Kildine Bataille, 14ᵉ adjointe à la maire de Dijon, en charge de la petite enfance, de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les violences faites aux femmes, a annoncé qu’elle ne poursuivra pas son engagement politique municipal à l’issue de son mandat. Une décision « difficile mais assumée », motivée par des raisons familiales, qu’elle a rendue publique à travers un message émouvant publié sur les réseaux sociaux.
Arrivée à Dijon il y a plus de quinze ans « dans une période de vulnérabilité », l’élue confie son attachement profond à la ville qui l’a accueillie. Si elle quitte la scène municipale, elle précise toutefois que son engagement se poursuivra « ailleurs, autrement », promettant d’en dire davantage prochainement.
Cette annonce intervient au lendemain de la cérémonie des vœux institutionnels de la Ville et de la Métropole, présidée par Nathalie Koenders et François Rebsamen. Un moment qu’elle décrit comme chargé d’émotion, marqué par la présence de plus de 3 000 agentes et agents municipaux, ainsi que de nombreux acteurs associatifs, économiques et institutionnels. « Un vrai pincement au cœur », écrit-elle, saluant la force du collectif et le travail accompli depuis six ans.
Une délégation tournée vers les plus vulnérables
Durant son mandat, Kildine Bataille s’est particulièrement investie sur les questions de violences intrafamiliales et de protection de l’enfance, faisant le lien entre ses délégations petite enfance et égalité femmes-hommes. Dès 2020, dans le prolongement de la politique portée par François Rebsamen, elle a souhaité placer les enfants « au cœur de la lutte contre les violences faites aux femmes », à une époque où les violences intrafamiliales, l’inceste et les violences envers les mineurs étaient encore peu visibles dans le débat public local.
Elle souligne aujourd’hui une avancée majeure : la reconnaissance de ces violences comme un véritable enjeu de santé publique. Mais elle reconnaît aussi les limites de l’action publique face à l’ampleur des situations rencontrées : femmes victimes de violences, enfants en danger, familles en grande difficulté, associations en attente de soutien. « L’impression de vouloir vider un océan de souffrance avec un dé à coudre », confie-t-elle.
Le « Mois de l’Égalité », un symbole de mobilisation collective
Parmi les actions qu’elle met en avant figure le Mois de l’Égalité, devenu selon elle un rendez-vous incontournable à Dijon, destiné à sensibiliser et à ouvrir des espaces de dialogue sur les discriminations et les violences. Elle revendique également une présence de terrain, une mairie « porte ouverte », et une approche fondée sur l’écoute et l’accompagnement.
« Prendre soin des femmes, des enfants, des tout-petits » : une ligne directrice qu’elle n’a cessé de rappeler, convaincue que la petite enfance est « le lieu où tout se joue », à la fois en termes de prévention des vulnérabilités et de construction des possibles.
Un appel à renforcer les moyens
Avant de tourner la page municipale, Kildine Bataille lance aussi un message politique clair : la nécessité de renforcer significativement les moyens humains, financiers et professionnels dédiés à la petite enfance et à la lutte contre les violences. Pour elle, seule une politique ambitieuse permettra de garantir à chaque enfant de grandir « en sécurité et en dignité ».
Elle quitte ses fonctions avec « gratitude, lucidité et exigence », remerciant François Rebsamen puis Nathalie Koenders pour leur confiance, ainsi que l’ensemble des équipes municipales et des partenaires associatifs.
Si un chapitre se ferme à l’Hôtel de Ville de Dijon, l’élue assure que son combat pour la protection des plus vulnérables, lui, est loin d’être terminé.
