La Salle des États de l’hôtel de ville de Dijon était pleine à craquer, hier soir, pour un moment à la fois solennel, politique et personnel. Nathalie Koenders, maire de Dijon et première vice-présidente de Dijon métropole, a reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur des mains de François Rebsamen, président de Dijon métropole et ancien ministre.
La cérémonie s’est tenue en présence de nombreuses personnalités politiques, institutionnelles et associatives. Parmi elles figuraient notamment Violaine Demaret, préfète de la Côte-d’Or, François Sauvadet, président du conseil départemental de la Côte-d’Or, Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, mais aussi l’ancien préfet Paul Mourier. Des parlementaires, élus locaux, représentants du monde économique et associatif, proches, amis et membres de la famille étaient également présents pour entourer la maire de Dijon lors de cette remise de distinction.
Dans son allocution, François Rebsamen a retracé le parcours de Nathalie Koenders, en insistant sur les différentes étapes d’une trajectoire marquée par l’engagement. Il a d’abord rappelé son enfance dijonnaise, après une naissance à Rennes et une arrivée à Dijon à l’âge de quatre ans. C’est dans la capitale bourguignonne que Nathalie Koenders a grandi, étudié et construit une grande partie de son identité personnelle, sportive et politique.
L’ancien maire de Dijon est revenu sur les années de formation de celle qui allait devenir, plusieurs décennies plus tard, la première femme maire de la ville. Élève à Montchapet, au collège Marcel Pardé puis au lycée Charles-de-Gaulle, Nathalie Koenders a aussi été marquée par la musique, notamment le saxophone, et par le sport. Son choix s’est porté sur le kayak, discipline qu’elle a pratiquée à haut niveau et qui a profondément façonné son caractère.
Pour François Rebsamen, cette expérience sportive a laissé une empreinte durable dans la personnalité de Nathalie Koenders. Il a souligné les valeurs de persévérance, d’endurance, de discipline et de respect acquises au fil de son parcours d’athlète. Des valeurs que l’on retrouve, selon lui, dans sa manière d’exercer ses responsabilités publiques.
Le président de Dijon métropole a également évoqué l’histoire familiale de Nathalie Koenders. Élevée par sa mère après la séparation de ses parents et la disparition précoce de son père, elle a très tôt été confrontée aux réalités vécues par de nombreuses familles monoparentales. Un sujet qui résonne aujourd’hui dans son action municipale, puisqu’elle a souhaité, dès son arrivée à la tête de la ville, engager un plan de soutien en direction de ces familles.
François Rebsamen est ensuite revenu sur leur rencontre politique, à la fin de l’année 2007. À l’époque, il propose à Nathalie Koenders de rejoindre sa liste pour les élections municipales de 2008. Une décision qui marque le début d’un long compagnonnage politique. Élue municipale, puis adjointe, première adjointe, maire par intérim, et enfin maire de Dijon depuis le 25 novembre 2024, Nathalie Koenders s’est progressivement imposée comme l’une des figures centrales de la majorité dijonnaise.
Dans son discours, François Rebsamen a rappelé les responsabilités exercées par Nathalie Koenders au fil des années, aussi bien à la Ville qu’à la métropole. Commerce, administration générale, démocratie participative, mobilités actives, tranquillité publique : autant de dossiers qui ont contribué à forger son expérience d’élue de terrain. Il a notamment insisté sur sa capacité d’écoute et de dialogue avec les habitants, décrivant une élue attachée au contact direct avec les Dijonnaises et les Dijonnais.
La question de la sécurité a également été abordée. François Rebsamen a salué une responsable publique lucide et pragmatique, capable de porter un discours de fermeté sans renoncer aux valeurs de gauche. Selon lui, Nathalie Koenders défend une approche fondée sur la prévention, la dissuasion, la sanction et la réparation due aux victimes.

La cérémonie a aussi été l’occasion de revenir sur la transmission politique entre François Rebsamen et Nathalie Koenders. L’ancien maire a souligné la réussite d’un passage de témoin préparé dans le temps, avant de rappeler la place particulière qu’occupe désormais Nathalie Koenders dans l’histoire municipale dijonnaise. En devenant maire de Dijon, elle est devenue la première femme à exercer cette fonction dans la capitale bourguignonne.
François Rebsamen a également évoqué plusieurs projets auxquels Nathalie Koenders a contribué : les deux premières lignes du tramway, la base nautique du lac Kir, la place du 30-Octobre, le retour du Tour de France à Dijon ou encore les politiques de mobilités actives. Il a présenté Nathalie Koenders comme une élue inscrite dans la continuité de la transformation engagée à Dijon depuis plus de deux décennies, tout en portant son propre style et sa propre vision pour l’avenir de la ville.
Au moment de recevoir les insignes, Nathalie Koenders a pris la parole avec émotion et humilité. Elle a d’abord remercié François Rebsamen pour ses mots, tout en soulignant que cette distinction ne devait pas être comprise comme la reconnaissance d’un parcours uniquement individuel. Pour la maire de Dijon, cette Légion d’honneur est aussi une reconnaissance collective, rendue possible par les rencontres, les soutiens, les institutions, les associations et toutes celles et ceux qui l’ont accompagnée.
