L’histoire avait commencé par un simple geste de compassion. Elle s’est finalement achevée de la manière la plus douloureuse. Fin janvier, un chat errant découvert dans un état critique devant un domicile dijonnais a dû être euthanasié, malgré les tentatives de sauvetage engagées pour lui venir en aide. Nous avions consacré un premier article à cette situation le 27 janvier, intitulé : « À Dijon, le long calvaire d’un chat errant révèle les failles de la protection animale » .
Tout débute lorsque Marlène Coin remarque la présence inhabituelle de l’animal devant chez elle. Très vite, son état interpelle. « Il était évident qu’il avait besoin de soins », explique-t-elle. Extrêmement affaibli, le chat présentait des signes visibles de souffrance.
Une succession de démarches restées sans réponse
Déterminée à ne pas laisser l’animal sans assistance, la riveraine entreprend plusieurs démarches. Elle contacta d’abord la police municipale, puis la SPA des Cailloux. Selon son témoignage, il lui aurait été répondu que la situation « ne les intéressait pas ». Désemparée, elle se tourna ensuite vers la mairie, qui l’orienta vers l’association du Chat libre dijonnais. Problème : le numéro communiqué n’était plus attribué.
Elle tente alors sa chance auprès du RAPPAPEL — le Rassemblement des Associations de Protection Animale ne Pratiquant Pas l’Euthanasie Libératoire — Après des messages laissés, aucune réponse.
« J’étais complètement perdue, personne ne voulait m’aider, ni m’aider moi, ni aider le chat. Ça avait été vraiment compliqué de trouver quelqu’un », confiait-elle, encore émue. Elle disait être « en colère et très triste de cette situation ».
Une prise en charge finalement organisée
Face à l’urgence, Marlène Coin décida finalement de contacter Fabien Robert, président de l’association Combactive et conseiller municipal de Dijon délégué à la condition animale. L’élu se rendit sur place le lundi 26 janvier 2026, accompagné de membres de son association, et organisa le transport de l’animal chez un vétérinaire.
À la clinique, le chat fut examiné par le docteur Jean-Jacques Dentz. Le diagnostic se révéla immédiatement préoccupant : « Il a un abcès dans la bouche, qui représente presque la moitié de sa tête. Vu l’ampleur, il doit avoir ça depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Sa situation est grave, mais pas désespérée », précisa alors le praticien.
Une issue malheureusement inévitable
Mais quelques jours plus tard, les nouvelles se dégradent. Des examens complémentaires, notamment radiographiques, révèlent la présence de masses tumorales sur les deux mandibules. Incapable de s’alimenter et condamné à de grandes souffrances, l’animal ne pouvait être sauvé. Le vendredi 30 janvier 2026, la décision d’euthanasie est prise afin de mettre fin à son calvaire.

Une situation qui interroge
Au-delà de l’émotion suscitée par cette histoire, l’épisode soulève de nombreuses questions sur la prise en charge des animaux errants et sur la coordination entre les différents acteurs susceptibles d’intervenir — collectivités, associations et services compétents. Les difficultés rencontrées pour obtenir une réponse rapide illustrent les limites d’un système à bout de souffle, qui mériterait d’être revu de fond en comble.
Plus largement, ce drame relance le débat sur les moyens consacrés à la protection animale et sur l’organisation des interventions, alors même que la question du bien-être animal occupe une place croissante dans les préoccupations de la société.
