Alors que la carte scolaire pour la rentrée prochaine vient d’être rendue publique, la députée de la Côte-d’Or Catherine Hervieu exprime de vives inquiétudes dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi.
Le projet présenté par le Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) prévoit 47 fermetures de classes pour seulement 24 ouvertures dans les écoles maternelles et élémentaires du département. Une restructuration qui n’épargne aucun niveau, y compris l’enseignement agricole public.
Pour la députée, cette nouvelle organisation du réseau scolaire ne répond pas aux enjeux éducatifs mais à des logiques budgétaires : « L’élaboration de la carte scolaire doit s’inscrire dans une logique pédagogique clairement définie. Elle ne saurait reposer sur une finalité purement comptable », déclare-t-elle.
Au-delà des fermetures de classes, ce sont aussi des postes d’enseignants supprimés et des heures d’enseignement réduites, dans un contexte déjà tendu : manque d’AESH, d’enseignants spécialisés, d’infirmiers, de psychologues scolaires… autant de difficultés que le projet ne fait qu’aggraver.
Catherine Hervieu alerte également sur les effets en cascade de ces décisions : déscolarisation possible dans certaines communes, perte d’attractivité des territoires ruraux, impact sur le tissu économique local. « Si l’Éducation est bien une priorité nationale, cela doit se refléter dans les choix budgétaires », insiste-t-elle.
La députée demande une révision du projet de carte scolaire, en appelant à deux principes :
- Toute économie réalisée doit être réinvestie dans le système éducatif, au bénéfice direct des élèves ;
- Aucune fermeture ne doit être décidée sans garantie d’une amélioration réelle des conditions d’apprentissage.
Enfin, Catherine Hervieu s’inquiète d’un arbitrage budgétaire qui semble reléguer l’Éducation au second plan face à d’autres priorités nationales, comme la Défense. Elle conclut en réaffirmant sa vision : « Prendre soin et bien éduquer nos enfants et nos jeunes, c’est aussi prendre soin de notre pays et préparer l’avenir avec ambition. »
Communiqué de presse du 3 avril 2025 :
Pour une carte scolaire au service d’un projet garantissant les meilleures conditions d’apprentissage et d’éducation.
En Côte-d’Or, la présentation de la carte scolaire pour la rentrée prochaine soulève de vives interrogations. Le nouveau paysage éducatif, dévoilé par le Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) prévoit 47 fermetures de classes, pour 24 ouvertures, rien que pour les écoles maternelles et élémentaires. Tous les niveaux et enseignements sont concernés, à l’image de l’enseignement agricole public qui n’est pas épargné. Aux fermetures de classes s’ajoutent des suppressions de postes comme de nombreuses heures d’enseignement. Ce sont les élèves et les enseignants qui en pâtissent. Plus largement, les conséquences se répercutent à l’ensemble du territoire : sur l’attractivité des communes, sur le dynamisme économique local.
L’élaboration de la carte scolaire doit s’inscrire dans une logique pédagogique clairement définie. Elle ne saurait reposer sur une finalité purement comptable, ce qui la réduirait à n’être qu’une variable d’ajustement budgétaire parmi d’autres.
Si on considère, que l’Éducation est une priorité majeure pour notre pays, cela doit se traduire dans les équations budgétaires. Aussi, je partage les incompréhensions légitimes de nombreux enseignants et parents d’élèves quant aux projets de fermeture impactant les établissements scolaires, qui sont déjà en forte tension. Celle-ci est due, en grande partie au manque d’AESH, d’enseignants spécialisés, d’infirmiers, de médecins et de psychologues contribuant à l’amélioration
Dès lors, j’appelle à revoir ce projet de carte scolaire, à la hauteur de nos ambitions en matière d’Éducation. D’une part, toute économie réalisée par la carte scolaire doit être intégralement réinvestie par ailleurs, au sein même des politiques de l’Éducation nationale, dont le budget global reste intact. D’autre part, aucune fermeture de classe ne saurait se justifier s’il n’a pas été clairement établi que le budget réalloué améliore les conditions d’apprentissage des élèves concernés. Les efforts budgétaires, à la fois pour combler le dérapage des comptes publics et pour financer des investissements, en particulier pour la Défense, ne sauraient se faire au détriment de l’Éducation.
Prendre soin et bien éduquer nos enfants et nos jeunes, c’est aussi prendre soin de notre pays et se projeter dans l’avenir le mieux possible grâce à une Éducation Nationale ambitieuse tant en termes d’objectifs que de moyens.