Après un séminaire organisé le 24 avril 2026 auprès d’étudiants du master MEEF de l’INSPE de Dijon, l’Université Bourgogne Europe a été saisie par plusieurs alertes portant sur la nature de certains contenus présentés. Le président de l’établissement a confié une mission d’évaluation au référent intégrité scientifique et nommé, à titre conservatoire, un administrateur provisoire pour assurer la responsabilité pédagogique de la formation.
L’Université Bourgogne Europe fait face à une situation sensible autour de la formation des futurs enseignants de sciences de la vie et de la terre à l’INSPE de Dijon. Dans un communiqué publié le 27 mai 2026, l’établissement annonce avoir saisi son référent intégrité scientifique à la suite de réserves exprimées par des étudiants, des enseignants et des enseignants-chercheurs concernant un séminaire organisé dans le cadre du master MEEF, Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation.
Au centre du dossier : une journée organisée le 24 avril 2026, intitulée « Représentations en santé et autoguérison ». Destiné notamment aux étudiants inscrits en master MEEF de l’INSPE de Dijon, ce séminaire s’inscrivait dans le module « culture de la recherche ». Plusieurs thématiques y ont été abordées, parmi lesquelles l’effet placebo, la médecine chinoise, les soins énergétiques ou encore l’autoguérison.
Des réserves sur la nature des contenus présentés
Selon l’université, plusieurs étudiants et enseignants ont fait part de leurs inquiétudes après cette journée. Ils estiment que certaines interventions relevaient de représentations pseudoscientifiques, sans fondement dans les corpus reconnus par la communauté scientifique internationale. Ces réserves prennent une dimension particulière dans le cadre d’une formation destinée à de futurs enseignants du secondaire, appelés à transmettre des connaissances scientifiques rigoureuses à leurs élèves.
Le communiqué insiste sur le contexte de vigilance accrue face à la désinformation scientifique. Cette préoccupation est d’autant plus forte lorsqu’elle concerne la formation initiale des enseignants, en particulier dans les disciplines scientifiques. Pour l’Université Bourgogne Europe, la question posée n’est donc pas seulement celle du contenu d’un séminaire ponctuel, mais celle de la cohérence d’un module universitaire avec les exigences méthodologiques, pédagogiques et scientifiques attendues dans ce type de cursus.
Des enseignants-chercheurs saisissent la gouvernance
Face à ces alertes, plusieurs enseignants-chercheurs de l’UFR « Sciences, Vie, Terre et Environnement » ont saisi formellement la gouvernance de l’Université Bourgogne Europe. Leurs signalements portent notamment sur l’intégration, dans un module à vocation méthodologique et scientifique, de travaux et d’activités associés à un organisme extérieur à l’université, dont le positionnement scientifique est contesté.
Cette démarche officielle a conduit l’établissement à prendre position publiquement. Dans son communiqué, l’UBE indique prendre ces alertes « très au sérieux » et rappelle que la formation des futurs enseignants de sciences de la vie et de la terre doit reposer sur des exigences scientifiques rigoureuses, conformes aux programmes nationaux.
Une mission confiée au référent intégrité scientifique
En réponse, le président de l’Université Bourgogne Europe a décidé, dès le 18 mai 2026, de confier au référent intégrité scientifique de l’établissement une mission d’évaluation portant sur les contenus pédagogiques du module « culture de la recherche ». Cette mission doit aboutir à un rapport circonstancié, accompagné de préconisations sur les évolutions à apporter à la formation si cela s’avère nécessaire.
Cette étape vise à établir un état des lieux précis : quels contenus ont été présentés, dans quel cadre, avec quels intervenants, et selon quelles références scientifiques. Elle doit également permettre de déterminer si les enseignements concernés répondent bien aux standards universitaires attendus, en particulier dans une formation qui prépare à l’enseignement des sciences.
Un administrateur provisoire nommé à titre conservatoire
Dans l’attente des conclusions du rapport, l’université a également pris une mesure conservatoire : la responsabilité pédagogique de la formation est confiée à un administrateur provisoire. L’objectif affiché est double : garantir la continuité de l’encadrement des étudiants et assurer la conformité des enseignements aux standards scientifiques attendus dans une formation universitaire.
