Mercredi 17 juin 2026, Florence Poznanski posera ses valises à la Bourse du Travail de Dijon pour présenter “Je t’aime camarade”, une conférence gesticulée consacrée aux engagements militants, à leurs contradictions, mais aussi à la possibilité de construire des organisations plus joyeuses, plus justes et plus collectives.
Le mercredi 17 juin 2026, la Bourse du Travail de Dijon accueillera une proposition artistique et politique singulière : Je t’aime camarade, conférence gesticulée portée par Florence Poznanski. L’accueil du public est prévu à 19h30, pour un début de séance à 20h00. L’événement, organisé avec la CGT Côte-d’Or, sera accessible en participation libre et consciente.
À travers ce spectacle-conférence, Florence Poznanski invite le public à interroger une question aussi intime que collective : comment continuer à militer sans reproduire, dans les organisations qui se veulent émancipatrices, les rapports de domination que l’on prétend combattre ? Derrière le titre chaleureux, Je t’aime camarade, se dessine une réflexion exigeante sur les pratiques militantes, les violences systémiques, les rapports de pouvoir et la nécessité de retrouver une joie politique.
Le document de diffusion présente cette conférence comme un manifeste pour des organisations militantes plus joyeuses. Florence Poznanski y mêle récit personnel, analyse politique et outils d’éducation populaire. Son parcours militant, nourri par des années d’engagement dans des organisations de gauche, sert de point de départ à une réflexion plus large sur les espaces collectifs, leurs promesses, leurs fragilités et parfois leurs impensés.
La conférence gesticulée est une forme particulière, à mi-chemin entre spectacle vivant, conférence politique et récit autobiographique. Elle permet de faire dialoguer des savoirs théoriques, des expériences vécues et des questionnements collectifs. Florence Poznanski ne se contente pas d’exposer des idées : elle met en scène une trajectoire, des contradictions, des colères, des espoirs et des apprentissages. Cette forme donne au public la possibilité d’entrer dans le sujet non par un discours abstrait, mais par une parole incarnée.
Dans Je t’aime camarade, il est question de militantisme, mais pas seulement au sens des slogans, des réunions, des manifestations ou des campagnes. La conférence s’intéresse aussi à ce qui se joue à l’intérieur des collectifs : la répartition de la parole, la place laissée aux femmes et aux minorités, les logiques d’autorité, l’épuisement militant, les violences sexistes et sexuelles, ou encore les mécanismes qui conduisent parfois à minimiser la parole de celles et ceux qui alertent.
Le spectacle pose une question dérangeante : que faire lorsque les violences surgissent dans son propre camp ? Dans les organisations militantes, dénoncer un comportement problématique peut parfois être perçu comme une menace pour le collectif. On peut alors demander aux victimes ou aux témoins de se taire, de patienter, de préserver l’image de l’organisation ou de ne pas “diviser la lutte”. Florence Poznanski retourne cette logique : taire les violences ne protège pas le mouvement, cela l’abîme.
Pour autant, Je t’aime camarade ne se présente pas comme un règlement de comptes. La conférence cherche plutôt à ouvrir des pistes. Comment faire collectif autrement ? Comment créer des espaces militants où l’on puisse s’engager sans s’épuiser, débattre sans écraser, s’organiser sans reproduire des hiérarchies invisibles ? Comment faire de la joie non pas une décoration, mais une condition de la lutte ?
La notion de militantisme joyeux traverse toute la proposition. Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf ni d’un refus de regarder les violences en face. Au contraire, la joie dont il est question naît de la lucidité, de la possibilité de nommer les problèmes, de les travailler collectivement et de construire des pratiques plus cohérentes avec les valeurs défendues. Cette joie est politique : elle suppose du soin, de l’écoute, de la responsabilité et une attention concrète aux personnes.
L’affiche de l’événement traduit cette énergie. On y voit des figures collectives, des corps en mouvement, un drapeau proclamant un “manifeste pour des organisations militantes plus joyeuses”, des couleurs vives et une ambiance de rassemblement. Le visuel annonce clairement l’esprit de la soirée : il sera question de lutte, mais aussi de fête, de réparation, de sororité, de camaraderie et de transformation collective.
Le choix de la Bourse du Travail de Dijon n’est pas anodin. Ce lieu porte une histoire sociale et syndicale forte. Il est associé aux luttes du monde du travail, aux réunions collectives, aux solidarités populaires et aux combats pour les droits sociaux. Accueillir Je t’aime camarade dans cet espace permet de faire résonner la conférence avec une mémoire militante bien réelle, tout en l’ouvrant aux questionnements contemporains sur les pratiques internes des organisations.
Florence Poznanski s’inscrit dans le champ de l’éducation populaire politique. Son travail ne vise pas seulement à transmettre un contenu, mais à provoquer une discussion. La conférence peut ainsi devenir un point de départ pour des échanges entre militantes, militants, syndicalistes, responsables associatifs, collectifs féministes, citoyennes et citoyens engagés. Chacun peut y reconnaître des situations vécues, des tensions connues, des silences partagés ou des envies de faire autrement.
Le document de présentation souligne aussi la possibilité d’accompagner la conférence par des ateliers autour de l’éducation populaire, de la formation féministe, des barrières de l’expression ou encore de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Cette dimension prolonge le spectacle au-delà de la représentation : il ne s’agit pas seulement d’assister à une soirée, mais d’ouvrir un chantier collectif.
À Dijon, cette soirée du 17 juin 2026 offrira donc un espace rare : un moment à la fois culturel, politique et sensible, où l’on pourra questionner les manières de militer sans renoncer à l’engagement. Je t’aime camarade rappelle que les luttes ne se mesurent pas seulement à leurs objectifs, mais aussi aux chemins qu’elles empruntent. Une organisation qui aspire à transformer la société doit aussi accepter de se transformer elle-même.
Avec cette conférence gesticulée, Florence Poznanski propose une parole forte, accessible et nécessaire. Elle invite à ne pas abandonner les collectifs, mais à les rendre plus habitables. À ne pas renoncer à la camaraderie, mais à l’exiger plus juste. À ne pas opposer lutte et joie, mais à comprendre que la joie peut devenir une force politique. Le 17 juin 2026, à la Bourse du Travail de Dijon, Je t’aime camarade viendra rappeler qu’un autre militantisme est possible : plus lucide, plus tendre, plus responsable — et résolument plus joyeux.

