La campagne interne pour la présidence de la fédération Les Républicains de Côte-d’Or est bel et bien lancée. Deux candidats sont désormais face à face : François-Xavier Dugourd, président sortant, et Emmanuel Bichot, qui affirme vouloir donner un « nouvel élan » à la fédération départementale.
Dans ce contexte, nous avons rencontré Philippe Neyraud, soutien d’Emmanuel Bichot, afin de comprendre pourquoi certains militants et élus souhaitent aujourd’hui un changement à la tête des Républicains de Côte-d’Or. Élu d’opposition à Chenôve, Philippe Neyraud avait pris ses distances avec LR depuis presque deux ans. Alors que l’élection interne approche, il explique son choix de revenir dans le parti, son regard sur la situation politique locale et nationale, ainsi que les raisons de son engagement aux côtés d’Emmanuel Bichot.
Depuis près de deux ans, vous ne faisiez plus partie des Républicains. Pourquoi aviez-vous choisi de quitter LR à ce moment-là ?
Philippe Neyraud : Cette décision ne s’est pas faite du jour au lendemain. Plusieurs évènements m’ont poussé à le faire. Par exemple, lors de ma plainte en diffamation contre le maire de Chenôve, je n’ai reçu aucun soutien des cadres de mon parti. Et plus généralement, aucune aide morale ou matérielle pendant toute la durée de mon mandat sur Chenôve.
Ce sentiment semble partagé par plusieurs de mes collègues dans des villes dirigées par la « gauche ». Mais, la raison principale est la prise de décision verticale sans aucune discussion. Ainsi, lors des dernières élections municipales sur Dijon, il nous a été imposé une candidature surprenante, en dehors de notre parti, sans d’autres choix que de l’accepter. Un débat aurait certainement permis un compromis acceptable comme celui de placer ce candidat dans les premières places mais pas en tête de gondole. Ce choix n’a pas été compris par de nombreux adhérents et sympathisants.
Vous avez donc repris votre adhésion chez Les Républicains. Ce retour est-il directement lié aux prochaines échéances internes au sein du parti ?
Philippe Neyraud : Oui, tout à fait. Jusque dernièrement j’avais pris la décision de ne pas reprendre ma carte des LR en raison de ce qui s’est passé lors du dernier conseil métropolitain de Dijon Métropole. Lors de celui-ci, une délibération portant sur les frais de représentation du président de Dijon métropole pour une somme de 12 000 € annuelle a été présentée. Seulement 10 personnes ont voté contre celle-ci, ce qui n’a pas été le cas du secrétaire départemental des LR.
On ne peut pas d’un côté représenter notre parti et de l’autre cautionner ce genre de dérive. C’est selon moi inacceptable et surtout peu compatible avec la fonction.
Plusieurs amis sympathisants et adhérents m’ont poussé à rester et à reprendre mon adhésion chez les LR en raison des échéances électorales internes qui se profilaient.
Emmanuel Bichot est une personne intègre et très à l’écoute, il a tout mon soutien, et j’ai donc repris mon adhésion au parti politique des LR pour lui apporter ma voix. A noter que je n’ai pas souhaité me présenter à un poste interne à notre fédération.
Vous soutenez aujourd’hui Emmanuel Bichot dans la course à la présidence de la fédération LR de Côte-d’Or. Qu’est-ce qui motive ce choix ?
Philippe Neyraud : Comme je viens de vous le dire, Emmanuel est une personne honnête et peu sensible aux appareillages politiques. Je pense que notre mouvement à besoin d’une nouvelle énergie, et il est l’homme de la situation pour donner une nouvelle dynamique.
François-Xavier Dugourd est le président sortant de la fédération. Quel regard portez-vous sur son bilan ? Selon vous, a-t-il malgré tout fait du bon travail ?
