Le groupe Agir pour Dijon – droite, centre et indépendants demande le retrait du rappeur Médine de la programmation du Golden Coast Festival. À défaut, il souhaite que la Ville de Dijon et Dijon Métropole réexaminent les aides publiques accordées à l’événement.
La programmation du Golden Coast Festival suscite une nouvelle controverse politique à Dijon. Dans un communiqué publié samedi 4 juillet, le groupe Agir pour Dijon – droite, centre et indépendants conteste la présence du rappeur Médine à l’affiche de l’édition 2026. Le collectif affirme avoir appris son arrivée quelques jours après l’examen des soutiens apportés au festival par les collectivités locales et demande aux organisateurs de revenir sur leur choix.
Prévu les 28, 29 et 30 août au parc de la Combe à la Serpent, le Golden Coast organisera cette année sa troisième édition. Présenté comme un événement entièrement consacré au rap et à la culture hip-hop, le festival doit accueillir une cinquantaine d’artistes répartis sur quatre scènes. Médine apparaît actuellement dans la programmation publiée sur le site officiel de l’événement, aux côtés notamment d’Aya Nakamura, Damso, Macklemore, Busta Rhymes ou encore PLK.
Dans son communiqué, Agir pour Dijon qualifie l’ajout de Médine de tardif et considère que la présence de l’artiste ne correspond pas à la vocation rassembleuse que devrait, selon lui, conserver le festival. Le groupe demande donc son retrait de la programmation. Dans le cas contraire, il appelle la Ville de Dijon et Dijon Métropole à reconsidérer le maintien de leurs concours financiers.
La question des financements publics occupe une place centrale dans cette prise de position. Une convention entre la Ville de Dijon et l’association Ekip, qui porte le Golden Coast, figurait à l’ordre du jour du conseil municipal du 22 juin. De son côté, Dijon Métropole a inscrit dans son budget primitif pour 2026 un soutien de 170 000 euros à l’association organisatrice, soit un montant identique à celui attribué l’année précédente. La collectivité justifie cette aide par le succès des deux premières éditions et par la place prise par le festival dans le paysage du rap francophone.
Pour motiver sa demande, le groupe d’opposition revient sur plusieurs controverses ayant marqué la carrière de Médine. Il évoque notamment le message publié en 2023 à propos de l’essayiste Rachel Khan, d’anciennes photographies dans lesquelles le rappeur effectuait le geste de la « quenelle » ainsi que certaines paroles de la chanson Don’t Laïk, consacrée à la laïcité. Le communiqué interprète ces différents épisodes comme incompatibles avec l’utilisation d’argent public pour soutenir le festival. Ces appréciations relèvent toutefois de la position politique exprimée par Agir pour Dijon et ne constituent pas une qualification judiciaire des faits.
Médine a, pour sa part, régulièrement contesté les accusations d’antisémitisme et d’islamisme formulées à son encontre. Après son jeu de mots visant Rachel Khan en 2023, l’artiste avait reconnu une erreur, présenté ses excuses et affirmé ne pas avoir eu à l’esprit l’histoire familiale de l’essayiste. Concernant Don’t Laïk, il a expliqué que son texte visait ce qu’il considère comme une instrumentalisation ou une « laïcité dévoyée », et non le principe de laïcité lui-même.
La contestation portée par Agir pour Dijon intervient après une première réaction du groupe Rassemblement national au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Celui-ci a également demandé la suspension des subventions publiques après l’annonce de la venue du rappeur, programmée le dimanche 30 août. La présence de Médine au Golden Coast devient ainsi un sujet de débat dépassant la seule politique municipale dijonnaise.
À ce stade, le communiqué d’Agir pour Dijon ne rapporte aucune réponse des organisateurs, de la municipalité ou de Dijon Métropole. Médine demeure inscrit sur le site officiel du festival. La controverse devrait désormais porter à la fois sur la liberté de programmation des événements culturels, la responsabilité des organisateurs et les conditions dans lesquelles les collectivités accordent leurs financements publics.
Communiqué de presse du 4 juillet 2026 :
Agir pour Dijon – droite, centre et indépendants
« Golden Coast doit être un festival qui rassemble, et non pas qui divise »
Nous apprenons, quelques jours seulement après le vote des subventions de la ville de Dijon et de Dijon métropole au festival Golden Coast prévu les 28,29 et 30 août 2026, qu’un artiste polémique a été rajouté en dernière minute à la programmation.
Médine est l’un des rappeurs français les plus controversés de sa génération. Ses textes, son engagement politique et plusieurs de ses prises de position publiques ont suscité des polémiques récurrentes depuis de nombreuses années. Récemment des oppositions fermes se sont exprimées dans le Morbihan pour le département, à Strasbourg pour l’équipe municipale puis à Paris pour les services de l’État.
Les principales controverses portent notamment sur des accusations d’antisémitisme, avec un message publié sur les réseaux sociaux visant Rachel Khan en 2023, des références passées à la « quenelle » et des liens avec certaines personnalités controversées, ses positions sur la religion et la laïcité, avec notamment une critique virulente de la laïcité à la française dans la chanson « Don’t Laik » (« Crucifions les laïcards comme à Golgotha ») et des messages à caractère islamiste.
Le rappeur Médine n’est pas le bienvenu à Dijon.
En conséquence, nous exigeons donc des organisateurs qu’ils retirent cet artiste de la programmation. À défaut, nous appelons la Ville de Dijon et Dijon Métropole à reconsidérer le maintien des subventions publiques accordées à ce festival.
Agir pour Dijon – droite, centre et indépendants
