Lors de sa première réunion publique, ce samedi 17 janvier 2026, devant plus de 340 personnes, Emmanuel Bichot a fermé la porte d’entrée de jeu à une éventuelle alliance avec Thierry Coudert au second tour des élections municipales à Dijon.
Emmanuel Bichot dira lors de son discours : « Alors maintenant, il est urgent d’agir, et nous sommes les seuls, à Agir pour Dijon, à pouvoir le faire et à pouvoir réaliser une alternance de droite à Dijon. Ne faites pas confiance à la liste UDR/RN, conduite par un ancien socialiste qui milite pour le droit de vote des étrangers aux élections municipales après avoir soutenu Madame Hidalgo à la mairie de Paris, qui ne connaît pas Dijon et qui ne cherche pas à combler cette lacune, mais qui s’entend très bien avec le président de la métropole pour nous empêcher de gagner. »
Il ajoutera : « Vous observerez d’ailleurs qu’il n’a jamais été critiqué par l’actuelle majorité, pourtant prompte d’habitude à diaboliser le RN et ses alliés. Donc, je vous le confirme, jamais nous ne passerons d’accord avec lui, ni maintenant ni au second tour, avec cet étrange personnage, et nous tenons à le faire savoir à tous les électeurs. »
Dijon Actualités a pris l’initiative d’appeler Thierry Coudert afin d’avoir sa réaction, voici ce qu’il nous a répondu : « Réponse : Après plus de quarante ans de carrière dans le corps préfectoral, qui m’ont conduit à déménager régulièrement à travers la France, et ayant atteint la limite d’âge, je me suis installé définitivement à Dijon après avoir été candidat aux élections législatives dans la 3ᵉ circonscription. Je m’engage également, si je suis élu maire, à consacrer l’intégralité de mon temps à mes fonctions. Monsieur Bichot, qui vit l’essentiel de son temps en famille à Paris, s’engagerait-il avec autant de détermination, s’il était élu maire, à se mettre en disponibilité de la Cour des comptes ? »
Concernant un lien supposé proche avec François Rebsamen, Thierry Coudert réplique : « Je ne connais en aucun cas Monsieur Rebsamen, dont j’ai dû serrer la main deux fois dans ma vie. En revanche, les ministres LR et Horizons, partis dont se réclame Monsieur Bichot, ne semblaient pas gênés de siéger avec Monsieur Rebsamen au sein d’un même gouvernement ».
Attaques sur le passé politique
Concernant l’attaque sur le passé du candidat avec le PS, Thierry Coudert déclare : « Il est regrettable que Monsieur Bichot, manifestement déçu par le récent sondage, perde ses nerfs et, plutôt que de développer un programme argumenté, se focalise sur des éléments très anciens de mon CV. Il pourrait pourtant se rassurer en sachant que j’ai travaillé au cabinet d’Alain Madelin, puis comme directeur de cabinet de Brice Hortefeux sous les présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, et que j’ai été vice-président du groupe UMP au Conseil de Paris.
Je fais partie, contrairement à lui, de ces élus LR qui ont refusé que leur formation politique serve de béquille au règne finissant d’Emmanuel Macron et qui, derrière Éric Ciotti, ont créé l’UDR. La liste qu’il conduit est elle-même soutenue par tous ceux qui, depuis le début (Horizons, UDI, Nouveau Centre), soutiennent le président de la République, ou qui, plus récemment, comme LR, sauvent régulièrement les gouvernements macronistes — encore il y a quelques jours sur le sujet du Mercosur.
Ce qui compte avant tout, ce sont les engagements politiques que nous portons aujourd’hui et le positionnement des partis qui nous soutiennent. C’est pourquoi je suis aujourd’hui le seul à représenter une opposition nationale et locale de droite ».
Surprise sur la non-alliance
Concernant enfin la non-alliance au premier et au second tour, Thierry Coudert se dit surpris : « Je suis très surpris par cette déclaration : il y a encore quelques mois, Monsieur Bichot était en discussion avec moi et le Rassemblement national afin de constituer une liste commune. Je trouve assez ironique que Monsieur Bichot, qui avait conduit il y a six ans une liste sur laquelle figuraient déjà Monsieur Sibert et Monsieur de Vregille, et qui n’était pas parvenu à maintenir l’unité de l’opposition face à François Rebsamen, reconstitue aujourd’hui une liste avec eux dans le cadre d’une stratégie qui s’apparente à un véritable radeau de la Méduse.
Pour le second tour, en refusant toute perspective d’union de celles et ceux qui souhaitent mettre fin au système Rebsamen-Koenders, il apporte une preuve supplémentaire de sa volonté de se cantonner à une opposition stérile, rôle qu’il a toujours incarné, et de ne pas participer à l’alternance sérieuse que réclament les Dijonnais.
Pour la dignité de cette campagne, il serait souhaitable, comme le font les autres candidats, de s’en tenir à des débats programmatiques plutôt qu’à des attaques bassement personnelles. C’est pourquoi j’appelle tous les électeurs qui souhaitent de bonne foi une alternance à me rejoindre dès le premier tour ».
