Vingt ans après l’abandon du Contrat première embauche (CPE), le sujet de la précarité des jeunes revient sur le devant de la scène sociale. Dans un document récemment transmis aux organisations syndicales, le MEDEF propose l’ouverture de négociations sur l’emploi des jeunes. Des orientations vivement dénoncées par la CGT, qui parle d’un « CPE XXL ».
Selon le syndicat, le patronat envisage la création d’un contrat spécifique pour les jeunes, assorti d’une période d’essai pouvant aller jusqu’à trois ans. Une durée supérieure à celle du CPE abandonné en 2006, qui prévoyait déjà deux années pendant lesquelles le salarié pouvait être licencié sans motif. « Le MEDEF réussit à faire pire que le CPE », dénonce la CGT dans son communiqué publié le 31 janvier.
Autre mesure pointée du doigt : la mise en place d’un « Smic jeunes », inférieur au salaire minimum légal. Une proposition qui rappelle le Contrat d’insertion professionnelle (CIP) tenté en 1994 sous le gouvernement Balladur, et finalement retiré après une forte mobilisation de la jeunesse et des salariés.
Le document évoque également la possibilité de déroger aux règles encadrant les contrats précaires et le temps partiel pour les jeunes, ce qui, selon la CGT, renforcerait encore l’instabilité de leur situation professionnelle.
Pour la confédération syndicale, ces propositions constituent une « déclaration de guerre contre les jeunes et les salarié·es ». La CGT annonce d’ores et déjà qu’elle refusera de participer à toute négociation intégrant ces éléments. Elle prévient que si le patronat tentait d’imposer ces mesures, il se heurterait à une opposition ferme et à une mobilisation syndicale.
Vingt ans après la victoire contre le CPE, le débat sur l’accès des jeunes à l’emploi et sur la sécurisation de leurs parcours professionnels semble donc loin d’être clos.
