La future bibliothèque François-Mitterrand et l’école Bourdenière ont été visées par des incendies dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet. Entouré d’élus municipaux, le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, a dénoncé une escalade particulièrement grave des violences. La préfecture de la Côte-d’Or a annoncé la mobilisation de CRS en renfort.
« Cette nuit, un seuil supplémentaire a été franchi. » C’est par ces mots que Thierry Falconnet a pris la parole, lundi 6 juillet 2026, après une nouvelle nuit de violences à Chenôve. Deux équipements publics majeurs de la commune ont cette fois été directement pris pour cible : la future bibliothèque François-Mitterrand, actuellement en chantier, et l’école Bourdenière.
Le maire a exprimé une vive colère face à la nature des bâtiments visés. Jusqu’à présent, a-t-il rappelé, les incendies concernaient principalement des véhicules, des conteneurs ou du mobilier urbain. Des faits qu’il jugeait déjà « inacceptables », mais qui ont désormais changé de dimension.
« Une école. Une bibliothèque. Deux établissements qui incarnent ce que la République offre de plus fondamental : l’instruction, l’accès au savoir, la culture, l’égalité des chances et le service public. »
Selon Thierry Falconnet, Chenôve aurait connu, en l’espace d’une semaine, autant d’incendies volontaires qu’au cours des six mois précédents. Quelques jours plus tôt, six véhicules avaient notamment été incendiés rue Édouard-Herriot et impasse Prosper-Gallois, malgré le couvre-feu instauré pour les mineurs de moins de 16 ans. Cette mesure, entrée en vigueur le 19 juin, doit rester applicable jusqu’au 17 juillet.
« Quelques individus prennent en otage toute une commune »
Pour l’élu, ces incendies dépassent le cadre de simples dégradations matérielles. Ils contribueraient également à installer un climat de peur et à éloigner les habitants de l’espace public.
« Ces actes ne sont pas de simples dégradations. Ils visent aussi à installer un climat d’inquiétude, à faire reculer la présence des habitants dans l’espace public, à donner le sentiment que quelques individus pourraient imposer leur loi à toute une ville. »
Thierry Falconnet dit porter la colère d’un maire confronté à la destruction d’équipements financés par l’argent public, mais aussi celle des habitants qui refusent de voir leur commune « prise en otage » par quelques individus.
Il rappelle également que Chenôve a déjà été durement frappée par les violences urbaines. Le poste de police, le centre aéré, la Maison du Plateau, l’Hôtel de Ville et le Centre communal d’action sociale ont, par le passé, été victimes d’incendies criminels.
« Nous ne pouvons accepter que cette histoire se répète. Quelques minutes suffisent pour compromettre plusieurs années de travail, plusieurs millions d’euros d’investissements publics et des projets attendus par toute une population. »
Le maire souligne que les conséquences financières de ces destructions finissent toujours par peser sur les habitants et les contribuables.
La Ville demande une réponse judiciaire rapide
Face à la multiplication des incidents, la municipalité affirme avoir renforcé les horaires de la police municipale, pris des arrêtés contre les mortiers d’artifice et instauré un couvre-feu ciblé pour les mineurs. La coopération avec la Police nationale, la préfecture et le parquet a également été intensifiée.
Thierry Falconnet a salué l’action des policiers nationaux et municipaux, des sapeurs-pompiers, des agents de la Ville et des services de l’État, mobilisés depuis plusieurs nuits dans des conditions difficiles.
Il estime néanmoins que les moyens d’une commune ne peuvent suffire face à une telle succession d’actes.
« Une commune ne peut pas, seule, faire face durablement à une telle succession d’actes criminels. Les habitants de Chenôve sont en droit d’attendre que ceux qui commettent ces actes soient rapidement identifiés, interpellés et traduits devant la justice. »
De son côté, la préfecture de la Côte-d’Or a annoncé que des renforts de CRS seraient mobilisés dès la fin de journée afin de renforcer le dispositif de sécurité.
S’adressant directement aux Chenevelières et aux Cheneveliers, Thierry Falconnet a assuré que la municipalité ne relâcherait pas ses efforts malgré l’inquiétude et la lassitude grandissantes.
« Les habitants de Chenôve ont droit à la tranquillité. Ils ont droit à la sécurité. Ils ont droit à des services publics protégés. Ils ont le droit de vivre en paix. »

