Le Service Express Régional Métropolitain du Dijonnais entre dans une phase décisive. Réunis ce jeudi à l’occasion du comité de pilotage du projet, l’État, la Région Bourgogne-Franche-Comté, Dijon métropole et les collectivités partenaires ont signé une charte de coopération interterritoriale destinée à structurer les prochaines étapes de ce futur réseau de mobilités du quotidien.
Cette signature marque une avancée importante pour un projet présenté comme l’un des leviers majeurs de transformation des déplacements à l’échelle du bassin de vie dijonnais. Labellisé par l’État en février 2025, le SERM du Dijonnais est désormais engagé dans sa phase de préfiguration. L’objectif est de construire progressivement une offre de transport plus lisible, mieux coordonnée et plus durable, en associant le train, les bus, le tramway, les mobilités actives, le covoiturage et d’autres solutions de déplacement.
Au-delà de la seule question des transports, les partenaires entendent faire du SERM un outil d’aménagement du territoire. Le projet doit permettre de renforcer les liens entre Dijon métropole et les intercommunalités voisines, tout en répondant aux besoins concrets des habitants : se rendre au travail, rejoindre un lieu d’études, accéder aux soins, aux services publics ou aux équipements du quotidien. Il s’agit aussi de proposer une alternative plus efficace à l’usage individuel de la voiture, dans un contexte de transition écologique et de recherche de solutions moins carbonées.
La charte signée ce jeudi formalise une dynamique engagée depuis plus d’un an entre les trois copilotes du projet — l’État, la Région Bourgogne-Franche-Comté et Dijon métropole — ainsi que les établissements publics de coopération intercommunale partenaires, le Département de la Côte-d’Or et les gestionnaires d’infrastructures. Au total, 21 partenaires sont aujourd’hui associés à cette démarche collective.
Ce document fixe un cadre commun. Il acte l’engagement des territoires autour du SERM, définit le périmètre du projet, précise sa feuille de route et consolide une gouvernance partagée pour préparer les prochaines étapes. L’engagement reste à ce stade moral et collectif : il traduit une volonté politique commune, sans préjuger des futurs engagements techniques ou financiers qui devront être précisés au fil de l’avancement du dossier.
Pour les acteurs réunis autour de la table, l’enjeu est de dépasser les frontières administratives afin de penser les mobilités à l’échelle réelle des déplacements quotidiens. Les trajets domicile-travail, les accès aux services ou encore les déplacements entre pôles urbains et territoires périurbains ne s’arrêtent pas aux limites institutionnelles. Le SERM doit donc répondre à cette réalité en construisant une offre cohérente à l’échelle du bassin de vie.

La préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfète de la Côte-d’Or, Violaine Démaret, voit dans ce projet un outil destiné à faciliter la vie quotidienne des habitants. Elle souligne que le SERM doit contribuer à améliorer l’accès à l’emploi, à la formation, aux soins et aux services, tout en accompagnant les transitions écologique et territoriale. Pour l’État, la réussite du projet reposera sur l’implication de l’ensemble des partenaires.
Même logique du côté de la Région. Son président, Jérôme Durain, insiste sur la nécessité de construire une ambition commune plutôt que de juxtaposer les compétences de chacun. Selon lui, cette charte marque une étape importante car elle permet de penser les déplacements à l’échelle des bassins de vie, là où les habitants vivent, travaillent et se déplacent réellement.
François Rebsamen, président de Dijon métropole, défend pour sa part une vision élargie du projet. Le SERM, affirme-t-il, ne doit pas être considéré uniquement comme un projet de mobilité, mais comme un véritable projet d’aménagement du territoire. Il doit permettre de lutter contre les inégalités spatiales, de renforcer la cohésion entre les territoires et de soutenir l’attractivité du bassin dijonnais.
La signature de cette charte ouvre désormais une nouvelle séquence de travail. Les études de préfiguration en cours devront permettre d’analyser plus précisément les besoins de déplacement, d’identifier les évolutions possibles de l’offre de mobilité et de préparer le dépôt du dossier de demande de statut du SERM auprès de l’État, attendu à l’horizon 2027.
Le projet devrait avancer de manière progressive et concertée. Les partenaires affichent leur volonté de construire des solutions pragmatiques, adaptées aux usages réels des habitants, aux besoins des entreprises et aux spécificités des différents territoires. Avec cette charte, le SERM du Dijonnais passe ainsi d’une ambition partagée à une méthode de travail commune, première condition pour faire émerger, dans les prochaines années, un réseau de mobilités plus intégré autour de Dijon.