François-Xavier Dugourd a fait selon moi du bon travail lors de ces mandats, il a été présent pour représenter notre mouvement dans les moments difficiles. Je regrette seulement que notre fédération n’apporte pas une aide plus appuyée pour l’ensemble des élus. Une aide juridique par exemple serait la bienvenue. FX est à la tête de notre fédération depuis 2018, il me semble qu’une alternance est nécessaire.
On a le sentiment qu’il existe désormais deux lignes, ou deux camps, autour de François-Xavier Dugourd et d’Emmanuel Bichot. Cette division est-elle tenable pour le parti après l’élection interne ?
Philippe Neyraud : Craignez-vous que cette campagne interne laisse des traces au sein de la droite côte-d’orienne ? Dans chaque parti politique, il existe des positionnements différents, des courants de pensées divergents, mais la ligne directrice est la même !
Chaque sympathisant, chaque adhérent doit avoir sa place dans notre mouvement dès lors que nous partageons des idées communes. Je ne pense pas que ces visions différentes laissent des traces au sein de la droite côte-d’orienne, nous sommes entre personnes « intelligentes » et j’espère que chacun saura faire preuve d’humilité.
Une chose est sûre, notre nouveau secrétaire départemental devra être impartial.
Que faudrait-il, selon vous, pour rassembler les militants LR de Côte-d’Or après cette élection ?
Philippe Neyraud : Il ne vous a pas échappé que se profilent les élections présidentielles dans moins d’un an. Un candidat légitime et porteur d’un programme novateur devrait pouvoir rassembler l’ensemble des militants.
Plus largement, comment analysez-vous le paysage politique local aujourd’hui, notamment à Dijon, à Chenôve et en Côte-d’Or ?
Philippe Neyraud : Le paysage politique local est décevant, en tout cas sur la métropole dijonnaise et sur Chenôve où je suis élu. La politique s’exerce selon de vieilles méthodes qui mêlent sectarisme, communautarisme et clientélisme. Le débat d’idées et l’intérêt des citoyens sont mis au second plan, seuls comptent la victoire et les privilèges qui vont avec la fonction. Finalement, nous sommes toujours au temps du poète Jean de la Fontaine qui dénonçait les arcanes du pouvoir.
Et au niveau national, quel regard portez-vous sur la situation de la droite et des Républicains ?
Philippe Neyraud : Comme beaucoup de nos concitoyennes et de nos concitoyens, je ne crois plus beaucoup en la politique. « La vieille génération « veut absolument donner une étiquette politique sur chaque personne. Aujourd’hui être de droite ou être de gauche ne veut plus dire grand-chose selon moi. On est tous soucieux de l’écologie ou du vivre ensemble par exemple mais on refuse la gabegie financière et l’insécurité. Et quand je vois la gestion de ma ville de Chenôve qui est tenue par des « héritiers « depuis 1977 et qui se complaisent à dépenser sans compter sans se soucier de l’intérêt général, cela me pousse à continuer le combat.
Vous allez dire que je n’ai pas réellement répondu à votre question sur la situation de la droite et des Républicains, mais selon moi, il faudrait se concentrer sur les vrais enjeux de notre société : la réforme des retraites (la même pour tous), le minimum vieillesse, les impôts locaux (loi qui date de 1977 !), la réforme de la justice, le millefeuille administratif, les prix des aliments indispensables…
Un programme réformateur et juste est indispensable pour l’avenir de notre pays, je pense que la droite et les Républicains peuvent relever ce défi !
Selon vous, quel rôle Les Républicains peuvent-ils encore jouer dans les prochaines échéances électorales ?
Philippe Neyraud : Pour moi, un bon politique est celui qui arrive à changer la vie quotidienne des gens ! Que cela soit au niveau municipal ou au niveau national. Les Républicains peuvent jouer un rôle important pour les prochaines échéances électorales à condition de toucher le plus grand nombre de nos concitoyenn(es). Aujourd’hui, la jeune génération est à l’écart de la plupart des débats nationaux. Ce sera un enjeu vital ces prochains mois de leur donner la parole. Stop à la politique politicienne, place aux actes !
