Du 18 au 20 juin 2026, le Refugee Food Festival fera son retour à Dijon pour une 7e édition placée sous le signe du partage, de la rencontre et des cuisines du monde. Organisé autour de la Journée mondiale des réfugiés, célébrée chaque année le 20 juin, l’événement entend rappeler que la cuisine peut être un formidable espace de dialogue entre les cultures, les parcours de vie et les habitants d’un territoire.
À Dijon, comme dans onze autres villes de France et leurs alentours, le festival proposera plusieurs rendez-vous culinaires réunissant cuisiniers réfugiés, chefs locaux, structures de restauration et convives. L’objectif reste fidèle à l’esprit du Refugee Food Festival : changer le regard porté sur les personnes réfugiées en valorisant leurs savoir-faire, leurs histoires et leurs recettes.
Depuis plus de dix ans, le festival a déjà rassemblé 100 000 participants. À travers des repas, des ateliers, des collaborations en cuisine ou des menus imaginés à plusieurs mains, il défend une idée simple : la rencontre permet de dépasser les peurs, les préjugés et les discours d’exclusion. Autour d’une table, chacun arrive avec une mémoire, une culture, un goût d’enfance ou une recette familiale. C’est cette diversité que le Refugee Food Festival souhaite mettre en lumière.
Pour cette édition 2026, la programmation dijonnaise débutera le jeudi 18 juin dans les cantines scolaires de Dijon métropole. La cuisine centrale collaborera avec le traiteur Kër et les cuisinières Cherish Amos, Frishta Sakhi et Sivaruby Nadarajah. Près de 8 000 couverts seront servis dans les cantines scolaires, permettant aux enfants de découvrir des saveurs issues de parcours et de traditions différentes. Ce premier temps fort illustre la volonté du festival de faire entrer la rencontre culinaire dans des lieux du quotidien, au plus près des habitants.
Le vendredi 19 juin, le restaurant Hey Papi accueillera un dîner aux saveurs géorgiennes et latino-américaines, imaginé avec la cuisinière Parida Alievi. Cette soirée proposera une cuisine métissée, construite autour de l’échange entre inspirations personnelles, héritages culinaires et création contemporaine. Le festival défend ainsi une cuisine vivante, nourrie par les déplacements, les rencontres et les expériences de celles et ceux qui la transmettent.
Le samedi 20 juin, jour de la Journée mondiale des réfugiés, un atelier de cuisine arménienne sera organisé à Epi’Sourire. Il sera animé par Suzanna Ter-Mkrtchyan, cuisinière du traiteur Kër, avant de se poursuivre par un repas partagé et un moment convivial et musical. Ce rendez-vous résume l’esprit de l’événement : apprendre ensemble, cuisiner ensemble, puis s’asseoir à la même table pour prolonger la rencontre.
Au-delà de sa programmation locale, le Refugee Food Festival s’inscrit dans un contexte international marqué par des déplacements de population toujours plus nombreux. Le communiqué rappelle que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés estime à 123 millions le nombre de personnes déplacées dans le monde. Face à ces chiffres, le festival choisit de remettre les individus au centre du récit. Derrière les mots « migrants » ou « réfugiés », il y a des personnes, des histoires, des compétences et des trajectoires singulières.
Cette démarche est incarnée par des parcours comme celui d’Olga Glekh, professeure de français à l’Université de Tchernivtsi, en Ukraine, contrainte de quitter son pays après le déclenchement de la guerre en 2022. Arrivée en France, elle s’est engagée dans le programme Vitanya, porté par Refugee Food, qui accompagne les personnes venues d’Ukraine dans leur insertion professionnelle. Elle enseigne aujourd’hui le français au sein de l’école de Refugee Food, qui forme des personnes réfugiées au métier de commis de cuisine.
L’édition 2026 est également portée par deux marraines : la cheffe étoilée Manon Fleury et l’actrice, autrice et réalisatrice Aïssa Maïga. Toutes deux défendent, chacune à leur manière, une vision ouverte de la société et de la cuisine. Pour Manon Fleury, la restauration est un secteur capable d’intégrer des personnes qui ont dû quitter leur pays, car la cuisine constitue un langage universel. À travers les croisements entre les cultures, les gestes et les manières de faire, de nouvelles recettes peuvent naître.
Aïssa Maïga voit elle aussi dans la cuisine un lieu puissant de transmission et de lien. Marquée par une histoire personnelle nourrie de plusieurs cultures, entre la France, le Mali et le Vietnam, elle rappelle que l’identité se construit dans les rencontres et le partage. Son engagement auprès du Refugee Food Festival met en avant la capacité de la cuisine à porter la mémoire, l’exil, mais aussi la joie, la créativité et la reconstruction.
À Dijon, cette 7e édition s’annonce donc comme bien plus qu’un simple rendez-vous gastronomique. En investissant les cantines scolaires, les restaurants et les lieux de convivialité, le Refugee Food Festival invite les habitants à goûter d’autres histoires et à rencontrer celles et ceux qui les portent. Pendant trois jours, les assiettes deviendront des espaces de dialogue, où les recettes venues d’ailleurs se mêleront aux savoir-faire locaux.
Avec cette nouvelle édition, le Refugee Food Festival poursuit son ambition : faire de la cuisine un outil d’hospitalité et de reconnaissance. À travers les repas partagés, les ateliers et les collaborations culinaires, l’événement rappelle qu’une société se construit aussi autour de ce que l’on accepte de découvrir ensemble. À Dijon, du 18 au 20 juin, la table sera ouverte à toutes les mémoires, à toutes les saveurs et à toutes les rencontres.