Nathalie Koenders a longuement insisté sur ce qu’elle appelle la promesse républicaine : rendre possibles des parcours qui ne sont pas écrits d’avance. Elle a rappelé que la chance n’arrive pas seule, mais qu’elle se construit par le travail, la curiosité, l’audace et la capacité à saisir les opportunités. Un message qu’elle dit avoir voulu transmettre à ses enfants, mais aussi à ses élèves lorsqu’elle enseignait au CREPS.
Dans une intervention très personnelle, la maire de Dijon est revenue sur son lien profond avec la ville. Elle a raconté cette connaissance intime du territoire, faite de visages croisés dans les rues, d’anciens camarades d’école, d’enseignants, de sportifs, d’acteurs associatifs et d’habitants rencontrés au fil des années. Pour elle, être maire suppose de connaître sa ville non pas de façon abstraite, mais par une relation vivante, concrète et quotidienne.
Elle a aussi rendu hommage à sa mère, qui l’a élevée seule avec son frère. Nathalie Koenders a rappelé que ce parcours familial avait nourri son regard sur les familles monoparentales et sur le rôle que doivent jouer les pouvoirs publics. Selon elle, l’égalité ne consiste pas seulement à accorder les mêmes droits à toutes et tous, mais aussi à corriger les inégalités réelles qui pèsent sur certains parcours de vie.

Deux dimensions ont particulièrement compté dans sa construction : la culture et le sport. Nathalie Koenders a évoqué son apprentissage du saxophone, rendu possible par l’accès au service public municipal de la culture. Elle y voit un outil d’émancipation, capable d’ouvrir l’esprit, de nourrir l’imaginaire et de donner à chacun une part de liberté.
Le sport, lui aussi, occupe une place centrale dans son parcours. Inscrite enfant à des activités municipales au lac Kir, Nathalie Koenders découvre le kayak presque par hasard. Cette discipline l’amènera au plus haut niveau et lui enseignera, selon ses mots, le goût de l’effort, la rigueur, le respect des règles, la capacité à perdre, à se relever et à persévérer. Elle est également revenue sur ses échecs, notamment sa non-qualification pour les Jeux olympiques de Sydney en 2000, qu’elle considère avec le recul comme une épreuve formatrice.
La maire de Dijon a également évoqué son parcours professionnel et universitaire, entre STAPS, l’INSEP, le droit public, le ministère de la Jeunesse et des Sports, puis le CREPS. Elle a raconté les chemins parfois inattendus qui l’ont conduite à l’engagement politique, jusqu’à la proposition faite par François Rebsamen de rejoindre son équipe en 2008. Une proposition qu’elle dit avoir acceptée avec l’envie de se rendre utile à une ville qui lui avait beaucoup donné.
Nathalie Koenders a ensuite rendu hommage à François Rebsamen, qu’elle a décrit comme un grand maire de Dijon, ayant profondément transformé la ville en vingt-cinq ans. Elle a salué une méthode fondée sur le rassemblement, l’ouverture, la confiance et la transmission. Cette transmission, préparée dans la durée, lui a permis d’accéder aux fonctions de maire le 25 novembre 2024.
Dans son discours, elle a également défendu une conception très concrète du mandat municipal. Être maire, a-t-elle expliqué, c’est agir 365 jours par an, être confronté au réel, décider parfois dans l’urgence, écouter, dialoguer et chercher des solutions avec les habitants, les agents, les associations, les entreprises et les partenaires institutionnels. Pour elle, l’échelon local est aujourd’hui essentiel pour rassembler, faire face aux tensions et permettre l’avenir.
La maire de Dijon a aussi affirmé son attachement au service public, qu’elle considère comme un levier d’égalité, d’émancipation et de cohésion. Elle a défendu les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, en insistant notamment sur la justice sociale, l’universalisme républicain et l’égalité entre les femmes et les hommes.
Devenir la première femme maire de Dijon donne, selon elle, une responsabilité particulière. Nathalie Koenders a confié mesurer l’importance symbolique de cette fonction, notamment auprès des jeunes filles qui peuvent désormais s’identifier à une femme à la tête de la ville. Elle a dit vouloir être une maire qui rassemble plutôt qu’elle ne divise, dans une période où le débat public est de plus en plus polarisé.
La cérémonie s’est achevée sur des mots de fidélité, de transmission et d’engagement. Nathalie Koenders a dit recevoir cette distinction comme une exigence : rester fidèle à ce qui l’a construite et ouvrir à son tour des chemins pour les autres. En conclusion, elle a placé son engagement au service de la République, de la France et de Dijon, cette ville qu’elle dit aimer profondément.
En lui remettant les insignes de chevalier de la Légion d’honneur, François Rebsamen a salué une « républicaine convaincue », une « citoyenne exemplaire », une « élue remarquable » et une « femme de cœur ». Une distinction qui vient consacrer un parcours personnel, sportif, professionnel et politique désormais pleinement inscrit dans l’histoire de Dijon.
































