Les enseignants mobilisés du lycée Le Castel, à Dijon, dénoncent une baisse importante des moyens prévus pour la rentrée scolaire 2026. Dans un communiqué, ils indiquent que le rectorat de Dijon a retiré 110 heures hebdomadaires à la dotation globale de l’établissement pour l’année prochaine, alors que les effectifs annoncés resteraient inchangés. À cette diminution s’ajouteraient, selon eux, 40 heures déjà demandées l’an dernier mais non obtenues, qu’ils jugeaient nécessaires au bon fonctionnement du lycée.
Pour les personnels mobilisés, cette réduction de moyens risque d’avoir des conséquences directes sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Ils alertent notamment sur la possibilité de classes atteignant 35 élèves, voire davantage, ainsi que sur une diminution des dédoublements. Ces heures en groupes réduits permettent habituellement de travailler dans de meilleures conditions, d’accompagner les élèves plus finement et de renforcer certains apprentissages. Leur suppression ou leur réduction serait, selon les enseignants, un recul important pour la qualité du suivi pédagogique.
Les inquiétudes portent également sur les enseignements de spécialité, qui pourraient se retrouver surchargés. Dans un lycée général, technologique et professionnel comme Le Castel, l’équilibre des groupes et la possibilité d’un accompagnement adapté sont des enjeux importants, en particulier pour les élèves préparant le baccalauréat et leur orientation post-bac. Les personnels mobilisés craignent aussi la suppression de l’accompagnement personnalisé en première et terminale générale, un dispositif pourtant destiné à soutenir les élèves dans leur parcours, leur méthodologie et leurs choix d’orientation.
Dans leur communiqué, les enseignants soulignent le décalage entre les discours nationaux sur la réussite des élèves et les moyens réellement attribués aux établissements. Alors que les ministres successifs mettent en avant l’accompagnement individualisé, la prise en compte des difficultés et l’égalité des chances, les personnels du Castel estiment que les suppressions d’heures annoncées vont précisément à l’encontre de ces objectifs. Selon eux, le quotidien des enseignants, des conseillers principaux d’éducation, des parents et des élèves serait directement fragilisé par cette baisse de dotation.
Les personnels mobilisés rappellent par ailleurs que le lycée Le Castel figure, dans le classement publié cette année par le ministère à partir des indicateurs de valeur ajoutée des lycées, comme un « lycée accompagnateur ». Cette reconnaissance est mise en avant comme le résultat d’un travail collectif mené dans la durée par les équipes éducatives. Les enseignants disent en être fiers, mais considèrent que les décisions annoncées par le rectorat risquent de casser cette dynamique. À leurs yeux, un établissement reconnu pour sa capacité à accompagner ses élèves devrait au contraire bénéficier de moyens consolidés.
Face à cette situation, les enseignants mobilisés annoncent qu’ils refuseront de faire une rentrée scolaire 2026 dans les conditions actuellement prévues. Ils prévoient d’occuper le lycée Le Castel le jeudi 21 mai à partir de 18 heures. Cette action doit permettre de rendre visible leur opposition et d’interpeller plus largement les autorités académiques, les familles et les autres établissements concernés par des pertes d’heures.
Les enseignants mobilisés appellent les enseignants, CPE, personnels d’éducation, parents et élèves d’autres établissements touchés par des baisses de moyens à les rejoindre. L’objectif est de construire une mobilisation commune autour de la défense des moyens dans l’Éducation nationale et de dénoncer une rentrée qu’ils jugent impossible à préparer dans de bonnes conditions.
Au-delà de la situation du lycée Le Castel, le communiqué porte une revendication nationale. Les personnels mobilisés demandent une augmentation du budget de l’Éducation nationale afin de garantir, selon leurs mots, « une éducation émancipatrice dans tous les établissements ». Ils établissent un parallèle avec le budget de la Défense, affirmant que celui-ci est passé pour la première fois en 2026 devant celui de l’Éducation nationale, avec une hausse de 6 milliards d’euros. Les enseignants mobilisés contestent cette orientation budgétaire et demandent que ces moyens soient consacrés à l’école.
Leur slogan résume cette position : « Pas d’augmentation du budget militaire, les 6 milliards d’euros doivent revenir à l’éducation ! » À travers cette formule, les personnels du Castel inscrivent leur mobilisation locale dans un débat plus large sur les priorités publiques. Pour eux, les difficultés rencontrées dans les établissements ne relèvent pas seulement de choix techniques de répartition des heures, mais d’un manque global de moyens accordés au service public d’éducation.
Les enseignants mobilisés du lycée Le Castel sont soutenus par les sections syndicales FSU, FO, CGT Educ’action et SUD Éducation de l’établissement. Ensemble, ils entendent maintenir la pression sur le rectorat de Dijon afin d’obtenir des moyens supplémentaires et de permettre une rentrée 2026 dans des conditions qu’ils jugent acceptables pour les élèves comme pour les personnels.
