L’inquiétude grandit à l’école maternelle Maladière, à Dijon. L’établissement est menacé de perdre une classe à la rentrée 2026, une perspective qui suscite une forte mobilisation des parents d’élèves, des enseignants et des syndicats. Pour les familles, cette éventuelle fermeture ne se résume pas à une question de chiffres : elle ferait peser un risque direct sur les conditions d’accueil, d’apprentissage et de sécurité des enfants.
Pour l’année scolaire 2025-2026, l’école accueille 119 élèves répartis dans cinq classes. Les premières projections pour 2026-2027 font état de 101 inscriptions, auxquelles pourraient s’ajouter quatre à cinq dérogations, soit un total estimé entre 105 et 106 enfants. Mais les parents refusent que la situation soit analysée uniquement à travers les effectifs. Ils alertent sur la fragilité du public accueilli, avec 14 élèves actuellement en grandes difficultés scolaires, suivis ou accompagnés par le RASED ou une AESH, auxquels s’ajoutent deux nouveaux élèves en difficulté parmi les inscriptions à venir et onze enfants présentant des besoins particuliers.
Cette réalité nourrit une inquiétude profonde dans les familles. Les prises en charge par la MDPH ou le RASED peuvent mettre près d’un an à se mettre en place, laissant les enseignants gérer seuls des situations complexes au quotidien. Dans ce contexte, la fermeture d’une classe serait vécue comme un recul majeur. Les parents redoutent des classes plus chargées, une attention moindre portée à chaque enfant et une dégradation des conditions d’apprentissage dès la maternelle, un âge où l’accompagnement individualisé est essentiel.
L’école fait déjà face à une situation tendue. Depuis plusieurs années, les absences répétées d’une enseignante perturbent le fonctionnement de l’établissement. L’année 2025-2026 a été particulièrement difficile, dans un contexte de remplacement compliqué. Cette situation, connue de la DSDEN, a fragilisé le suivi pédagogique des élèves et renforcé l’inquiétude de nombreuses familles. Les enseignants soulignent que ces absences récurrentes, associées au manque de remplaçants, ont mis l’équipe sous pression et désorganisé la vie de l’école.
Si la fermeture de classe était confirmée, les parents craignent que certaines classes puissent atteindre jusqu’à 35 élèves les jours où une enseignante absente ne serait pas remplacée. Un seuil jugé incompatible avec la gestion des comportements difficiles, l’accompagnement des élèves à besoins particuliers, la sécurité dans une école à étages et des conditions d’apprentissage déjà éprouvées, notamment par la chaleur dans certaines salles. L’équipe pédagogique, décrite comme soudée mais épuisée, alerte sur l’impossibilité de tenir une année supplémentaire dans ces conditions.
Les syndicats dénoncent de leur côté une décision avant tout budgétaire, dans un contexte national marqué, selon eux, par 4 000 suppressions de postes. Ils rappellent également qu’aucune augmentation du recrutement n’est prévue pour le pôle de remplaçants en 2026-2027, ce qui fait craindre une aggravation des non-remplacements. Pour les parents, cette perspective renforce le sentiment que l’école risque d’être fragilisée durablement, alors même que les besoins des enfants restent importants.
Face à cette menace, plusieurs actions ont déjà été engagées. Une réunion syndicale a été organisée afin d’informer les familles, tandis qu’une pétition en ligne a déjà rassemblé près de 300 signatures. Un rendez-vous est également prévu lundi 15 juin avec la DSDEN, en présence de M. Matet, adjoint au directeur académique chargé du premier degré, et de Mme Pipon, cheffe de division des unités d’enseignement.
La mobilisation doit se poursuivre vendredi 19 juin, jour de la commission qui décidera du maintien ou non de la classe. Une manifestation, une grève de l’école et l’annulation de la kermesse initialement prévue ce jour-là sont annoncées. Les parents élus disent vouloir faire de cette journée un temps fort pour défendre l’avenir de l’établissement et les conditions d’accueil des enfants.
« Nous refusons que nos enfants soient les victimes de choix budgétaires. Nous irons jusqu’au bout pour obtenir le maintien de la classe », affirme le collectif des parents élus de l’école maternelle Maladière. Pour eux, l’enjeu dépasse la seule organisation interne de l’école : il s’agit de garantir à chaque enfant un cadre stable, sécurisé et adapté à ses besoins.
