Alors que François Rebsamen doit officialiser sa candidature aux élections sénatoriales en Côte-d’Or, Emmanuel Bichot dénonce un manque de transparence à l’égard des électeurs dijonnais et des élus métropolitains. L’opposant accuse également le président de Dijon Métropole d’utiliser sa fonction pour préparer sa campagne.
L’annonce n’est pas encore officielle, mais elle provoque déjà de premières réactions politiques. François Rebsamen, président de Dijon Métropole, doit officialiser mercredi 8 juillet sa candidature aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026.
Emmanuel Bichot, figure de l’opposition dijonnaise et métropolitaine, a vivement réagi à cette candidature annoncée. Dans une déclaration particulièrement offensive, il y voit « une marque supplémentaire de mépris pour les électeurs et de désinvolture démocratique ».
Les électeurs dijonnais « trompés », selon Emmanuel Bichot
L’élu d’opposition reproche tout d’abord à François Rebsamen son positionnement lors des élections municipales de mars 2026. Selon lui, l’ancien maire de Dijon se serait présenté devant les électeurs en affichant sa volonté de poursuivre son action à la tête de la métropole, sans évoquer une éventuelle candidature au Sénat.
« Envers les électeurs dijonnais d’abord, au mois de mars 2026, quand il était candidat pour présider la métropole pour le futur mandat », déclare Emmanuel Bichot.
François Rebsamen a effectivement été réélu président de Dijon Métropole le 16 avril 2026, à l’occasion de l’installation du nouveau conseil métropolitain, pour un mandat de six ans.
Une candidature qui n’aurait pas été évoquée devant les élus métropolitains
Emmanuel Bichot adresse également ses critiques aux conditions dans lesquelles François Rebsamen a obtenu les suffrages des conseillers métropolitains issus des 23 communes de l’agglomération.
Il affirme que le président sortant leur a présenté, à la mi-avril, sa vision stratégique pour la nouvelle mandature, sans les informer de ses intentions sénatoriales.
« À l’égard des conseillers communautaires ensuite, élus des 23 communes de la métropole, à qui il a présenté, mi-avril, sa vision stratégique du nouveau mandat pour mieux briguer leurs suffrages, sans rien dévoiler de ses intentions sénatoriales », poursuit Emmanuel Bichot.
Lors de sa réélection, François Rebsamen avait notamment placé la nouvelle mandature sous le signe de la continuité de l’action publique et de la coopération entre les communes.
Pour Emmanuel Bichot, la perspective d’une entrée au Sénat soulève désormais des interrogations sur l’engagement du président de Dijon Métropole à exercer son mandat pendant les six prochaines années.
Une campagne menée « sur le dos de la métropole »
L’opposant va plus loin en accusant François Rebsamen de commencer sa campagne sénatoriale en s’appuyant sur les moyens et les événements de Dijon Métropole.
« Et maintenant commence ouvertement une campagne sur le dos de la métropole, avec tous les élus de la métropole invités pendant deux jours, les 4 et 5 septembre prochains », dénonce-t-il.
Cette affirmation relève, à ce stade, de l’accusation politique formulée par Emmanuel Bichot. Aucun élément public ne permet d’établir que ce rendez-vous des 4 et 5 septembre constituerait officiellement une opération de campagne électorale.
Les élections sénatoriales étant organisées au suffrage universel indirect, les conseillers municipaux et communautaires représentent une part importante du collège des grands électeurs. La campagne des candidats s’adresse donc principalement aux élus locaux.
Une campagne sénatoriale qui se précise
La candidature de François Rebsamen était évoquée depuis plusieurs semaines. Interrogé au début du mois de juin, le président de Dijon Métropole avait entretenu le suspense et refusé de confirmer ses intentions.
La décision de François Patriat, président du groupe macroniste au Sénat, de ne pas solliciter un nouveau mandat a contribué à clarifier la situation politique en Côte-d’Or.
L’officialisation de la candidature de François Rebsamen devrait désormais ouvrir une nouvelle séquence politique dans le département. Elle promet également de raviver les tensions avec l’opposition dijonnaise, qui entend placer la question de la transparence et du cumul des responsabilités au cœur du débat.