Cette décision montre la volonté de l’établissement d’éviter toute rupture dans le parcours des étudiants tout en répondant aux inquiétudes exprimées. Elle permet également de sécuriser le fonctionnement pédagogique du master le temps que l’évaluation soit menée.
Un enjeu pour la formation des futurs professeurs
Au-delà de ce séminaire, l’affaire soulève une question plus large : celle de la place des savoirs validés scientifiquement dans la formation des enseignants. Les futurs professeurs de sciences de la vie et de la terre sont appelés à transmettre des connaissances, mais aussi à former l’esprit critique des élèves. Dans ce contexte, l’université rappelle que leur formation doit être à la hauteur des enjeux scientifiques et éducatifs contemporains.
La distinction entre ouverture culturelle, débat autour des représentations de santé et validation scientifique constitue ici un point central. Un module intitulé « culture de la recherche » implique une exigence particulière : les contenus doivent pouvoir être interrogés, contextualisés, référencés et replacés dans un cadre méthodologique clair. C’est précisément ce que la mission d’évaluation devra examiner.
L’université promet de communiquer sur les suites
L’Université Bourgogne Europe indique rester pleinement mobilisée pour que les futurs professeurs reçoivent une formation conforme aux exigences scientifiques et éducatives actuelles. Elle annonce qu’elle communiquera « en temps utile » sur les suites données à ce dossier.
Pour l’heure, l’établissement privilégie donc une réponse institutionnelle structurée : évaluation par le référent intégrité scientifique, rapport circonstancié, préconisations éventuelles et mesure conservatoire sur la responsabilité pédagogique. Une manière de répondre aux alertes tout en laissant à l’enquête interne le soin d’établir les faits et les évolutions nécessaires.
Communiqué de presse du 27 mai 2026 :
Enseignements du master MEEF à l’INSPE de Dijon : l’Université Bourgogne Europe saisit le référent intégrité scientifique
Le 24 avril 2026 s’est tenu, à destination notamment des étudiants inscrits en master Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) de l’INSPE de Dijon, un séminaire intitulé « Représentations en santé et autoguérison ».
Ce séminaire, organisé dans le cadre du module « culture de la recherche », a abordé des thématiques telles que l’effet placebo, la médecine chinoise, les soins énergétiques ou encore l’autoguérison.
Plusieurs étudiants et enseignants ont fait part de leurs réserves quant à la nature des contenus présentés lors de cette journée, estimant que certaines interventions relevaient de représentations pseudoscientifiques sans fondement dans les corpus reconnus par la communauté scientifique internationale. Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte de vigilance accrue vis-à-vis de la désinformation scientifique, notamment dans la formation des futurs enseignants du secondaire.
Face à ces alertes, plusieurs enseignants-chercheurs de l’UFR « Sciences, Vie, Terre et Environnement » ont saisi formellement la gouvernance de l’UBE. Ces signalements mettent en cause l’intégration, dans un module à vocation méthodologique et scientifique, de travaux et d’activités associés à un organisme extérieur à l’université dont le positionnement scientifique est contesté.
Désormais saisie par des démarches officielles, l’université prend très au sérieux ces alertes. Elle tient à rappeler que la formation des futurs enseignants de sciences de la vie et de la terre repose sur des exigences scientifiques rigoureuses, conformes aux programmes nationaux.
En réponse à ces alertes, le président de l’UBE a décidé, dès le 18 mai, de confier au référent intégrité scientifique de l’établissement une mission d’évaluation portant sur les contenus pédagogiques du module « culture de la recherche ». Cette mission donnera lieu à la rédaction d’un rapport circonstancié, assorti de préconisations sur les évolutions à apporter à cette formation si cela s’avérait nécessaire.
Dans l’attente des préconisations de ce rapport, et à titre conservatoire, le président a décidé de confier la responsabilité pédagogique de la formation à un administrateur provisoire. Cette mesure vise à garantir la continuité et la qualité de l’encadrement des étudiants, ainsi que la conformité des enseignements aux standards scientifiques attendus dans une formation universitaire.
L’université demeure pleinement mobilisée pour que les futurs professeurs reçoivent une formation à la hauteur des enjeux scientifiques et éducatifs contemporains. Elle communiquera en temps utile sur les suites données à ce dossier.
