aujourd’hui », « Où passerez-vous l’éternité ? Avec Jésus au ciel ou avec Satan en enfer ? Faites votre choix ! » : voilà ce qu’affichait un roll-up installé en plein espace public par un petit groupe de militants religieux. Une ambiance légère et détendue, en somme. Rien de tel pour accompagner une promenade familiale un samedi après-midi.
Attention, qu’on soit bien clair : chacun est libre de croire, de prier, de pratiquer sa religion. C’est un droit fondamental, et heureusement. Mais il existe une différence entre exprimer sa foi et transformer un jardin public en salle d’attente du Jugement dernier.
Car la vraie question est là : ce rassemblement était-il déclaré ? D’après nos informations, non. Et c’est précisément ce qui interroge. Comment ce type d’installation peut-il apparaître en plein centre-ville, dans un jardin public, sans encadrement ni autorisation visible ? Aujourd’hui, quelques slogans religieux. Demain, qu’en sera-t-il ?
Le plus ironique dans l’histoire, c’est que les Dijonnais commencent à avoir l’habitude des rencontres improbables dans certains espaces publics. Quand ce ne sont pas des dealers qui vous abordent, ce sont désormais des prédicateurs qui viennent vous demander de choisir entre le paradis et l’enfer avant même d’avoir fini votre café.
Le problème n’est pas la foi. Le problème, c’est la banalisation de toutes les formes de prosélytisme dans des lieux censés rester neutres, ouverts et apaisés. Un jardin public n’est ni une tribune politique, ni une foire commerciale, ni un couloir vers le salut éternel.
À force de tout laisser passer, nos espaces publics deviennent des terrains où chacun impose son message, son discours, sa vérité. Et pendant ce temps-là, les habitants, eux, cherchent simplement un endroit calme pour respirer un peu. Finalement, au Jardin Darcy, ce week-end, il ne manquait plus qu’une chose : un panneau indiquant « Enfer à gauche, paradis tout droit ».

